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LANGUES ROMANES

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LANGUES ROMANES

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PAR LA SOCIÉTÉ

POUR L'ÉTUDE DES LANGUES ItOMANES

Tome XLV

(V« SÉRIE Tome VII)

MONTPELLIER

AD BUREAU DES PUBLICATIONS DR LA SOCIKTS

Bu rADckn-ODBrriw, I

PARIS G. PEDONE-LAURIRL

Litinirt-Édiltir

13, RUR S0UFFIX)T

REVUE

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LANGUES ROMANES

UNE NOUVELLE EDITION

DU ROMAN DE FLAMENCA '

Le volume qui fait Tobjet de la présente étude n*est que le premier et ne constitue que la moitié de la 2* édition, depuis longtemps attendue, de Flamenca. Il comprend seulement le texte du poème, précédé d*un court avant-propos, et le voca- bulaire. L*introduction,1a traduction, qui cette fois sera com- plète, et les notes composeront le second volume.

La première édition de Flamenca parut en 1865. 11 est naturel que celle qui nous est offerte aujourd'hui réalise sur celle-là un progrès considérable. C'est dans la traduction que ce progrès devra surtout se marquer, car, outre les lacunes qu'on regrettait d'y trouver, elle laissait à désirer plus encore que le texte lui-même.

Ce texte, dont nous avons donc seulement» aujourd'hui, à nous occuper, se présente à nous sous un aspect autrement satisfaisant qu'autrefois. L'éditeur l'a revu soigneusement sur

* Le roman de Flamenct, publié d'après le manuscrit unique de Car- cassonne traduit et accompagné d'un yocabulaire. Deuxième édition* entièrement refondue, par Paul Mbtsr, membre de Tlnstitut. Tome I. Paris, Emile Bouillon, 1901. Bibliothèque Française du Moyen Age^ t. VIII.

XLv. Janvier- FéTrier 1902.

167923

6 UNE NOUVELLE EDITION

le ms. QDÎque, ce qui lai a permis de corriger un très grand nombre de fautes de lecture qui le dénaturaient dans la première édition. Il a de plus introduit dans ce même texte, ainsi rétabli selon la teneur du ms., mais visiblement altéré en mille endroits par un scribe négligent, les plus heureuses corrections. Enfin le vocabulaire , qui dans la première édition, malgré le louable effort dont il témoignait, était resté par trop insuffisant, a reçu, dans celle-ci, un accroissement et des améliorations qui en font un ouvrage tout à fait nou- veau. M. Mejer, du reste, n'en est plus à faire ses preuves en ce genre de travaux. Si le glossaire actuel, pas plus que ceux de la Croisade^ de Daurel et Béton et de Guillaume de la Barre^ n*est partout exempt d'erreurs, et, s'il présente même quel- ques lacunes, on ne peut qu'en louer la richesse et, en gêné* rai» l'exactitude.

On aurait, peut-être, en décernant à cette première partie de la nouvelle édition de Flamenca les éloges qu'elle mérite, à faire quelques réserves sur la méthode et les procédés de critique de l'éditeur. Je crois devoir, aujourd'hui du moins, m'en abstenir, parce qu'il est possible c'est du moins ce qu'un passage de l'avant-propos laisse entendre que Tin- troduction et les notes présentent une justification acceptable de ce qu'on serait autrement porté à blâmer.

Mais, il faut le dire dès aujourd'hui, car il n'est pas néces- saire d'attendre Tapparition du second volume, pour se pro- noncer sur ce point, la nouvelle édition du texte de Flamenca^ si considérable que soit le progrès qu'elle réalise sur la pre- mière, si nombreuses qu'y soient les habiles restitutions de pas- sages corrompus, n'est point encore l'édition , je ne dis pas définitive (il n'y en a guère de telles, et il ne saurait y en avoir dans des conditions pareilles à celles du cas présent), mais l'édi- tion aussi parfaite que possible, ces conditions étant données, qu'on était en droit d'attendre de M.PaulMeyer. Aussi ne sau- rais-je souscrire sans réserve au jugement qu'il émet lui-même sur son travail m Je crois, dit-il, avoir fait rendre au manuscrit tout ce qu'on en pouvait tirer. » Eh bien! non. On en pouvait tirer davantage, et M. Meyer le pouvait mieux qu'aucun autre. Il lui suffisait d'y appliquer, avec une attention plus soutenue et plus réâéchie,et aussi avec quelque défiance de son propre sens,

DU «r ROMAN DE FLAMENCA » 7

sartoatde la justesse de ses premiers aperçus, cette critique si éveillée d'ordinaire, qui Ta rendu justement redoutable, et ces rares qualités de c'airvoyance et de pénétration qu'on admire en lui, et dont il sait si bien user, non parfois sans un surprenant mélange de légèreté, *- quand il s'agit de juger les travaux d'autrui.

Cette remarque, je le répète, ne porte et ne peut porter que sur rétablissement du texte. Une appréciation générale ne sera possible que lorsque nous en aurons tous les éléments, c^est-à-dire quand le second volume aura paru. Je me borne- rai donc, dans les pages qui vont suivre, à soumettre au lec- teur et à Téliteur lui-même, qui en acceptera peut-être quel- ques-unes, les corrections qui me paraissent pouvoir être proposées en certains endroits du texte, et en général les observations que m'a suggérées une lecture attentive, en même temps que les résultats d'une collation minutieuse que j'ai faite du ms. et dont je parlerai tout à l'heure.

Je me suis autrefois beaucoup occupé de Flamenca^ et j^avais même commencé dans la Revue des langues romanes^ il y a déjà vingt-cinq ans*, la publication d'une série de notes consacrées à la critique et à l'interprétation du texte de ce charmant poème. Cette publication fut interrompue et fina- lement abandonnée, pour des motifs qu'il est inutile d'exposer ici. Mais j'ai conservé mes notes et plusieurs d'entre elles ont pu encore être utilisées, les passages qu'elles visaient n'ajant pas reçu dans la nouvelle édition les corrections dont ils me semblaient susceptibles.

Depuis, ajant obtenu de M. le Maire de Carcassonne, par l'obligeant intermédiaire de son collègue de Montpellier, qui était alors M. Castets, doyen de la Faculté des lettres, com- munication du manuscrit, j'ai pu, grâce à la collation très attentive que j'ai faite du texte imprimé, corriger un grand nombre de fautes de lecture. De ces fautes plusieurs ont per- sisté dans la nouvelle édition, et il y en a çà et quelques- unes de nouvelles. Je relèverai, des unes et des autres, celles que j'ai pu constater avec certitude.

Au lieu de ranger mes remarques sous des chefs différents,

> Tome IX, pp. 24 et suIt.

8 UNE NOUVELLE EDITION

il m'a paru plus simple et plus commode de les présenter dans Tordre même des vers du poème, qu'elles s'appliquent aux leçons du ms., à l'établissement du texte, ou à son interpré- tation, c'est-à-dire au vocabulaire. On pourra trouver plu- sieurs de ces remarques minutieuses. Mais le Roman de Fla- menca occupe dins la littérature provençale et, en général, dans la littérature médiévale, un rang si élevé, c'est pour l'histoire de la civilisation un document d'une telle importance que tout effort, si humble qu'il soit, tendant à en rendre le texte plus intelligible et plus correct, paraîtra devoir être encouragé. L'éditeur lui-même, qui se fait, à juste titre, un mérite d'avoir indiqué en note a toutes les particularités gra- phiques qui ne pouvaient être conservées dans le texte », ne me saura pas mauvais gré d'avoir noté celles ou une partie de celles qui ont échappé à sa révision.

M. Antoine Thomas a publié dans le cahier de juin dernier du Journal des Savants, sur la nouvelle édition de Flamenca, un article très important, rempli d'observations judicieuses et de conjectures pour la plupart aussi ingénieuses que plau- sibles ^ Dans un certain nombre de passages, j'avais déjà corrigé les mêmes fautes ou fait les mêmes observations que lui. Je n'ai pas cru devoir supprimer de mon article les notes concernant ces passages.

Vers 18. «Si Plamencha deven esclava. » Pourquoi ne pas écrire ici Esclava, avec une majuscule, puisque plus loin (v. 36) on écrit ainsi Esclaus, qui en est le masculin?

30. a pot ». Le ms. porte poc.

65. (c e demandet ». Corr. e[l] d,

71. tt si a bonplag». Coït, et, puisque l'éditeur ramène systématiquement à Torthogr. étymologique les particules si et a et leurs composés. Et c'estle seul cas, pour le remar- quer en passant, il agisse ainsi, malgré Tinconséquence qu'il j a à ne pas généraliser le procédé.

* Je signalerai particulièrement celles qui concernent les vers 1096, 2717, 5236, 6097. Quant aux vers 1194-1199, je ne saurais être de son a?is, sauf en ce qui concerne l'observation sur fenei*a et sabra.

DU a ROMAN DE FLAMENCA » 9

73. Ben par que no t*îest feinz. » Lire no t'i est, en sup- primant que ?

79. « que i ponhem » = que nous tardions. Le vocab. ne donne pas cette acoeption, qu'on retrouve au v, 6842 et qui est encore en usage.

147-8. (( ConsL a venir s'aparella Tais cortz... ». Venir doit paraître ici un peu surprenant. Aussi n*est-oe pas ce qu'il y a dans le ms. On y lit nemur = Nemours (sans 5, comme au V. 1077) ; et c*est justement ce que le contexte exige.

153. a Ane Archimbautz gos non retenc». Ms. Ans^ qui ne con- vient pas ; mais anc ne convient guère mieux. Corr. Ens. Le nom de ce personnage est partout ailleurs précédé de Tarticle honorable. Je remarquerai à cette occasion que presque partout réditeur imprime En A, ou d'En A., il faudrait imprimer IfA. ou de N^A.f selon, d'ailleurs, Tindication constante, ou presque constante, du ms.

154. c( avant m. Ms. avan,

164. a sufr' el cors.» M. Meyer, à Cerrata, sipprime avec raison Tapostrophe. Mais il devrait aussi rétablir la leçon du ms. sufril, qu'il a le tort de changer en sufrel^ car sufri (3* pers. sing. ind. prés.) n*est pas une forme incorrecte.

175, note. Us de tosiz est exponctuée dans le ms.

256. <c De part Flamenca saludet. » Cor. Flamencal,

274. (c si en leis. » Ms. ses {sesi^ avec Vi exponctué), à rétablir. C'est une forme bien connue, et dont il y a d'autres exemples dans ce texte.

309. Supprimer la virgule. La construction doit être : 0 de ren que cor saupes pensar que boca etc. »

311. « Archimbaut[z]. jd Rétablir Archimbaul. a On servit {serviron) Archambaut et le comte. 0 On ne s'expliquerait pas que le comte et surtout Archambaut, son hôte, ûssent le ser- vice. L'emploi de coms^ comme régime, ne doit pas faire dif- ficulté. Les exemples ne sont pas rares d'une pareille infrac- tion à la règle des cas, pour les noms de personne ou de dignité. Cf. Revue, X, 277.

327-28. « maïstre : mal islre. » Corr. maestre : mil eslre, car, s'il n'j a pas d'objection à faire à maïstre^ je ne crois pas qu'on puisse accepter istre comme une forme régulière.

387-388. « deneir[s], drap[s], cullier[s], enap[8j ». Pourquoi

10 UNE NOUVELLE EDITION

ces S? Ce sont des nominatifs pluriels. Ou alors pourquoi aur et argen sans s ? Il n*y avait rien à changer à la leçon du ms.

400. « Ni Tautra carn ja meins non valgra ». Le con- texte, ce me semble, repousse ici Tidée du conditionnel. Il

audraitdonc donner à valgra sa signification étymologique, et entendre : « les autres viandes (bœuf, mouton, etc.) ne valaient pas moins », à savoir que la volaille et la venaison dont rénumération précède. On sait qu'un pareil emploi de Tancien plus- que-parfait, rare à la vérité et archaïque, n'est pas sans exemples en d'autres textes. Il serait intéressant de pouvoir le constater ici.

401. « a fag ». Ms. ha f,

429. (( monta spessa ». Corr. moût espessa. Je ne crois pas que le féminin moula ait jamais été employé devant un adjectif, dans la fonction de moût, pour exprimer le super- latif, comme il est dit au vocabulaire.

433. <( ques fo eîssitz A rencontre. » ques fo est pour que fos du ms. Bonne correction ; mais mieux vaudrait quel fo.

469. « paubre[8]. » Pourquoi cette correction? Le pluriel convient mieux ici que le singulier.

473. « Es anc per el non s'amermet ». Corr. per al? L'édi- teur propose per ren^ qui revient au même, mais s'éloigne bien davantage de la leçon du ms.

488. « Ben lo feiran el cais gelar ». Corr. tV.

570. (( tantareva». C'est bien par a fantaisie, idée saugre- nue, absurdité a que ce mot ree;a (voirie vocabulaire) doit se traduire. Il existe encore avec des acceptions diverses, dont celle-ci. On dit, par exemple, à Montpellier : « Quanta rêva te pren ? » Quelle lubie te prend? « Aco's una rêva que i a pas- sât per la testa. » Ce même mot s'applique aussi aux épidémies ou à leur cause inconnue. De l'infiuenza, du choléra, on dira: « C'est une rêve qui passe. » Une servante disait dernière- ment, à propos d'une maladie qui sévissait dans mon quartier : a Moi, je ne prends pas facilement les rêves. » Faut-il voir une expression métaphorique, analogue à celle de u payer son tribut à la maladie », si fréquemment employée ? On sait ({xx^reva, en provençal comme en bas-latin, et comme rêve en français, est le nom d'un certain impôt.

DU <c ROMAN DE FLAMENCA V> 11

573. «c baizar es estreiner. » M. Meyer indique, avec doute, au vocabulaire, la correction esieiner^ qui paraît sûre. Mais il faut aussi corriger baizar en baissar. Ces deux mots baizar et estreiner étant naturellement associés (cf. 5941), la première erreur du scribe a entraîné la seconde.

588. a conseillers... » Ce mot signifie coussin, ou quelque chose d*analogue. M. Meyer en a trouvé, dans un inventaire de 1288, un exemple qui, joint à celui qu'a relevé Raynouard, ne laisse aucun doute sur sa vraie signification. Mais il paraît bien difficile d'admettre que ce soit a une expression méta- phorique dérivée de conseil^ au sens d'entretien privé. » Il existe en provençal à côté de coissiMn autre substantif de signi- fication analogue, sinon identique, qui est cosser, féminin cos- i«'a*. Serait-il trop téméraire de supposer un dérivé cose- rier^ qui aurait pu facilement devenir cosselier ? Mais d'où vient cosser ?

681. a Que l'yras trobet a l'uisset. » Dans la première é litiou on lisait Lyras, Ce Lyras devient aujourd'hui un nom commun^ sans que le glossaire nous éclaire sur sa significa- tion. Les notes du second volume le feront sans doute. En attendant, on ne peut, semble-t-il, le traduire que par Caffligé oa tirrité. Je ne sais, quant à moi, quel est le personnage de roman ainsi désigné.

710. n en bala. » A cette expression, que M. Meyer traduit très justement, à ce qu'il semble, par en bloCy ensemble^ on peut comparer amas o, aujourd'hui si usité, qui a ce même sens.

736-737. Il doit y avoir une lacune entre ces deux vers. Les idées, de l'un à l'autre, ne paraissent pas se suivre, et le V. 737 est très obscur.

739. « a cascus ». Corr. cascun,

752. a Mais Cobezesal venc comtar ». Comtar paraît ici assez impropre. Corr. conortar^ en supprimant A/a«?

> On en trou?era un exemple, en même temps que de cosseitUer^ au tome XXXII de la Revue^ p. 193. Une variante est cocena (Rayn. II 427) à qui, comme à coftsera^ parait convenir plus spécialement la signi- fication de matelas ou de couette. C'est d'ailleurs de coce?ia (cossena) que coj^^ra paraît provenir, comme cosser de cossen. Mais je n'ai pas rencon- tré cett« dernière forme.

18 UNE NOUVELLE EDITION

755. « Ci ! oi I » 0/, interprété simplement par exclamation, doit signifier ici oui, comme en d'autres endroits du poème qui seront signalés plus loin.

810. (( Que lamanega no[n] i esgap ». Corr. plutôt, car la grammaire exigerait gaps, que la rime repousse : no î es [per] gap.

816. « li di[s] SOS cors ». Ms. se cors. M. Meyer, qui accepte ailleurs Tarticle féminin sa, aurait pu ne pas rejeter ici ce se, qui est la forme masculine suj. sing. du même article, a Le cœur lui dit. » L'adjectif possessif, en de telles phrases, n'a pas besoin d'être exprimé.

823. (( Neis antreseinz... » L'édit propose la correction ni. C'est nés {ne -{- s euphonique), qui est ici naturellement indi- qué.

823-4. (c deia... torneia. d C'est sans doute par distraction que M. Mejer écrit ici ces deux mots par {', car ailleurs il emploi \ej. Cf. vv. 519-20, 2238-9, etc.

870. a sen. » Corr. fen (= fenh) ? Cf. v. 875.

890. (( Lo reisvol ». Le ms. porte Le, qu'il faut naturelle- ment rétablir.

952. « vos». Ne peut-être ici le pronom personnel, ni, sem- ble-t-il, t;oz( vocem). Le vocabulaire, sans citer pourtant ce vers, n'indique d'autre signification que celle de voix. Je pense qu'ici il s'agit de vœux. S'il fallait une correction, als serait tout indiqué.

976. a a despes. » Ms. ha d.

980. (( dures. » Voir la note. Le ms. porte duretz.

1024. « Oi! lo mal aion...» Lire Oi lo! Mal aion,,. C'est une réponse à la question qu'Archambaut se faisait à lui-même au vers précédent. Oi est une forme » déjà signalée plus haut V, 755, de l'affirmation (=oc avec c vocalisé), encore fort usitée en divers lieux (Montpellier, Alais, etc.), et lo est le pronom neutre sujet, inexprimé, eomme à l'ordinaire, dans la proposition à laquelle celle-ci répond. Cf. v. 2579, 6187.

1038. « Déferas art, dedins acora. » Corr. atora{i\ gèle), que le contexte semble exiger. Voy. Mistral Tor, Sauvages Toura^ et les glossaires des diverses éditions de Goudelin.

1072. (( aital donerl » Que signifie cela? 11 faut un mot pouvant rimer avec enquer ou enquiet\ La correction dongiei*

DU « ROMAN DB FLAMENCA » 1 3

ou donier se troave ainsi toate indiquée. C'est le français dangier^ avec son acception ordinaire chez les romanciers et les lyriques.

1073. Virgule après leis.

1078. a Mi euh eu be que la sentis ». J^écrirais Faseniis ( = li a.}, du verbe assenlir^ qui manque à Rajnouard, mais qii*on peut voir dans Mistral.

1079. a Asaborada la savia ». Cette forme saviOy admise au vocabulaire comme imparfait de saier, paraît inadmissible. Je lirais : /a 5'a{;ia ; a il 5e T avait savourée o.

1125. 0 geus ». Pourra vos, est-il dit au glossaire. J*en doute. Je lirais gens avec un point d'exclamation à la fin du vers. Cette particule qui accompagne d'ordinaire la négation, est aussi employée au positif, comme explétive, et il y en a, dans notre poème, des exemples certains. Yoj. le vocabulaire et ajoutez aux exemples cités giens 5528.

1129. « forfes. » Est-ce bien la vraie leçon? La l'* édition portait forsêSj ici comme plus loin (3579), et je n'ai pas, en ces deux endroits, relevé de faute, dans ma collation. Cette forme d'ailleurs existe encore Çnâ forsei eu Limousin).

1147. a Malaus balli». Ms. falli; la correction salii est mieux indiquée, et le contexte n'y répugne pas, à condition de sous-entendre quelque chose comme cela (ce mot, cette parole)? Cf. v. 6022, un sujet neutre est également sous- entendu.

1152. « ttin s'i pert ». Corr. tems i.

1162. « Que semblon Flamencha espinat ». Il ne s'agit cer- tes pas ici, malgré la majuscule, de l'héroïne du poème : /7a- menchOj d'après Mistral; signifie (oison en Dauphiné ; quant à espirat, qui suit dans le ms., c'est vraisemblablement un autre substantif, qu'on pourrait traduire par buisson, tas d'épines, en adoptant la correction très plausible de M. Meyer.

1192. « que nom folleja. o Corr. non. Le pronom réfiéchi de la l'* personne n'a rien à faire ici. Le sujet du verbe est Flamenca, et non Archambaut, comme le suppose assez sin- gulièrement l'éditeur (voir le vocabulaire), f Je la crois inno- cente, quoique je me plaigne d'elle; mais il faut être sur ses gardes. Et que ferais-je si un misérable l'avait fait succom-

U UNE NOUVELLE EDITION

ber?... » La contradiction des paroles du personnage est Texpression naturelle du désordre de ses idées.

1217. « [D*] aisso... o Correction inutile: aisso est régime direct de blasman^ comme que, qui le remplace, de lauzar; me^ dans le premier quem^ comme dans le second (où il ne peut y avoir doute), = mihi.

1218. « Petit sap fors de castiar.» Le ms. a fort. D*après la première édition, on lit /br[«], j*avais cru que la leçon du ms. était for; et c*est la bonne, comme je Tai dit il j a longtemps.

1222. « Mais am [mais]... » Cette répétition de m is est un peu choquante. Dans la première édition, M. Mejer avait adopté une autre correction: Mais am[ieu]t peut-être préfé- rable. Ou vaudrait- il mieux, corriger, si on tient à la conjonc- tion adversative, [Mas] mais om?

1224. c a Bolonha. » Le ms. porte na Bolonha, ce dont l'éditeur ne parle pas. On peut conserver ce na, sauf à écrire n*a. Et comme la tournure de la phrase paraît s'accommoder mieux du parfait composé que du parfait simple, je supplée- rais un second a, ce qui donnerait : « Apres n'a a Bolonha, o hon? », avec élision de Ta final de Bolonha. a 11 en a appris, de la chicane, à Bologne ou ailleurs ! o

1236. « so trobet en espéra. » Par des procédés mathé- mathiques, est-il dit au vocabulaire. Il faut plutôt entendre par Pastrologie. Cf. un des exemples cités par Rajnouard.

1237. « qui m'o sabria. n Je mettrais après ce mot plu- sieurs points (il n'y a aucun signe de ponctuation dans Tédi- tion) et un point d'interrogation à la suite. .

1255. « cachutz v. Corr. cajutz pour cazutz.

1275-6. « miellers : piegers. » Simples assonances, à moins qu*on n'admette un déplacement peu vraisemblable de l'accent. On ne voit pourtant pas de correction à proposer, et le contexte n'en réclame pas.

1312. (( nom [fai] demora. » Lire non i et supprimer fai.

1315. « Efes li faire aital pertus o. Pourquoi écrire aital, puisque les deux premières lettres sont grattées dans le ms.?

1330. a Quan la fort gelosial tocha ». Corr. cocha.

1334. « Non escriurian los motz nils vers. » Ce vers doit

DU a ROMAN DE FLAMENCA » 1 5

rimer a^ec Mes (la Tille de Metz). Corr. vetz (défenses) ? Cf. 5428 et devesa 1776.

1411. (c per son jausimen ». Au yocab. « jouissance ». Corr. chausimerij qui est certainement le mot qui convient ici.

1423. a E de davan es el acmessa ». Leçon du ms. a con- server, soit qu*on lise ainsi {es étant pour et^), soit qu'on pré- fère e sel{=zen cet)^ « pour celer». Cette même expression se retrouve plus loin, v. 1552. Le Donat provençal traduit cel par cautela, qui convient très bien à ce dernier exemple.

1426. a Hon i sezia. » Corr. simplement i[l\.

1480. (f cascus. » 11 j a cascuns dans le ms.

1493-4. Mettre le point à la fin du second vers, et une vir- gule seulement après le premier. Cf. v. 1901.

1502. tt Ni [l]eis si descaus... » Correction inadmissible, leis ne pouvant être sujet. Le ms. porte Nieis qui suggère Nieil^ = ntiU comme met (v. 5102) = ni* i, comme siei (v. 4294) b: st t\ et par conséquent la correction M' lï. Sur ces formes et des pareilles cf. Revue XIV, 116.

1540. « Pas ai, fai s*el, las mas e mort ». Lire posai en un seul mot (cf. anat 7361) et corr. els mas se mort?

1546. «Geus bainas plus soven que nos. o Lire Gens. « Vous vous baignez bien plus souvent que nous ! » Cf. la note sur V. 1125.

1552. « car estet en cel De sa mollier ». estar en cel veut dire ici être en surveillance^ plutôt que se tenir en cachette, comme il est dit au glossaire. Cf., à la fln d'une cbarte que M. Mejer a publiée dans son Recueil d'anciens textes (p. 173) : « Aquist cofraire nos tenont en sel e en regart deus avers e dans cors... » Voir ci «dessus la note sur 1423.

1557. (( E tôt o fes digastendons ». Ce dernier mot, qui reparaît plus loin (v. 2441), et dont la signification précise est incertaine, n'a été signalé nulle part ailleurs. Comme c'est évidemment un mot composé, M. Meyer propose, avec doute, de le décomposer en digas t'en donz^ sans Texpliquer autre- ment. Ce doit être, dit-il, « une expression populaire, indi-

* Pour cet emploi pléonastique de et, d'ailleurs bien connu, cf. plus haut 1040 et plus loin 1511.

* Rien de plus commun dans le ms. que la confusion de l ot de s.

16 UNE NOUVELLE EDITION

quant un état d'esprit ». Pourquoi pas aussi bien une attitude physique? Je me demande, quant à moi; si nous n*aurions pas deLïiB digas^ M. Meyer voit, à ce qu'il semble, Timpératif du verbe dire, une autre forme de gigas, jambes. Pour la réduction de [dji) à di, cf. Revue des L r., VI, 293, et Guil- laume de la Barre, introduction p. lxxv-lxxvi. Le tout signi- fierait alors : Donne t'en des jambes/ et cette expression, dont il j a tant d'analogues en provençal (cf. p. ex. a no m'encal)^ surtout dans le provençal moderne, reviendrait à dire « à la course », a à la hâte », et, par une extension assez naturelle, 0 brusquement ». On peut encore supposer que le mot a été forgé par Tauteur lui-même, sur le modèle des expressions adverbiales telles que de genoillons, pour peindre plaisam- ment l'attitude raide (litt. à jambes tendues) d'Archambaut, Taspectrude et sévère qu'il voulait se donner.

1678. a gabar ». Le voc. n'indique d'autre acception que moquer (sé)^ railler. Ce verbe a aussi la signification de louer, ici louer avec exagération. Borel, dans son dictionnaire, sous gaber^ qu'il traduit par se moquer, donne deux exemples en ancien français de cette signification, et ajoute : « Au con- traire ce mot signifie louer dans les montagnes du haut Lan- guedoc. »

1729-1730. « En l'an cen ves en un jorn tan Com a de renda en tôt Tan. » Une correction est évidemment indis- pensable. Bn lai (là-bas) pourrait convenir. Ou suffirait-il d'écrire En lan, lan serait le la nasalisé qu'on a dans la locution /an^tian?

1756. Je corrigerais fora en fos et rétablirais per supprimé par l'éditeur, en dépit de la grammaire.

1762. a lo ver ». Ms, per ver, que je préférerais.

1764. a Cant legit ac totz los auctors ». Cant, ici, a la signification de puisque, car. Cette acception, connue des dia- lectes modernes, et que Raynouard n'a pas mentionnée, n'a pas été relevée dans le vocabulaire. On la retrouve plus loin, V. 3035.

1765. Supprimer la virgule à la fin du vers. 1877. (( bel les ». Lire beil {=: be H), les, avec le ms. 1881. Lire pros hom 'elplusleial,

DU a ROMAN DE FLAMENCA » 17

1915. Lacune après ce vers? Cf. v. 1917: En paucde temps es fort cregutz. Or on n*a pas dit Tâge de Guillem.

1921. « alajet. » Corr. alachet. Plus loin v. 4540 cojatz^ le même affaiblissement de la chuintante se remarque, a été justement corrigé cochait.

1944. a qu'en son cor ha. » Corr. que ? Cf. les trois vers suivants, surtout 1946-7 et encore 1952.

1966. « E la tor. » Corr. De latorl

1981. f ben sai. » Paraît avoir ici déjà la signification du moderne bessai (peut-être).

1985. « per aquest ». A quoi se rapporte cet aquest ? Corr. atga ? C'est-à-dire p(tr les bains.

1992. a non garisqu'els bainz Ab sol que lo perque s'i bain. » Rimes incorrectes. Corr., au premier de ces deux vers ou el bain^ ou, mieux peut-être, no/ ^amco/ bain.

2049. a Sin aissim » Ecrire si *n{si en aissi)^ la préposition en ne se liant pas avec si^ comme Tadverbe-pronom en ou ne^ dans les textes correctement imprimés.

2088. a Quar pauc n'i a e par non dura. » Rétablir Tordre des mots comme dans le ms., en corrigeant: « Quar par no i a e pauc madura » ?

2091. Corr. et ponctuez : « Qui Ti met. Tus o Tautre mor. »

2109. oQuesvan... gaban. » Se vantant, et non pas se moquant. Cf. v. 1678.

2164. « Ben cug valgues unas daveras. » Corr. ne valgues un? Le copiste, trompé par la finale de Tadverbe, aura donné à tin la flexion du féminin pluriel et supprimé ne pour réta- blir la mesure. Ou vaut-il mieux ne rien changer ici, et, au vers précédent, substituer jota à plazers^

2168-2169. Ces deux vers sont terminés par le même sub- stantif p/azer, de signification identique aux deux endroits. Corr. voler au second.

2203. (( Si ben hom tant non la tirera». Corr. ias. « Il n*eût pas porté de chausses de saie, si bien qu*on les eût tirées (aussi collantes qu*elles fussent), n La construction est un peu embarrassée ; ou faut-il une autre correction ? Cf. le V.5827.

2216. « Be Taiga ». Corr. De taiga. v. Cf. 3884, 5666.

2224. a Abtant lai venc En Peire Gui. o Le ms. a lo vene^

2

18 UNE NOUVELLE EDITION

qui pouvait rester» soit qu'on considère ce mot comme pronom neutre, sujet explétif, soit qu'on préfère j voir un adverbe de lieu. Cf. pour le premier cas, Romania IV, 342 ; pour le second, Revue des L r., IX, 357, et X, 210. 2243. <f la». Ms. /o, à rétablir ; se rapporte à argen. 2304. (cben moût sabes orar. » Corr. moût ben. 2309-10. « no m'en fas Ges ara trop gais ni trop leri. » Corr. gaif pour mettre cet adjectif d*accord avec le suivant, que la rime ne permet pas de modifier. 2314. f ben meut ne vales mais, o Corr. e mouti 2349. a Guillem non au ni ve ni sen )>. Ms. Non aus nives^ et de même ailleurs, p. ex. 2750 ves, également rejeté. Pour- quoi ces corrections, puisque Téditeur a renoncé, il le dit lui-même, « à régulariser la graphie d, et que ces formes peuvent être caractéristiques du dialecte de Tauteur ou de celui du copiste ? Il y en a d'ailleurs de pareilles en d'autres textes, p. ex. la Vie de Sainte Douceline. Voy. Revue des L r. XVIII, 21, note 1.

2355. « qu'el cor li reveilla ». Lire quel cor. Reveillar^ que je sachcy n'a jamais été neutre.

2381. « E ja nol toc hom trop suau. » La correction pro- posée (^lY toc) fansse le sens, qui est et doit être, comme le contexte l'indique suffisamment: « On le frapperait rudement qu*il ne sentirait pas le coup. »

2399. « Perque so vos mi celavatz? » M. Meyer lit ici comme le ms. lui-même ; mais je crois qu'il aurait mieux valu écrire Perçues o.

2424. (c Al meins baissera lo nasil. »Non pas le nez, comme traduit l'éditeur, mais la bande qui le cacbait. L'auteur ap- pelle ici cette bande nasil, peut-être par plaisanterie, comme nous appelons cache-nez une cravate qui n'a pas pour em- ploi de cacher le nez plus que la bouche ou le menton.

2442. a mal aceutz o. Ce mot, M. Mejer voit aujour- d'hui avec raison le représentant d'acceptus (en catalan accepte^ castillan acepto), figure, sous la forme aciouty dans le dictionnaire de Sauvages, qui le traduit par dispos, alerte,

2483-4. « Le cappelas ab l'isop plou, Lo sal espars per miel lo cap. » La ponctuation indique que l'éditeur ne donne pas de régime kplou. Je crois que c'est à tort, et qu'il faut supprimer

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 19

la virgule. «Le prêtre pleut (fait pleuvoir), aveo le goupillon, Teau bénite sur la tête de Flamenca. » Le mot sol est ici mas- culin, contrairement à Tusage général de la langue d*oc (comme mon en plusieurs endroits du poème), ce qu*on n*a pas noté au vocabulaire, non plus qu*on n*j a relevé la signification d'eau bénite, qu*il a évidemment en ce passage, soit à lui seul, soit avec Tadjonction du participe espai*s qui le suit {sal sparsum [m aqua] ?) S ot qui, dans le cas contraire, serait seulement pour donner plus de précision à Tidée exprimée par plou.

2501. Virgule après ce vers.

2520-1. a Et ab la ma qes fon sein^da Ac baissât un pauc lo musel ». Ce mot musel reparaît plus loin 3133, et dans les deux cas M. Mejer le traduit par « museau, bas du visage ». Ce qui, à mon avis, est inexact. Je pense que le poète veut désigner la bande qui recouvre le bas du visage de Flamenca et que plus baut, comme on Ta vu v. 2424, il appelle nasii. Le contexte s*accommode du reste beaucoup mieux de cette signification que de celle que M. Meyer suppose ; car Flamenca n^avait pas besoin de s'aider de la main pour baisser la tête. Un sjnonjme de mus^ d'où vient musela proprement ce qui enveloppe le mus (muselière), et par extension le mus lui-même, est mourrey dont nous avons en limousin le dérivé mourreu qui a exactement la signification du musel de notre texte. On appelle ainsi, par exemple, un moucboir plié en forme de large cravate dont on s'entoure en partie le visage, lorsqu'on j souffre d'un mal quelconque, spécialement du mal de dents ou du mal d'oreilles.

2554. n faut un point, ce me semble, au lieu d'une virgule après ce vers.

2568. « de si don. » Corr. dons.

2577. « per quan sim costa. » Cela ne donne pas un sens

t II existe à Montpellier un rerbe d*an fréquent usage signifiant as- perger, arroser, mais qu'on n'applique pas, ou qu'on n'applique plus, à Taspersion de l'eau bénite. C'est issala (de exsalareÇ^), comme «>//• de exire). Pourrait-on trouver un appui à l'hypothèse de fiai = « cm bénite > à lui seul? On n'ignore pas que la langue de l'Église a fourni à celle du peuple nombre d'expressions métaphoriques, souvent employées d'une façon peu respectueuse de ses cérémonies et de ses mystères.

20 UNE NOUVELLE EDITION

satisfaisant. Xécrirais quansm et corrigerais gosta. Gustar s^emploie encore ainsi, en catalan, comme en castillan, dans la signification de agréer, plaire. Cheville pour cheville, celle-ci est plus acceptable que l'autre. La confusion de c et de ^ est constante dans le ms.

2579. « Seiner, oilo. » Ecrire oi lo, en deux mots, puisqu^on écrit de même o el (v. 7061). C'est la réponse à la question du vers 2575 : Ha i comtier^ le pronom neutre sujet n'est pas exprimé, selon Thabitude, tandis qu'il Test dans la réponse. Cf. ci-dessus 1024, et plus loin 6187.

2728. Virgule, au lieu d'un point, après ce vers.

2761-68.

Per son part lo cors el cor laissa, Car cel non vol ben segre [en] laissa, E[l] cors pensa que Testeisses, Sel forsava que s'en mogues Entro que lo n'aia gitat Cil on ha tan lonc tems musat; Mas cant ha conogut e vist Q'us autre ha cel hoa conquist...

Ce passage est, ainsi écrit, à peu près incompréhensible. Il faut, au premier vers, lire l'aissa et mettre un point après ; au second, supprimer en et corriger S6$'r^[/]; au troisième, au lieu de corriger e[C], substituer car à cors;?L\i cinquième, écrire /o s'aia, d'après lems. ; au sixième, mettre un point, et au huitième corriger celhos en celheis.

2793. (( festa rica en als. » La correction proposée en note est inutile. Lire ena& poxxr anals = fête solennelle (annuelle.) Vojez Sauvages festonaouy et les autres lexicographes. * 2805. a E preguet li : a Sius plas, merce lo. On lit de nou- veau 5tu5 plas au vers suivant. Voyez la note. Corr. n E preguet li suau : « Merce » ?

2831. « non sai coraus m*i voirai ». Il faut écrire mi évi- demment, et non m't [quando vos mihi videbo.) Que signifierait quando vos me ibi videbo? Dans la première édition, M. Meyer n'avait pas fait cette faute.

2843. La correction proposée en note {Ni anc nire mais ) ne saurait être acceptée; car, à quoi serviraient les deux ni? Du reste, le texte ne parait pas en exiger.

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 21

3013 -4. « Et autre mal an qualques orafs] : abora[s]. » Corrections fâcheuses. Us qui termine qualques n'est pas la flexion du pluriel, car c'est à quai qu'elle devrait s'attacher. C'est sans doute l'orthographe du français moderne qui a induit M. Mejer en cette erreur.

3035. « Quan ». Pourquoi corriger quar^ mot qui est plus loin dans la même phrase? Quan^ ici, signifie puisque*

3054-5. « Per so nom meravil eu ges Si Guiliems era fort laisatz ». M. Mejer propose en note la correction lassatz^ et non sans motif, le verbe laisar, s'il faut lui laisser sa signifi- cation propre et, à ce qu'il paraît, constante, de souiller, ne pouvant en effet convenir ici. Mais le même verbe se trouve déjà au V. 1831, il présente la même difficulté d'interpré- tation, et là, il n'est pas possible de lui substituer lassar. Il faudrait donc admettre pour ce verbe, à côté de la signification ordinaire de souiller, celle de rendre malade^ faire du mal.

3070. « Vel vos si bel e clar ». Ms. ci. Pourquoi cette cor- rection, puisque ci est justement la forme qui convient? Vous le voici. Cf. 272 l'éditeur s'est mieux gardé de cette faute, car il a lui-même corrigé en veci la leçon (vesi) du ms.

3072. « Ben pogra heure. » Corr. Be i ?

3102. « Mais [sol] nom cominal avion. » J'aimerais mieux Mais [quel.

3108. Il n*j avait pas, ce me semble, lieu d'hésiter à intro- duire dans le texte la correction proposée en note, sauf à écrire se la don Hntret, et non si la^ qui n'expl iquerait pas aussi bien la bévue du copiste.

3110. « Venc [E]n Archimbautz, fera guida ». J'aimerais mieux : « Venc N' Archimbautz, trop fera guida ».

3124-25 « Baissai musel tan que gausir Poe ben Guiliems tota la boca. » Voir la note sur le v. 2521, j'ai déjà fait remarquer que musel est non le museau^ mais ce qui le recouvre. Comment Guillaume, qui regardait à ce moment Flamenca par son pertuis, aurait- il pu voir (car ganzir ici est certainement pour causir, comme ailleurs agabar pour aca- bar^ esgolas pour escolas, etc.), comment, dis-je, aurait-il pu voir la bouche de Flamenca, si celle-ci avait, sans la décou- vrir, simplement baissé la tête ?

ii DNB NODTELLE ÈUITION

3195. « Mas so ea d'AmoF sa dreitura. > Corr. natura. Cf. le vers suivant et le y. 3193.

3332. « quel seras boq fâchas. » La correction proposés eo note eat à rejeter. Sera est masoulin, comme j'ai en occasioa il; a déjà longtemps de le faire remarquer, en rendant compte ici-même d'une autre publication de M. Uejer. Voy, Heoue XIV (1878), p. 117.

3312. H An[B] s'en recrusa e pejura. » Dans sa première édition M. Mo^er avait laissé sans correction la leçon du ms. {Am en r.), et il aurait la conserver. Recnaar, que par parenthèse Ra;aoaard explique mal, n'a nul besoin du pro- nom réfléchi. Sa signification est évidemment oelle du latin recrudetcere,

3414, «Nulla ren d'aiso c'ar mi pes •>. Il serait plus correct d'écrire car, sans apostrophe : «quem sia bes... car mi pas nulla ren d'aiso ».

ifôdl. H E car seran milvea baiaat ». Corr. can [quatHum) ? Ou com7

3606. Virgule après p/as.

3618. u E fes lor del plorar giquir. Le ms. porte los^ qui vaut mieux, et que l'éditeur n'a pas mis en note.

3619. « Oimais ploras 1 » Corr. Si maf$ et remplacer par une virgule le point d'exclamation?

3640. Il Mais que non a fagra fag en très, u C'eat la leçon, évidemment corrompue, du ms. M. Meyer a corrigé que non agra. Mais l'idée de ici doit 6tre eiprimée : « U aura en deux ans plus appris qu'il n'aurait fait ici en trois, n La leçon du ms. suggère naturellement la. Corr. çue nonia'gra fag? One con- traction pareille me paraît devoir être admise au v. 6480 {be'nlaulor,a.\i lieu de ben enlaalur du ms.), et peut-être encore au V, 6978 (yui's, pouryui rs).

3G81. a quam oobrî. n Corr. cobra, Cobri, de coàrîr, no peut être une forme de subjouctif, et ce mode est ici indispen- sable. 3705. a E pot 11 ben ara gabar.» Lire ar'agabar, pour acabar, de (umpa l'avance ; il peut bien maintenaut Il Cf. V. 78:21: <i Quant pauc enanson et suivant devrait, peut-être, dtrd corrigt! : clerc ordenar. »

LE « ROMAN DE FLAMENCA » 2 )

3873. 0 que li faza. » Corr. si? Cf. vv. 4311, 4313, 7352.

3899. (( quan tal ». Ms. qu 'aital^ leçon qu'il n*j avait pas lieu de rejeter, et qui n'^est pas relevée dans les notes.

3928. « neisa pas donar. » Corr. nei[s] {ni eîs) sa? ou sim- plement n'eisa ? nets pas [/t] donar serait encore plus satis* faisant.

3965. « Ë fes parer los salms i via. » Corr [ç]uis?

3997. a Lo cors. » Ms. le que les notes ne mentionnent pas, et qu'il faut rétablir.

4001. Suppr. hancei rétablir mala. Le féminin est habituel, sinon de règle, dans les formules de ce genre.

4038. a ad home ». Corr. a domna ?

401 1 . « Non sai qui donc, Amors, quet val ? » Je crois qu'il faut mettre un point et un tiret après qui, et supprimer les deux virgules suivantes ; qui serait ensuite avantageusement corrigé en quai^ comme Téditeur le propose.

40 46. « beu la m'eu eis. » J'écrirais plutôt beu lam eu eis.

4078. « suflfris si. » Corr. suffiH. C'est un prétérit.

4134. a gra[n]8 ». Pourquoi cette correction ? n II n'est pas malade, mais beau et gras», c'est-à-dire bien portant.

4135. « Nos es. » Ms. Non^ que le secs exige et qu'il faut rétablir. Peut- être est-ce une faute d'impression, car il n'j a pas de note sur ce vers.

4178. (( Sa vines, ma douza piuzella. » Formule encore usitée, surtout en Gascogne {sabietz^ au singulier sàbi, avec déplacement de l'accent). M. Meyer corrige inutilement sa en sa[i\. Au contraire, aux vv. 892, 3516, il conserve sa. Son édition est pleine de pareilles inconséquences.

4190. Je mettrais un ? à la un du vers. La phrase a tout à fait la tournure interrogative.

4219. (f Aici es vers. » Corr. plutôt aissi que aisso proposé en note.

4233. « Ans [nos] coven. » Ans ne convient guère ici. Corr. simplement i4 n[o\s,

4257. a lo destreiuna. » 11 faut une rime en ina. Corr. lom destina, dont le contexte s'accommoderait assez bien* ?

* Cf. pourtant vv. 5973-4, ansina {=zenienha) rime avec fina^ et v. 1136, eslrinz =:estreinz. Faudrait-il admettre la légitimité de pareille»

24 UNE NOUVELLE ÉDITION

4277. a que no. » Corr. t7 no?

4293. « Qu'om nol pusca. » Corr. non.

4304. « E[l] dis. » Le manuscrit porte bien El.

4325. a si poc. » Corr. 5t moc et modifier la ponctuation en conséquence.

43Ô4. « Nom pert una ». Corr. Non {no en) = il n'en pert pas une.

4392-5. Les pronoms vos et nos sont confondus dans ces quatre vers. Voici comme il me semble qu'il faut les lire :

Parlât vos ha una vegada Amors ; hoimais es sobre vos De respondre, quar davan nos Vos a tomada la pilota Aicil que ben garda e nota Et entent so ques hom li dis.

11 faut après ce dernier vers un point ou du moins un point et virgule.

4425. «en tota ren.» La rime exige la correction en totas res.

4436. Ponctuation à modifier. Il faut mettre une simple virgule après diSj et supprimer la majuscule à ben^ le membre de phrase qui commence ici continuant, après Tincise [lui dit tamour)^ le propos du vers précédent.

4449. « Gran angoissa e grans martires. » Ms. Grans an- goissas. Il fallait garder grans.

4474. «Voles o vos domna?» Corr. doncas^ et mettre un tiret au commencement du vers. C'est une question de Fla- menca, comme le montre la réponse qui suit.

4527. «envejos». Ms. enujos, qu'il n'y a aucun motif de changer en envejos^ à côté degi/os qui précède immédiatement.

4571. « qu'ieil diga ». Corr. qu'ieul (= que ieu lo). 1! ny a pas place ici pour le datif.

4575. Mettre un tiret devant ce vers. C'est Alis qui parle.

4582. « De malesa coma sas pelz.» Corr. tomUf du même verbe que le français tumer: secouer, jeter de côté et d'autre. C'est aussi le sens que conjecture M. Mejer. Mais il propose une

formes, et, par suite corriger destrina au v. 4257 ? M. Meyer ne l'a pas cru, car, au v. 5973, il a corrigé aisina.

DU « ROMAN DE FLAMENCA > 25

correction beaucoup plus éloignée du texte. Le catalan a conservé cette acception à tombar, autre forme du même mot.

4589. a non [a] pausa ni âna. » Je corrigerais plutôt non [si] pansa.

4640-1. Il n'j a point ici de lacune : il faut seulement mettre un point après le premier de ces deux vers, et un point d^interrogatioA après le second. Guillaume s'interrompt ici, au milieu de son monologue, pour se réfuter lui-même, et il constate par sa propre expérience que ce n^est pas la pitié, mais Tamour qui donne son prix à n merci» .

4653. « E per tôt ben.» Corr. E de tôt ben? Cf. vv. 2896 et 6277.

4722. Virgule après disses ; ses^ qui suit, et que M. Meyer propose de changer en queSf est la conjonction se{ = si }, accrue de Vs euphonique, comme déjà ci-dessus, v. 274. Cf aussi 5136. Il n*^ a pas lieu à correction; il faut seulement écrire Qu'o.

4724. c< Celar lan dei a mon semblan. » Il faut une virgule après dei^ et une autre virgule seulement après semblan: la de lan se rapporte à lauzenga du vers suivant, à la ûri duquel il faut un point et virgule.

4727. Virgule après mentava.

4728. tt lam mandava ». Corr lom.

4736. a Ben son maïstre de Tobrar ». Ms. siei, qu'il fallait conserver: siu est ici la 3* pers. plur. de l'imparfait, que le contexte ne repousse nullement; au contraire.

4741. «Tal colp que fassa gap ni b[r]uis». Il n'y avait pas de correction à faire. Buis reparaît au v. 7211 l'éditeur le laisse sans changement. Le même mot est dans Sancta Agnes v. 864, sous la forme buh, que M. Bartsch, commettant la oiêuie erreur que M. Meyer, a corrigé bruh.

4740. «Qu'anc i toques ». Le sujet manque. Corr. Quom?

4760. « Que d'als pens' e non fai parvent. » Corr. penses?

4787. « le cor ». Il faudrait lo, le substantif étant régime, et c'est en eflfet ce que porte le ras.

4811 . (t aibida. » La leçon du ms. cabida (= pourvue), non indiquée en note, et qu'il faut rétablir, est bien préférable. La première édition donne cubida.

4826. d Ans es vizis. » Ms. utizis, La correction est peu

?6 DNE NOUVELLE EDITION

satisfaisante. Il faudrait un participe ou toute autre épithète. La l'* édition offrait aunitz^ très acceptable pour le sens, mais trop éloigné de la leçon du ms. Gorr. vilzis {vt'lzùz^ avili).

4851. Remplacer le point à la fin du vers par une virgule.

4873. a Le jous de Roasos a tersa. n Ms. Lo dijous. Il fal- lait évidemment conserver /o, le substantif n'étant pas au nominatif ; et il n^était peut-être pas indispensable de rejeter dijous, car Roasos devait pouvoir être dès lors, ad libitum, disjl- labique, comme il Test devenu, par exemple en Limousin, Ton dit las rasons^ oa devenu diphtongue, comme je suppose qu'il ait pu l'être ici déjà*, s'y étant réduit à a.

4875. « Non vol per ren sa pas ad esme. » Je crois que vol est vult et non volvit^ comme le suppose M. Mejer. Et comme il faut une rime en err7ie,je corrigerais s'aderme, sub- jonctif prés, du verbe adermar^ qui signifie « laisser en fri- che », métaphoriquement « négliger » ; sa pas serait non pour sa pQz, qu'on lit déjà au v. précédent, mais pour sa pars. Le sens serait en gros : « Il ne veut pas manquer son rôle. » Cf. vv. 4514, 6076.

4992. Point d'interrog.à la fin de ce vers, et un autre après le V. 4995.

4998. « Quar si ». Corr. Qu'aissi?

5021 . « mas geins. » Corr. ma[l]s geins.

t024. « respondet. » Corr. respondetz,

5046. Mettre deux points (ou un seul?) à la fin du vers.

5067. a ni tot[a] la re qu'aves. » Le ms. porte ques aves. Corr. donc plutôt /o//'^[/]reytie«ave5; d'autant plus que Iota la re étonne tant soit peu.

5068. « S'avias neis. ...» Le vers est incomplet et M. Meyer propose, pour le parfaire, l'hémistiche toi quart feses. Mais i^ faut une rime en è ouvei t. La correction d'un lecteur du XV* s., indiquée en note, peut mettre sur une voie meilleure: « dos tans 0 d^tz », au lieu de 1res, qui a le même défaut que feses,

5086. « Car plus no i gitar[i]al pe ». Pourquoi cette correc- tion? giiara^ ici, = citera, et c'est justement le conditionnel

' Il faut pourtant remarquer qu a un autre endroit du poème (v. 1445) ce mot figure, il reste trisyllabique.

DU «ROMAN DE FLAMENCA» 27

passé qui convient. Pour d^aaires formes pareilles (en ara an lien de era), cf. 3695, 7478.

5122. « Que poguesson » Corr. Quo {Co^ Com)l

5147. « posca trobar. » Corr. pose [s] (posca se).

5164*5. Je mettrais une virgule après le premier de ces deux vers et supprimerais le point à la fin du second. La con- jonction que est sous-entendue devant celui qui suit.

5217. « Pren li, car s'el eis non lui pren ». Ecrire ri(=lo i) et de même au v. 5230, et corriger /ut, M. Mejer, par je ne sais quelle distraction, semble vouloir trouver un équi- valent de lo\ en loi {lo i).

5265 6. 0 Pero sens es... Zo que sens vol. » Corr. qu'Amors vol.

5279. a Je soupçonne ici une lacune d*au moins quatre vers, le premier terminé par les mots pren fij que Flamenca à ce moment devrait prononcer.

5284. a laboca el morsoh » Je n*ai vu morsol nulle part ail- leurs ; mais ce ne peut être la bouche, comme il est dit au vocabulaire ; il faut probablement entendre par ce mot le bas du visage. La signification propre parait être mâchoire (de mors).

5321. a A pessat venc com pogues far. » Corr. Apessatz^ 11 avait pensé à moi avant de venir; ce n'est pas ici et su- bitement {desopte) que l'idée lui est venue de me secourir, o

5352-3. a Malaventura Deus li don Qui mais vos amara qa^eu sian. Passage des plus difficiles. M. Mejer propose, avec doute, de corriger vos en nos et qu^eu en quen^ qui serait

' Voy. le yocalalaire, sous Imù II n'est pas moins surprenant de voir le savant éditeur écrire, dans le Tocabulaire également, en tète de Tarti- cle Li : Li, forme abrégée de lui », car il peut moins que personne ignorer que H n'est autre chose que le latin illi. Se serait-il fait en ce moment sous sa plume une confusion entre ce Zt, datif, et un autre Zt, qui est en effet une forme abrégée, ou mieux contractée, mais à peu pr^s exclusivement française celle-là, non pas de lui^ mais de /iet, et qui n'est que féminine? Dans ce même article, renvoyant aux deux ii visés dans la note ci-dessus, M. Meyer écrit : c Dans pren li^ il faut peut-être écrire Vi. » Il n'y a lieu ici à aucun «peut-être ». Suppose-t-il donc qu'on ait jamais pu dire pren li (ce qui serait encore plus extraor- dinaire que pren lut), au lieu de pren lOy en parlant de n'importe quoi?

28 UNE NOUVELLE EDITION

pour quinh. Je propose à mon tour, sans prétendre avoir mieux trouvé, la correction suivante pour le second vers, en mettant une vigule à la fin du précédent : « Qui mais vos am, cora qu'en (ou que?) sia? » G'est-à-dire : « Malheur à qui vous aimerait, n'importe quand ! » Flamenca désigne par vos les chevaliers des terres de son père et de son mari (cf. v. 5335, 5339) dont elle vient de se plaindre amèrement.

5407. a Deves tôt la re consentir. » Ce vers, tel qu'on le lit ici, ne signifie rien, à moins de supposer que Tautour parlait une langue barbare. Je ne propose pas de corriger /'a[/Jre, comme je Tai fait pour le vers 5067, parce que je pense que, malgré l'apparente identité des mots, le cas n'est pas le même. Je crois qu'il faut simplement lire tare {li are) are (en un seul mot ou en deux) est la locution encore fort usitée, surtout dans le composé adere, qui signifie « successivement, sans cesse ». Le sens est donc: a Vous devez consentir à tout ce qu'il va désormais vous demander. »

5423. « Honors e jois, precs e jovens ». Corr. prêts (preiz). Rien de plus commun dans le ms. que la confusion du t et du c. Ainsi au v. 249, au lieu de tel on j lit cel^ ce qui n'est pas indiqué en note.

5424. «Domnei ». Corr. Domnets.

5425. Supprimer le point à la fin du vers. 5437. « prendes. « Corr. prencl[r]es,

5453. La correction proposée en note paraît inacceptable, car comment Guillem pourrait-il être du conseil dont il s'agit? C'est de l'Amour, naturellement désigné par le féminin aquil, qu'il est question, assas us du vers précédent est obscur, et rien au vocabulaire n'indique comment l'éditeur l'entend. Une correction paraît s'imposer ; mais laquelle ?

5482. « Pos luec no[n]3 fug quel jorn vos diga a. Il faudrait une virgule à la fin du vers précédent, et une autre après /V/^. Mais pourquoi corriger nous {no nos) plutôt que nous {no vos) ? Cette phrase d'ailleurs, qu'on lise nons ou nous^ ne satisfait point pleinement. On attendrait quelque chose comme : Puis- qu'il vous a dit le lieu, qu'il vous dise le jour : Pos luec vos dis^

5488. « 0 demanda ». Répétition de la rime précédente. Corr. comanda ?

nu « ROMAN DE FLAMENCA » Î9

5497. a lo coven. n Gorr. coven[c]^ il fallut. Seul exemple (arec celui du v. 2224 ? voj. ma note) de ce pronom neutre sujet, en dehors de la locution oilo. Il aurait être relevé au Tocabulaire.

5499. a jorn breu e gent. » Cette réponse de Guillem pa- raît longue, dans la circonstance, outre que e gent j a Tair d'un pur remplissage. Ne faudrait-il pas écrire : «que «jorn breu», e gent Pueis 8*ostet... d (et s*éloigna ensuite genti* ment) ?

5501. Remplacer le point, à la fin du vers, par une virgule. Faute d*impression évidente.

5513-14. o Car noi a mas deman el mieg, Quant al respon- dre, mis respieg. » M. Mejer interprète el mieg « au milieu du jour. » A tort, ce me semble. La phrase est embarrassée et assez mal construite ; mais le sens paraît clair : « Car il n'y a, pour répondre, mis répit, dans Tintervalle, que demain. » Cet emploi du participe mis, avec un sujet neutre, paraît, à la vérité, un peu singulier; mais c'est parce qu'il n'est pas habi- tuel; remplacez-le, je suppose, par accordé^ et la phrase ne choquera pas. Cf. le vers 6822 qui offre, avec une meilleure tournure, une phrase construite grammaticalement de la même manière.

5518. Mettre une virgule à la fin du vers. 5527. (( Mais ara ven tota la forsa. n II faut, ce me sem* ble, écrire ar aven = maintenant convient. Cf. v. 1345 : Caven del gilos a suffrir : v. 5G35 : mais pas vei qua suffrir m' ave. Ne faudrait- il pas aussi corriger ma forsa ?

5545. « L'un'os de ser, autra de fueill. » Corr. de fer? Ce qui reviendrait à dire : « L'une est pesante, l'autre est légère. »

5563. a lom dis Amors. » Corr. som. Le copiste confond souvent les deux lettres s et /.

5600. tt E si passa .xxi. an o. Corr. passo ; avec passa il faudrait corriger ans et au vers précédent at/ans.

5613. « Pos er mescabada per jor.i. » Cette locution per jom^ traduite au vocabulaire par ua jour, paraît signifier plutôt ;0Mr à jour, chaque Jour.

5617. Ici s'interrompt le monologue de Flamenca, qui le reprend seulement au v. 5622. Il faut donc mettre des guille-

30 UNE NOUVELLE EDITION

mets à la fin de 5617 et supprimer ceux qui précèdent les quatre vers suivants.

5621. (( Als oils si pren, teunamen plora. » « Elle est prise par les jeux », dit Téditeur. Il faut traduire : « Elle s'en prend à ses jeux », jolie expression encore en usage, pour dire : Toute sa ressource, tonte sa consolation est de pleurer.

5632. « Neis ». Corr. nés ou nis [ne ou ni -|- Vs euphonique). Cf. nfz 3348.

5637. « Con » . Lis. C on,

5642. (( Vos sera cambra et ostal ». La rime et la grammaire exigent ostals. C'est d'ailleurs la leçon du ms.

56 16. La correction proposée en note pour ce vers doit s'appliquer plutôt au précédent. Peut être j a-t-il une faute d'impression.

5668. (( El 'obrils oilz ». o6n\ ici, est au présent, et non pas au prétérit, comme il est dit au vocabulaire.

5673. ad'aque8t[a] ».Corr. plutôt (Taquesi [mal],

5683-85. « Quel iuna es a recontorn.... E il sera del tôt fermada. » S'agit-il bien du dernier quartier de la lune, comme il est dit au vocabulaire ? Je penserais plutôt au premier quar- tier, quand la lune se recontourne, commence à reprendre sa forme ronde, et alors il faudrait peut-être corriger /b/*m(7(/a au V. 5085. Cf. d'ailleurs les vv. 3259 60: « El Iuna sera deman nona, E bainar m'ai en ora bona. » Or le neuvième jour de la lune, donné comme favorable à qui veut prendre un bain, correspond précisément au premier quartier.

5739. Mettre une virgule après ausent el,

5780. 0 cabeissa ». Ce ne peut pas être un capuchon, comme le suppose M. Mejer. Le contexte l'indique assez. Ce mot, encore usité, s'applique aux tiges herbacées de certaines plantes : en limousin la chabesso d'une rave, d'une carotte, d'une pomme de terre. En catalan cabessa désigne au contraire les racines des plantes bulbeuses, ou du moins les bulbes de ces racines.

5790. n Car tôt égal i conoissia Alcun pertus com far so- lia. » Alcun pertus ne parait pouvoir être qu'une incise, à mettre entre deux virgules, et qui exige une correction. On pourrait proposer, en supprimant /Vir: [Ses] negun pertus,

5820. « affars ». Cjrr. affans?

DU « BOMÂN DE FLAMENCA» 31

5827. c on si tan ». Correction peu satisfaisante : s^atain, leçon da ms., mais que la rime repousse, convient ici on ne peut mieux. Je soupçonne une lacune de deux vers.

5842. a Tan bes [tain] b. Pourquoi pas /au, puisque les autres Terbes (esM, semblet) sont au parfait ?

5036-7. « De nuUa ren mais non s^esmaia Mas que lo puesca pron servir ]>. lo est une correction de Téditeur» qui a eu ici la main malbeureuse. Le ms, porte no/, qu*il faut rétablir, c Fla- menca n'a d'autre crainte que de ne pouvoir assez le servir. »

6007-9

Amdui si ploron coralmen E Taiga que del cor deissen MescloD ensems e pueis la bevon.

Voilà un de ces traits qu'on regrettait que M. Mejer eût omis autrefois dans sa traduction. Notre auteur qui savait, comme tant d'autres passages en témoignent, son Ovide par cœur, pensait peut-être, en écrivant ces vers, à celui-ci de tàrt daimer ;I1, 326) :

Et sicco lacrimas combibat ore tnas.

6064 . a enn aut. » Pourquoi ne pas lire en naut, puisque naut est une forme connue ?

6074. c< Oimais ren [alsj pron nol tenra. » Corr. plutôt 0 j[à\Tnais ren pron nol tetira. Voici, dans le ms., la disposition des premières lettres : 0 imais, ce qui suggère immédiatement la correction que je propose.

6125. « Ans dorm adeso. Ce verbe dorm est contradictoire au contexte, car Flamenca ne dort pas ; elle s'agite dans son lit. Corr. tom' odes.

6162. a D*aisso qu'an digac trop granjuec ». Ms. dig {cor* rigé de dif, non de dis, comme il est dit en note) an^ ce qui suggère la correction dig fa^ préférable d'ailleurs à celle de rédition.

6187. « per Dieu, oilo. » Éorire oi h. Cf. 2579.

6238. Manque ici un vers dont l'éditeur propose en note une restitution qui ne convient pas grammaticalement au contrxtc. Suppléez j:îutôt : E que ja tant non li fara.

52 UNE NOUVELLE EDITION

6243. a E ppega Dieu qui ja la cre ». Corr. E perga Dieu. Cf. V. 1032.

6248. (( por ». Faute d'impression. Lis. pot.

6257. « 0 per amie d'ams eumioal ». amic^ correetion de Téditeur, forme avec le vers suivant un pur pléonasme, car il est clair que Tami commun de deux personnes ne veut mal à aucune d'elles. Pourquoi ne pas accepter la leçon du ms., en corrigeant toutefois, comme Ta fait Téditeur an enam5, et lire 0 per autr 'ad ams ? Le sens serait : < ou par toute autre personne de leur société ».

6264. « Qu'en ren so tenga. » Lire s'o tenga,

6277. « Parer de son amie nol quilla. » Doit rimer en eilla. Il faut donc une correction. Celle qui est indiquée en note, de Taveu même de Téditeur, est inacceptable. Je pense que nol cueilla peut convenir. Il y a d'autres exemples de l'emploi du simple coillir pour le composé acoiliir. Ou pourrait aussi penser à, vueilla. Quant à cette construction avec Tablatif d'une part et l'accusatif de l'autre, elle est bien connue.

6300-1. Corr. plutôt $i[m] podia^ Per si far aucire, guérir. Avec la correction de l'éditeur, il faudrait au moins si[s] podia.

6340. « Sis pieu per lui, un autre clerc. » 11 faut une virgule après />/eti. Cette expression sis pleune parait signifier rien de plus, ici, que s'il lui plaît *. Cf. N' At de Mons:

Mas de failhir se plevon tant (les rois) Que blasme toi al laus son cors.

Raimbaut d'Orange:

Qu'a far Ter, sis pieu, per me.

Voir aussi Revue^ X, 312, l'on cherche à établir l'iden- tité de pleure et de plevir^ contestée par M. Meyer.

6345. a So qu'il manda ». Corr. qu[eyi= que H. Cf. 6530. tV ne pourrait pas d'ailleurs se rapporter à un nom masculin.

6369-70. « c'om moguty agues... mogut s'en es.» M. Meyer propose la correction anat pour le second vers. J'aimerais

' C'est ainsi que le traduit M. Meyer daas sa première édition, mais en renvoyant à un passage pieu a sa signification ordinaire.

DU ROMAN « DE FLAMENCA » 83

mieux eissùz. On pourrait aussi penser à mudat pour le pre- mier, et le second resterait tel qu*il est.

6380. a Que nuilla re. » Lire Qu^e nuilla re.

6424. a Mant* angoi88[a] ». Répétition du vers précédent. M. Mejer propose manta dolor. J^aimerais mieux E man irebail.

6436. « ques'entramesson. » Ne vaudrait-il pas mieux écrire avec apostrophe s*entramesson ?

6439. a Mais tan vos plaz faitz voslre albir ». Les mots sou- lignés sont une correction; il en faut une; mais celle-ci ne convient guère. Le contexte suggère plus naturellement lo$ venir^ à savoir les deux écujcrs que Guillaume a demandé à Flamenca la permission de lui présenter.

6479. « ferai. » Corr. foraL

6480. 0 lo pogr'om ben taular ». Corr. pogron et écrire be'ntaular.

6503-4. (c volon... dolon. » Corr. voillon,,. doillon. Le sub- jonctif est ici de rigueur.

6506-7. a Soven envidon e revidon Lo jorn la mostra e la presaB. Ms./ors, qui pouvait rester. Loj'ors est ici considéré comme un adverbe et muni en conséquence de Vs adverbiale. Ce cas est fréquent. Autres exemples dans Flamenca même : guad" ans (v. 3492), de nugz, (v. 6280), quada sers (v. 7131).

6589. « simples et purs. » Corr. bios, pour rimer avec saboros,

6592. il Si totz tems i dévia entendre ». Entendre termine aussi le vers précédent. Corr. atendre (s'appliquer). Cf. les vers 3114 et 3179.

6598. « Non s'asauton d'aitals esgolas. n II est surprenant que M. Mejer n*ait pas reconnu ici le mot escolasy averti comme il Tétait, par lui-môme S de réchange fréquent dans le ms. des lettres c et g. Il le traduit par bagatelles, ce qui est d'ailleurs un sens approchant.

6600. a Le joi d'amor. d Corr. Lo. C'est un régime.

6614. «L'us en Tautre». Corr. Z^'un. Mettre une virgule à la fln du vers suivant.

6617-18. « On lur désir los fai venir, Baisar, abrassar e tenir. » Suivent immédiatement deux autres rimes en tV, ce

1 Voyez la préface de la première édition, page xxzii.

34 UNE NOUVELLE EDITION

qui fait supposer une lacune entre les deux paires de rimes, ou une altération du texte. On pourrait proposer, dans cette dernière hypothèse, de remplacer venir par parer et tenir par tener^ qui serait d'ailleurs plus régulier.

6078. «mi agues » {habuistis). Pourquoi corriger accès {habuissetis) ? Ni le sens ni la rime ne l'exigent.

6795. « tutz im. » Il faut tut, et c*est en effet la leçon du ms.

6730. « Car non ac talen ques mogues. » Ce devrait être justement le contraire. Aussi une correction s'impose-t-elle : lezer est celle qui se présente le plus naturellement.

6759. aforan.» Ms. foron^ qu'on pouvait conserver. Cf. v. 6724. tolgron, forme assurée par la rime, est aussi un second conditionnel.

6842. « A[l] revenir mot lonc tems poina ». Pourquoi cette correction ? Revenir ici n'est pas pris substantivement ; il est employé dans sa fonction verbale ordinaire, a Quiliaume tarde beaucoup à se remettre.» Car il ne faut pas perdre de vue que poinar^ ici, signifie tarder^ acception déjà notée au V. 79. Cf. iocha, même sens, au v. 3944, comme le remarque l'éditeur.

6852. « Ja es[t] vos. t Pourquoi cette correction, puisque es = etz est plus régulier ? Cf. 2839, ce même es n'en souf- frirait d'autre que etz, étant en rime avec enqueres (...e/z).

6864. a Tan co[m]plitz. d La correction aibitZy proposée en note, car il en faut une, ne convient pas ici. Corr. offlitz^ part, passé de afflire.

6872. « non colon ». Ne chôment pas. C'est aussi le même verbe et le même sens qu'on a aux vers 620 et 5940 , pour lesquels j'avais autrefois proposé, à tort, les corrections tolc et toi. Ici la même erreur n*était pas possible, et je trouve, dans mes notes, à Tappui de cette acception, dans son sens mé- taphorique, cet exemple tout à fait probant ,

Tiriaca, jes vostre pretz non col

De meillurar, c*uoi valetz mais que hier.

(Â. de Peguilain, Gedichte de Mahn, 344,6.)

6880. « E d'els acnillir. » Ecrire deh {de los) acuillir. 6905-6. (( ella[s].. domna[s].. donzella[s].. » On ne voit pas l'utilité de ces corrections. Le vers 6908 d'ailleurs les con-

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 35

damne. Aa y. 6005, vau du ms. a été corrigé van. Pourquoi» puisque vau est une forme connue et que M. Meyer en admet ailleurs de pareilles, p. ex. 728-8 estarau : venrau^ 1761 et 4315 âtin, 1151 trobarau?

6959-60. a fe que dei vos... s*el es daus vos. » Corr. nos au second vers? Il est naturel que le beau -père d'Archambaut dise ici denotre^ aussi bien que de votre calé,

6970. Mettre une virgule aprèd ce vers, et un point et vir- gule après le suivant.

6978. « Ë qui [sj'alegri ni gau senta. » Le ms. porte alegrn.

Ne vaudrait-il pas mieux conserver cet adjectif et lire « E

qufs {= qui es) alegra ni gausenta » ? Cf. ci- dessus, note sur le V. 3640.

7012. « Non 7 ajudava .n. botos. » C'est la leçon du ms. Le vers étant trop long d'une syllabe, M. M. a corrigé No. Il vaut mieux conserver Non et corriger ajuda, le présent convenant ici beaucoup mieux que l'imparfait.

7015-16. 0 fer j tant gent Que cavalliers pren e reten. n Leçon du ms. qui appelle une correction, la rime étant fausse. Mais il vaudrait mieux corriger gent en ben qu'intervertir Tordre des deux derniers mots du second vers, comme l'a fait réditeur^ car de sa correction, outre qu'elle renverse l'ordre logique des termes, il résulte une série de quatre rimes en ent, ce qui est choquant et serait dans tout le poème un cas presque unique.

7024. « ab lo dous avrei. » Ce mot est traduit par avril au vocabulaire, ce qui est inacceptable, puisqu'il rime à tornei. Lire simplement aurei. Cela d'ailleurs revient au même pour le sens. Cf. A. deMareuil; ab b dous aurei Quem reoea lo coraissi. Il s'agit de la brise printanière.

7026. 0 Que a son tornej[amen] fos. » J'aimerais mieux, pour rendre au vers les deux syllabes qui lui manquent, sup- pléer el si,

7065. Virgule après ce vers.

7067. a qu'el ». Lire quel {que lo). ,

7075. «Flamenca dis: ccE disl bel seiner». Corr. Flanmca rit e dis: fi Bel seiner.

7106. i lo[s] » Le ms. porte bien los.

7143-7144. « sentis : esgauzisu. Corr. sentisca: esgauzisca

3 6 UNE NOUVELLE EDITION

on simplement sentissa: esgauzissa. Pour ces dernières for- mes, cf. plus loin vv. 7549-50.

7154. Ms. quieil. C'est ce que la note devait iudiquer; mais on j a oublié le premier t. Faute dUmpression.

7163. ttsi so sap.» Lires'o.

7204. « Pobies alberga tôt entorn. » Lire Poble s'alberga. Cf. Y. 7263. Mais on voudrait Tarticle. Corr. le poble alberga» (= alberga se)? Poble ^ que M. Mejer n*a pas relevé au vocabulaire, signifie ici ville^ bourg. Acception conservée en catalan et en gascon. Cf. castillan pue&fo.

7255. (( Fes hom [un] gran escadafals.» Mettre une virgule, au lieu d'un point à la fin du vers, et corriger us gratis. Cf. V. 7276.

7265. « Car be i a[c] cavallier[8] tal mil ». Ms. tais. On ne s'explique pas le rejet de Vs dans ce dernier mot, lorsqu'elle est justement rétablie dans le précédent.

7321. (( So dis le rei. » Il faudrait reù, mais la rime s'y oppose. Faute surprenante chez un auteur aussi correct. On ne voit pas de correction possible, et le contexte ne laisse pas soupçonner de lacune.

7331. aper lurvesD.L'édit. propose de corriger p^ /eir 0/7$. Pourquoi ne pas entendre à leur tour ? L'emploi de per ici serait-il si extraordinaire ?

7337-8. 0 E dis suau antre sas dens : Sempre pesca qui una pren. » Rimes fausses. Corr. si una prens? pesca, naturelle- ment, serait un impératif.

7404. Corr. Qu'om toi lo près del mon li dona.

7434-5. « Lur ueilz e lur booas revenon D*aitan con podon, e lur nas. 1) On ne voit pas bien le rôle du nez dans cette galante conversation. Corr. mas (les mains). L'auteur a déjà dit plusieurs fois qu'elles ne restaient pas inactives, et il le répétera plus loin.

7440. « E cant Guillems...)) Corr. Abtant, en mettant un point à la fln du vers précédent?

7497. Sur aiz et son origine (voj. le vocabulaire), il me sera permis de renvoyer aussi à la Revue des langues romanes, XVI, 378, et au glossaire de Deux mss. provençaux^ p. 181.

7514. a ben deu ». Le contexte exige dei {debeo)^ et c'est en

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 37

effet la leçon du ms., deu j ayant été corrigé en dei, par Texponctoation do second jambage de Vu.

7548. « dueilla ». Corr. tueilla.

7530. a Comleva i'us ». Corr. Can (quan)7

7551. <f [so] n. Lire plutôt s*o.

7582. a tenti ». Corr. vesti ?

7614. « Que danqoec ». C'est la leçon du ms. Corr. qu'ad unquee^ comme le veut le contexte, et non que unquec^ comme a fait réditear.

7629-30. Les signes de ponctuation (: et ,) ont été transpo- sés à la Un de ces deux vers. Faute dMmpression évidente.

7635. a que so prenda ». Lire s'o.

7642. 11 semble qu'il jait une lacune après ce vers. Pour quoi n*est-il question que d'un couple, quand il y en avait deux? Pourquoi très au v. 7643?

7647. « a leur guisa ». Corr. lur. Faute d'impression.

7648-9. J'avais pu lire moi-même, sans réactif, la seconde moitié et même un peu plus de chacun de ces deux vers, qu*Qn lecteur trop scrupuleux avait grattés, et qui étaient restés en blanc dans la première édition ; savoir :

bllsaus'ni camisa de lur benenansa *

Pour le reste j'avais fait les mêmes conjectures ou à peu près que M. Mejer.

Ques anc ni... Non tolc ren...

7655. a consi l'acueilla. » Corr. consii[$] a.

7680. i Aissi cos fes ». Lire coffés et écrire co fes ? Le pro- nom réfléchi ne convient guère ici.

7687-8. « Maritz que son despendre cuja Que mullier ad aaiic estuja. » La correction proposée en note serait loin d'améliorer le texte. Il faut simplement mettre les deux ver- bes au subjonctif {cuje: estuje). Le sens est : « bien fou est le mari qui pourrait croire qu'il dépend de lui de cacher ' une

< M. M. a lu blisaut. * M. M. a lu benanansa, 3 Proprement c mettre dans un étui, serrer, renfermer t.

38 UNE NOUVELLE EDITION

femme à son amant. » Pour cette construction et cet emploi substantivé de Tinfinitif, cf. vv. 1731, 3655, 4712.

7705. ((baïto. Il existe en Saintonge et en Poitou un verbe basi^ qui signifie disparaître^ mourir. Aurions-nous ici le même verbe? Ou faut il corriger 6/aî^qui serait pour blasii {flétri) ? Voir Mistral sous blesi^ et aussi Rajnouard, blezir et blahir, 7802. a ab blatons. > Corr. ab latons. C*est évidemment un diminutif de lata, baguette longue et plate. Le copiste aura ici redoublé le b comme il fait ailleurs Ts, 17, etc. Sesmar^ qui suit, n*exige aucune correction. Ce verbe signifie disposer, arranger^ et le contexte n*en demande pas plus.

7818. «la meillers [r]-)S. » Ms. le. Il fallait donc plutôt cor- riger lt\ forme qui est de beaucoup la plus fréquente pour le nominatif singulier féminin.

7840. « De son joven<i ni [de] sos vieils. » Ce vers, tel que le donne le ms., est inadmissible à tous égards. Je ne sais comment l'éditeur Tentend. Je crois, quant à moi, qu*il faut corriger : a De nos jovens ni de ocs vieils ^ ; c*est-à dire : (( des non de la jeunesse ni des oui de la vieillesse », ce qui s'accorde on ne peut mieux avec ce qui précède, et spéciale- ment avec les vers 7837 et 7838.

Je remarquerai à cette occasion que notre auteur, qui se plaît aux jeux de mots (voir entre autres les passages il joue si curieusement svlv sol et solalZy vv. 4592-6 et sur mti^ et mot (4675 et suiv.), ne doit pas avoir employé sans inten- tion de ce genre Tépithète noada (v. 7829) et le substantif noz du V. 7832.

7849. Mettre un point à la fin du vers. Autrement il fau* drait corriger au vers suivant, consi nos penses, 7855. a de corre que. . . » Lire de corr' e que. . . 7863. « com hom vesa. » Corr. que hom? 7886. <c Turton. »Le ms. a turcon, qu'il faudrait corriger trucon^ mot qui convient fort bien ici. Rajnouard n*a que le substantif correspondant, truc. Mais voj. Mistral.

7896. « De cal guisa Tobras menet, » Lire lo bras. Guil- laume montra la force de son bras. 7941-42. « deslivre: livre ». Lire desliure: Hure. 7968. Lacune. Mais c'est plutôt avant le vers 7967 qu'il fallait la marquer, car ce dernier se lie parfaitement avec

DU <r ROMAN DE FLAMENCA » 39

celui qui le suH dans le ms., à condition de traduire poino par $^ efforcent^ en rapportant cette forme à poinar. M. Meyer au contraire la rattache à poiner {pungere),

7986. « Que non vougues totz los arsos. » Faut- il corriger voiges de votar? Ou rapporter cette forme à volgere? Cf. Diez sous voio II a. Dans tous les cas, ou ny peut-être que diph- thongue. On ne saurait penser, à cette date, à la voyeUe sim- ple que le pro7. mod., comme le français figure par ou^ et que présentent les formes actuelles vouja, bouja,

8017. a D*aqui on s*es. » Écrire ses en un seul mot (sedet)» Cf. v€s (vi(iei\ aus {audit), etc.

8041. c On estavan bon feridor ». La syntaxe réclame ici Timparfait du subjonctif, et le contexte un adjectif de quantité de vant bon (es/esson /an ^on?). Mais la mesure du vers ne permet pas cette correction; /o55on tan conviendrait très bien. Si Tindi- catif présent pouvait être ici admis S la correction n^exigerail que rinsertion d*un / âa,ns Vestauan du ms., devenu ainsi estau [t]an. On pourrait aussi penser à estiu tan. On aurait bien un subjonctif, mais ce serait toujours le présent.

8065. «Non val unas». Non pas, ce me semble, tin as, comme l'éditeur le suppose, mais tmas ( trescas ), non étant pour no en. Ci. v. 8062.

8083-4. (cSi tu me plais, ce n'est pas tout en cbeveux et en joues», c.-à-d. «ce n*est pas seulement par tes charmes extérieurs » Ainsi me paraît devoir être interprété ce passage, Je lirais^ bien entendu^ si nCazautas, au lieu de sit m. Ce t sera venu spontanément sous la plume du scribe, qui pensait à tu, et qui aura oublié de Texponotuer.

8089. « Troban Jaufre de Laisina. » Troban est pour troba

en (l'article honorable), ce qu'il eût été bon d'indiquer, car

iln*y a pas d'autre exemple dans le poème de la contraction

de cet article avec un verbe.

C. C.

P. -S. Le présent article n'ayant pu paraître dans le numéro de Novembre-Décembre de la Revue, je profite de ce retard forcé pour joindre aux remarques qui précèdent un

> Cf. pourtant, t. 4, que m'es, l'on attendrait quem sia.

40 UNE NOUVELLE EDITION

certain nombre (Inobservations nouvelles, faites au cours d'une seconde lecture.

2456-7. « Mais langui, plais, fol desplazer : vezer. » La grammaire voudrait desplazers^ que la rime repousse. Corr. fel d. ? ou ac desplazer^ ou encore del desplazer^ en suppri- mant la virgule après plais ?

2478. « don* avanz. » Apostrophe inutile.

2631. (( De prohome s'a ver lo poc. » Corr. s'amar ?

2655. «entendet s'i ». Lire plutôt si^ car à quoi se rapor- terait i ?

3878. « Aqui la mes, quar ben Tadesa. o Outre la significa- tion de toucher^ seule indiquée au vocabulaire , le verbe adesar devait avoir celle de (c serrer, mettre en lieu sûr », et c'est celle qui conviendrait ici. Ce verbe existe aussi eu catalan, et le dictionnaire de Labernia Tinterprète par « posar alguna cosa en lloch segur.» Je soupçonne dans Domef^z que du vers précédent une altération d'une leçon meilleure, que je ne sais pas retrouver.

8991-2. a Et e menz d'oral camja cor... Lasl con no mor. n Le ms. a cors et mors que je voudrais rétablir. Guillaume, daus le second de ces deux vers, s'adresse à lui-même, et na- turellement à la deuxième personne, ce qu'il fait très souvent. Cf. p. ex., un peu plus bas, vv. 4011 et suiv. La forme de la première personne ne serait pas d'ailleurs, régulièrement, mory mais muer.

4053-4. (( Quar aissim pren bona sabor Lo bon saber qu'om a d'amor. o M. Meyer propose de corriger Del bon saber, La seule correction à faire, car aissim est pour aissin {aissi ne) et non pour aissi me, est de donner au sujet du verbe une forme régulière, en écrivant Le bons sabers.

4066. 0 E l'us per l'autre. » Corr. tun. Saborir signifie, ici du moins, non pas devenir^ mais rendre savoureux,

4103. « Si davaus mi donz gauh nom ve. » Le mot gauh est déjà au vers précédent et reparaît au suivant. Il serait ici avantageusement remplacé par une particule (ges? )

4106. « conort. » Il faudrait un mot exprimant l'idée con- traire. Cow, dolors?

4215-16. « gran aventura : s'aventura. » Ecrire plutôt sa Ventura.

DU « ROMAN DE FLAMENCA » 4J_

4300. <s Si merces i fai captenensa. » Corr« no i fat? Cf. V. 5186.

4549. « Qu[e] ieu non vis ». La correction Qu'ieu non vis [mah] serait à mon avis préférable.

4763. a Lo mot e met en cor prion. » Corr. el met en c. Le ms. porte El mot e mot.

4831. 0 E cel que non sap ni volria ». Leçon du ms. L'édi- teur corrige ni en molt. Ce n'est pas que la correction devrait porter, principalement du moins ; c'est sur non. Lis. (t E cel que molt sap ne volria. o Avec la correction de M.Mejer, ancar du vers suivant s'expliquerait mal.

4944. « es so abetz. » La traduction de abetz au vocabulaire (tromperie, fourberie) ne saurait convenir ici. C'est tout au plus a ruse » ou mieux encore « raillerie » qu'il faut entendre : c Elle se moque sans doute en me demandant pour qui »

5187. « E vos a merce connoissetz. » Corr. cossentetz?

5243 5. cf Ben vai l'affars ; Nuls affars non fora plus cars Aora d'aquest estornut.» Le deuxième a/fars est certainement une répétion fautive ; mais la correction est indiquée par le contexte même. Alis vient d'éternuer, ce qui est de bon augure. Corrigez donc agurs.

5287-8. Le sens paraît être que Flamenca fixa ses jeux sur Guillaume plus longtemps que lui-même ne faisait sur elle. Corr. en conséquence ou Ques el leis, ou el esgarda. Au vers suivant il suffit d'écrire hon {on) au lieu de hom.

5412. (( Cossi pocses far quel plagues. » Corr. placses? on pogues et quetis ?

5435. Supprimer le point à la fin du vers.

5473. a Que de tal guisa [sia] fait. » J'aimerais mieux [oata] fait.

5536. (i E negun pensier. » Corr. Per?

5564. « Nos feiron. » Corr. /Vb feiron.

5567. (( Si[l] toi vergoina ni temensa. » On ne sait à qui rapporter le pronom (/= li) suppléé par l'éditeur, non plus que le verbe toi. Corr. a Cel. cutioi vergoina e (ou o) temensa » ?

5610*11. « Car si mescaba una ves, En autr'afar pot reve- nir. » Afar ne paraît guère convenir ici. Le ms. offre une autre division autra far: En autra pourrait signifier une autre fois, et il faudrait chercher une correction pour far.

4 2 UNE NOUVELLE EDITION

Peut-être sai: « Je sais bien qu'elle peut uae autre fois reve- nir de son erreur, mais... »

5781. (( Quar las canas foron fumadas ». Cela ne signifie rien; aussi l'éditeur propose-t-il une correction, fermadas, qui ne paraît guère satisfaisante. Je crois que suilladas con- viendraity et paléographiquement et pour le sens. Cf. v. 6713.

5011. « Per lur sen ni per lur parlar. » C'est la leçon du ms. Comme il faut une rime en ér^ l'éditeur corrige saber. Je crois qne parer vaudrait mieux.

5997. « Non la[8] cuja. » Cette addition d'une « {= sibi) paraît ici assez inutile.

6045. (( Quel fronz. un pauc si remulliet. » Corr. front "1

6159. « Cui Alis fai papiejar. » M. Meyer, au vocabulaire, voit dans ce mot le même verbe que l'ancien français papier qui signifie balbutier^ en observant avec raison que ce sens ne convient guère ici. 11 y a dans le provençal moderne un autre verbe qui conviendrait au contraire on ne peut mieux, et dont la leçon du ms. ne s'éloigne pas beaucoup ; c'est patejar^ moins usité que aryoa^tf/ar, signifiant l'un et l'autre a piétiner, aller et venir, tourner surplace ».C*est le dernier qu'il fau- drait ici pour la mesure du vers. Mais on pourrait corriger Qu 'Alts fai [aissi] patejar, ce qui peut-être vaudrait mieux.

6472. (f E podon las ben solassar. » Corr. la ou lai.

6507. « la mostrae la presa. » a Termes de jeu », est- il dit, simplement, au vocabulaire. N'est-il donc pas possible d'in- terpréter ces mots d'une façon moins vague ? 11 me semble que la mise (ou Vinvite)eile gain (l'acte de gagner) pourraient les traduire.

6952. (( Al tornei sai quel veirem doncs. » Voilà déjà le moderne satque = probablement, peut-être ; car Archambaut n'a à cet égard aucune certitude. Cf. les vers suivants. Voir ci-dessus, V. 1981, la note sur éen sai, aujourd'hui bessai^ dont saique est le synonyme.

7028. fc m 'i métrai ». Lire plutôt mi.

7307. « A vostra dona. t Corr. nostra? Cf. v. 5708.

7734. ce Quar a cel portai. » Corr. Ques a. Cf. v. 7755-6.

7912. a Don vos n'ires. » Corr. donc? Ou faut-il considérer don comme un vocatif pluriel {domini) ? Le vocabulaire est muet sur ce point.

DU ff ROMAN DE FLAMENCA » 43

8000. 0 El fer son tost d*outra passât, n Corr. tôt?

8015. a E Testreap. » Corr. Els estreups. Ou vaudrait-il mieux corriger peitral au v. 8013? Ces formes de nominatif pluriel s'expliqueraient par une anacoluthe.

8027. « Non la pogra. » pogt^n du ms. est il vraiment une faute, comme on le dit en note? J*en doute pour ma part,car ce mot peut très bien se traduire par a on n'aurait pu. »

QuMl me soit permis, en terminant ce long examen, d'ex- primer le vœu que M. Paul Mejer, avant de mettre sous presse son second volume, veuille bien revoir le texte avec un redoublement d'attention, et s'efforcer d'y introduire plus de correction et de clarté, afin que sa traduction de Flamenca paisse ôtre l'image la plus nette et la plus fidèle de ce déli- cieux poème. Nul mieux que lui, je l'ai déjà dit, ne peut le faire; et j'oserai ajouter que la reconnaissance lui en fait un devoir. C'est sous les auspices de Flamenca qu*il fit si heu- reusement ses premiers pas, dans une carrière encore peu fréquentée et mal aplanie. C'est grâce à elle, grâce à la séduction de ses charmes, qu'il fut partout accueilli d'emblée avec faveur. Et puisque, après trente-cinq ans, il conserve encore à Taimable personne qui lui valut ses premiers succès toute la tendresse d'autrefois, il lui doit bien de faire tout ce qui est possible pour rafraîchir sa parure et la nettoyer com- plètement des taches qu'une main maladroite et peu soigneuse j a répandues.

C. Chabanbau.

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

{SuiU)

165

GAUCELMS FAIDITZ

(= B. Gr. 167, 14)

1. ChascuBhom deu conoisser

[e entendre Qe richeza ni prez ni cor-

[tezia Res qe sia. nons pot de mort

[défendre Cal iorn com nais comensa a

[mûrir 5 E qi mais viu plus ponha de

[fenir Donc ben es fouz cel qen sa

[vidas fia Si bes pessa de prion sa

[folia Eh nos es tos los gentil cors

[faliz

Duna valen contessabiatris.

II. Donc neguns hom nos pot

[per dreih contendre

Oimais mas tan con deus ten

[en bailia Non puescha om sa part de

[valor tendre Desseignamen ni daut cor

[dont dei dir 5 E pos dieus se de mort non

[vole garir

Qi totz los bes del mon com-

[plitz auia Ja non fara als autres se-

[gnioria Qe tuit murrem e qi mais er

[grazitz Ni plus ama cest* segle miels

[ner trahitz.

III. Con auzam donc aqesta mort

[atendre Canadobat troban* chascun

[dia Qe nostra mort podem en

[vida rendre Car dieus qe la men ^ lai ser-

[uir 5 Ont el fo mortz per nos sal-

[uar garir Aqi morir e qui per lui

[morria Cobran son dreih ca perdut

[en suria Ab gran razon venria gen

[gamitz Al iutzamen lai on er ihesu

[cristz.

IV. Qui per dieu vai lauer el

[cors despendre De paradis 1er uberta la

[via E qi non vai deu baissar e

[descendre

» /. : amal > ^ : trobam a ' f . : d. nos ditz qe Tanem

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

45

De tôt honor car tem qe dieu

[lair 5 Qi rema sa ni pot anar gar-

[nitz Qeu aai daitals cauers ni ma-

[nentia E diables (p, 161) e pechatz

[e bauzia Za retengntz .c. ' fais auars

[aunitz Guerriers de dieu e de totz

[bes partitz. V. Ben se cugen en las terras

[estendre E sar' conqis mas autramen

[cug sia

Mas dieus lo reis sap sar-

[balesta tendre

E tra cairel trencban per ben

[ferir 5 E negus om al colp non pot

[gandir Gant el sirais e ue com nos

[cbastia Mas qil dopta ni ves lui su*

[melia Aqel aura chapdeu saint es-

[peritz E qi non fai er en effern

[puniz. VI. A totz degra de dolor lo cors

[fendre Del dezeret al fil sancta

[maria

Mas cornai lair qi ves* los

[autres pendre

Sesforsa plus del mal ses

[repentir 5 0^ mau segle don dieus nos

[lais issir

A saluamen si con ops nos

[séria E mon tbesaur qe lais en lom-

[bardia Don dieus salut car de totz

[nos es guitz E dels crozatz los cors els

[esperitz.

166

GAUCELMS FAIDITZ (= B. Gr. 167, 54)

I . Si tôt nonqa ses grazitz Tan can sol cbanz ni solatz

[gais Non er queu lauzens^ no

[meslais Dun vers far don soi enqe-

[zitz 5 Car cel qa bon escienza Deu far . zoqapres sagenza Non deu celar. son saber ni

[cubrir Lai on coue a mostrar ni a

[dir Qen totz luecs val adrecha

[captenenza.

II. E non taing qestei plus mar-

[ritz Ni vir mon fin cuer en biais Pero truep micbargei^grieu

[fais La bella falsa enjanairitz 5 Qe totz fui mortz em par-

[uenza Mas er nai trobat garenza Tal qi ma gen desliurat de

[morir

* /. : Als r. com ^ /. : far /.; M. com laire qi ve c. en : A. * c. en: iauzens /. : charget

4C

LE CHANSONNIER DE BERXÂRT AMOROS

Qel * la genser qom puescha

[el mon chauzir

Ez il rema fazen sa pêne-

[denza. III . Don fui cortezamen garitz Qenqer nai en la bochal bais E la dolza sabor el iai^ Con fui gen baizan acullitz 5 Per lei cane non fei faillenza E pos tan gent mo comensa Ane la douzors del bais nos

[poc partir De ma bocha ia nO deu m»is

[faillir Ni far ni dir nulla desaui-

[nenza.

IV. Car* anc nestei iorn faiditz De lei veer on beutatz nais Ni qel fols cens al nO satrais Ez il siA perdoz e guilz

5 Er vauc mon gran tort ses

[tenza Adrechurar en proenza E si anc re qe fezes agrazir Agui de lei de lui a ^ ses

[faillir E de nagout e de saconois-

[senza.

V. (p. Î62) De re non es ora

[tan saziz Ni on tan leus iois ni es-

[mais ^ Ni nO porta cm tA greus

[eschais Con damor qi ame comquts 5 Camors a poder qe venza E qant be nai souinenza Adont* consir qe miels mi

[degra aucir

Qeu anc sofris qe mon po.

[gués partir Can vi lamor. e la gram be-

[volenza. VI. Mes vers voirai qe sia vitz.

[auzitz ^ Per mon beu thesaur par

[clauaîs Qil es de pretz clardatz e

[rais Ez an ^ can er. de lui partitz 5 An rie de ioi a prezensa Dir qen sobeiras dargenza E ma dona ma fag de lai

[venir Car si per eus no fos a* ses

[faillir For eu lombartz lie cenh e

[de valenza.

167

GAUCELMS FAIDITZ

(=B.Or. 167,^)

I . Lommtz ^^ iauzens sers

[ "]

Venc mot bel lespers ** Gen eomplit ^' matendenza

5 Mi toma en plazers Ab douza souinenza Em fai chanzos faire Don mi cuiaua es traire Car ben es razos

10 Qieu chant gais e ioios Pos cil cui sui amaire Qi es la genzer cane fos Vol me e mas chanzos,

II. Qel sieus plazers pros

« /. : Qes— « /. : iais » Z. : E car W. : de lai lai « L : ni esmais V «c. en: Adonc— U, : sia a. " /. : E tan « /. ;er. »• c. en:LonraU " /. : On tant bella paruenza —>«/.: mos bel espers »* /. : complir

LE CHANSONNlEa DE BERNART AMOROS

47

Francs chauzitz de bonaire Francs e chars e bos Gentils e daut afaire 5 E li ^ oil amoros

QuQ saub toi * cor atraire Assa benvolenza Don îo plei ^ ves proenza Man tan aut azers 10 Qe ries soi et esders Sol vostra couinësa Sia complitz lezers Que noi failla poders.

III. Car adreh sabers

E valens conoissenza E humils parers E precs ab gran valësa 5 Beutatz genz teners Son en lei don magensa En son gais chantaire Per sas valons retraire Eil grazis los dos 10 EU plazers saboros El afan queW vi traire Al grieu comnjat doptos Ab sospirs engoissos.

IV. Per soil tara ^ perdos Car tarzei pauc ni gaire De tomar coltos *

Ves lai dins son repaire 5 Don degenoillos Li soi leials preiaire Qe merces lam venza Em perdo la faillenza Courars ni valers 10 Ni baizars. ni iazers No te sai bistenza Sol noil sia temers Lafanz nil mais poders*

V. Pero sil mouers

Qeu fau per penedenza

Lai on dieus lo vers

Près veraia naisenza 5 Les al cor dolers

Noi deu auer temenza

Ca totz bos veiaires

Es dieus ^ bos prez lo maiers ^

Qi sans delechos 10 Vai al rei glorios

Seruir qi es vers saluaire

Car el cel e saios

Len ve ries gazardos. VI. (p. i6^) Oimais es sazos

Danar am dieu lo paire

Qi près mort per nos

Sia chapdelaire 5 Ez als compaignos

Qi son nostre cofraire

Per obedienza

Aider me lor crezenza

Eus cors eus auers 10 Can es sieu seruir ders

Telnha en sa prezenza

Eil sià douz vezers

Lafanz el mais paders.

168

GAUCELMS FAIDITZ ( = B. Gr. 243, 2* ) 1 . De leis ^ cui am de cor e de

Domne segnior et amie vol-

[rai dir E ma chanzo sil platz. qe

[voilla auzir

« /. : Eil » /. : Qim saub lo ^c, en: soplei /. : tain ^c, en: coitos *Z.: de ' /. : maire.

Vnijez le texte donné par M, Appel dans sa Chr. Prov. p, 75 d'après la thèse de M. 0. Dammann Breslau 1891, p, 1 ss. » /. : Geleis

4 8 LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

Del meno r tenz ^ damor son

[gran poder 5 Perzo car nés * princeps

[ducs e marqes Comtes e reis e lai on sa

[cortz es Non sec razon mas plana

[volontatz

Ni ia nul temps noi sera

[dreitz vitjatz ^,

II. Tant es sotils com nO la

[pot vezer E cor tan tost. qe res noil

[pot fugir E fer tan fort qe res noil pot

[gandir Ab dart dacier com nos pot

[escremir * don fai colp de plazer 5 On non ten pro auzbes ^

[fortz ni espes Si lanza dreg e pois trai de-

[manes Sagetas daur ab son arc

[estezat Pois lanza un dart de plomp

[gent afilat. III. Corona daur porta per son

[deuer E non ve ren mas lai on

vol ferir No fail nul temps tan gen

[si sap aizir

E vola leu e fai si molt temer

5 E nais desaur ^ qe ses ab

[ioi enpres E can fai mal sembla qe

[sia bes

E viu de gaug e defen e

[combat Mas noi gara paratge ni

[rictat. IV. E son balais lai on se vai

[iazer A .V. portais e qil dos pot

[ubrir

Grieu passais très man ^ non

[pot leu partir

Mas ab gaug uîu cel qei

[pot remaner 5 E pujai hora per .1111. gras

[moût les Mas non intra vilas ni mais

[après Gap los fais son el barri

[alberjat Qe ten del mon plus de luna

[meitat. V. For al peiro on ela vei se-

[zer A .1. tauler tal con sai deve-

[zir Qe neguns om noi saup nul

[ioc legir Las figuras noi trop a son

[plazer 5 E zai mil poins mas gart qe

[noi ades Om malauzatz. de lah iogar

[mespres E li poin* de veire trasgi-

[tat

E quin frain^® un part son

[iuec e mudat".

VI. (p. 164) Ai tant con mars

[ni tra " pot tener

> l. : tertz « î. : vews * cen: iutjatz - /. : Ab d. dacier « /. : ausbers ^ c. en: desaut, /.: dasaut "^ /. : mas c. en: vai ® Z. : point son to c, en: train ^M. : ennuidat —'•/.: terra

49

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

Ni soleils par si fai * tôt

[seruir Los nos fai vinre els autres

[fai morir Los uns ten bas eb autres

[fai valer 5 Pois estrai leu so qe gen a

[promes B rai nuda. mas can dun

[pauc dorfres Qe porta seinh. e tuit sa pa-

[tentat ^ Naisson de fnec de qe son

[asemblat, VII. Al segon reis tam ' franqeza

[e merces El sobeiranz es de tan gran

[rictat Qe sobra cels essaia son

[régnât.

169

GAUCELMS FAIDITZ ( = B. Gr. 167, 2 )

I. Er consir e plaing

En chantan mon dampnatge

Dun ici qem sofraing

Per mo meteus folatge 5 Qen pais estrain

Fui ^ ne no vei messatge

De leis cui soplei

Don eu nom recrei

Cades on qeu sei 10 Laclin ses cor volatge

Se tôt non la vei. II. Mi donz sui aclinz

Vas on qeu vau ni vegna Eviers lo pais 0 ill estai e regnja 5 Sola ma conqis La bella qi nom degna E no sai per qe Me destreing anc se Qeu lasegur be 10 Qe ia dautra non fegna Mas il la uO ore.

III. Moût fes bel gazain

Can * près mon homenatge Per qeu non remain En autrui segnoratgo 5 Ne a mi nos tain Qieu seg autre viatge Ni qieu ia desrei En autrui domnei Car SOS sers mautrei 10 Humils ab franc coratge

[ •]

IV. Amors qe farai Saissim desasegura Qil mauci desmai

E de me non a cura 5 Ai gelos sauai E auolz genz tafura E fais lausengier Son damor guerrer Per qa ieu qerir ^ 10 Qil don malauentura

E mal encombrier. V. Meilsforam sufris

De leis cui lois manteignha Qe ia non la vis Cattalz * maltraigz men re-

[gnha* 5 Soauet mi aucis

W. : faia— « /. : parents t ' /.: Al s. rei toin.— « L : Tan /. : Qautra non enuei ' .. ; que iesu qier * /. : vegnha

Sui c. en: /. : Gaitals

50

LE CHANSONNIER DE

Ab la fais antresegnha Cant per sa merce Mi retenc ab se Car no len soue 10 Tant ma obs qem reuei-

[gnlia

[.. «1

VI. Joios ben sescbai

Caia de ioi frachura

Cel qa ioi verai

Et a lui non satura

5 Qel laz mos cors estai

Loin g de bona uentura

En grant consireir

E mon centongier

Vei damor premier

10 Si ia sa îoia dura

Beil vai a sobrier.

170

GAUCELMS PAIDITZ

(=B. Or. 167,35)

I. [p, 165) Main tas fazos ' es

[hom plus volontos

De zo don mal e dan li deu

[venir Qe de son ben. e uoil lo per

[men dir Car ieu meteis manei mètre

[cochos 5 En tal poder. don aran

[vauc plagnen Qem fai languir, e suspirar

[souen Qe qan ne ' cug ben auer

[ieu nai dan E torn atraz qan cug anar

[enan.

BERNART AMOROS

11. Ben man trahit seu bel oill

[amoros E SOS gentz corse sos azautz

[gamitz ^

Sos gentz parlars. e sos

[gens acuillira

Sos bels solatz sos auinens

[respos 5 Mala vi anc sa gran beutat

[valen Don ieu cugei auer mon cor

[iauzen Mas aram vau plagnen e

[sospiran E nom i val merces qeu lai

[deman.

III. Anc non cugei qe nuilla

[domna foz Tan grft bentatz qen fos

merces a dir Qon plus li clam merce nom

[deg nauzir Anz ma son cors ades plus

[orgoillos 5 Per qe mos mala mi vai ades

[creissen

& es mi piegz ci deus mi

[sal p«r vn cen

Per leis car ten iha* de mal*

[estan Qe per lo mal qeu nai ni per

[lafan.

IV. Lo mais qieu trac mi fora

[bels e bos Bella domna sol qel pogues

[suffrir Car ses afan non pot hom

[enreqir De nuU afar qe sia chabal-

[los

1 /. : Nil membra de me.— * ?• en: sazos ' Z. : eu *c,€n: gamirz /. : renni a.

LE GHÂNSONNIBR DB

5 & zo qe hom conqier ab

[gran turmen Ten hom plus car plus celat

[e plus gen Quê zo que ha tôt iorn a son

[talan Qar lea despen qi de lea ha

[gazaing. V. De zo don plus cugei esser

[ioios Soi plus iratz e nai mais de

[conzir

Per qom nous deu p^ gaug

[trop esiauzir

Ni p«r ira esser trop an-

[goissos 5 Mas ieunon puesc ges esser

daital sen Qeu malegrei trop al co-

[menzamen Douma per uos mas eram

[vau ploran

QoQ hom marritz que ren

[non sap on san.

VI. Sa ma domna plaguesson

[mas chansos Naurella moût mestera bel

[e gen Car ia enan non aurai mon

[talen De nnlla ren ni puesc far

[bel semblan 5 Tro que de leis aia zo qeil

[deman.

BERNÂRT AMOROS 51

171

QAUCELMS FAIDITZ (= B. Gr. 167, 19)

I. (p. 1616) Del gran golfe de mar E dels enois los ' portz E del perillos far Soi merce dieu * estortz 5 Don pose dir e cOdar Qe mainta malananza 1 hai suffert e maint turmen E pos a dieu platz quen '

[torn men En limozi ab cor iauzen

10 Don parti ab pesanza Lo tomar e lonranza Li grasisc pos el mo cossen.

II. Ben dei dieu merceiar Pos vol qe sanz e fortz Puesc el pais tomar Un val mais uns paucs doir * 5 Qe dautra terrestar

Ries ab gran benananza * Qar sol li bel acuillimen Eil onrat fag eil * dig plazen De nostra domna il ^ prezen

10 Damorosa coindanza E la douza semblanza Val tôt qan autra terra ren. III. Ar hai dreg de chantar Pos vei ioi e deportz Solatz e domneiar Qar zo es vostra cortz ^

5 E la font el ris * clar Fan mal cor alegranza

Voyez les éditions de cette chanson données par M. Chahaneau, dans la Rev, des t. r., IV s., t. II, p. 550 s. et par M. Appel, dans sa Pro- venzalische C/trestomathie, p. 112. t /. ; enoios (CA.), enois deU (A) - * Ch. : deu » (7A.:que * /. : ortz (Ch, et A.) » CA. : benan[an]za - •Ch.etA. : oll t/. : eU (CA. et A.]- « /. : vostr^acortz {Ch.) « /. : Us fonU el riu {Ch. et A.)

52

LE CHANSONNIER DE BEBNART AMOROS

Prat* e vergier qar tôt mes *

[jçen

Qera nO dopti mar ni ven

Garbe ' maistre ni ponen

10 Ni ma naus nom balanza

Ni nom sai * mais doptansa

Galier * ni corsier corren.

IV. Qi per dieu gazaignar

Pren daitals desconortz

Ni per sarme * saluar

Ben es dregz "^ non ges tortz

5 Mas cel qi per rubar

E per mal acordanza

Vai per mar un hom tan

[mal pren

Em pauc dora sauen souen

Qe qan cujom puiar deissen

10 Si qab desesperanza

Il laissa * tôt eslanza

Larme lo cor " e *' laur e

[largen.

Finis coronat opus,

(p. 166*:) Argumente den foiqetz de marssilia [voy. devant 97].

(p.l663:) Argumente de gaucelms faiditz [voy. devant n" 138].

(p. 166* :) Copie partielle d'un planh catalan (B. Or. 461, 2) publié d'après un autre ms. complet par Terres Amat à la p. 369 de son Dictiennario critico de les escri- teres catalanes (Voy. une note de M. C. Chabaneau, dans le vel.XVlII de la Rev. des 1. r., p. 18 s.). Le texte incomplet de & a été imprimé dans la préface de mon édition des deux plus anciennes grammaires provençales^ p, VII et era scritto inanzi al principie del originale nelle carte che si seglien lasciar

blanche per conservare i libri cosi imperfetto.

(p. 1643) 1588. Jaques Tbssibr de Tarascon. Concorda te 1589.

Riueduto Antonio Martblino.

{p, 166^) ARGUMBNTO DBN PEIROLS

Peirols si fo us paubres caua- liers daluergne dan castel qe a nom peirob qes en la terra del dalfin a pe de rochafou e fo certes hom e auinenz de la p^rsona. el dalfin daluergne si! ténia ab se el vestia el daua cauals & armas, el dalfiz si auia un a soror qauia nom sail de claustra bella e bona e molt presiada & era moillier den beraut de mercoir dun gran baron daluergne. en peirols si lamaua per amor. El dalfis si la pregaua p^ lui e salegraua molt de las châzos qen peirols fazia de la seror. e molt las fazia a plazer a la seror e tant qe la dona li uolia ben. eil fazia plazer damor a sau- buda del dalfin e lamors de la domna e den peirols monta tant qel dalfiz sengelozi delà car cudet qela li fezes plus qe non conuenis ad ella. e parti peirols de si e loi- gniet e nol uesti nil armet. don peirols non sen pot mantener per caualier, e uenc ioglars. & anec percorlz ereceup delsbaros. draps e dîners e cauals.

Ce texte se retrouve tel quel une seconde fois au f 22, v<^ de la der- nière partie du ms.

« Ch.: Prai -^^ Ch.: mos « Ch. et A. : Garbi * c. en : fai » Ch. et A.: Galea 6 ch. ecA. : s'arma ' CA. : Ben e saregz --•Ch. et A,: ces » /. : Eslaissa ou El /. (Ch,) i* /. : e 'slanza (A,), en lanza(CA.) " /.: Larm'el cors (A,) »« Ch,: (e).

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

53

172

EN PEIROLS (= B. Gr. 366, 22)

I. (/>. I6T) Nuls hom dod

[sauci tan gen Ni tan douzamen Non fai son dan ni folleia Con cel qen amor senten

5 Pero nai eu bon talen Sitôt amors me guerreia Nim destrein greumen Car per mo * voler mal pren.

II. Cuna domn am finamen Don mon escien

Mer a morirab leuera* Tant es de rie pretz valen 5 E si plus nonca naten On qieu steia lai sopleia Vas lei franchamen Mo8 cors qi la uez ' soueu.

III. Estraigz cossirers men ve E si gairem te

Conois cades mi sordeia Tort nai eu meteus de qe 5 Car nom am si cos coue Tal dôna camar mi deia Car il per ma fe No deu sol pôsar de me.

IV. E pero can sesdeue Qieu li par len rei ^

Ges mas paraulas nom veia * Anz uei gescouta^ las be 5 Del repropcher mi soue Qi non contraditz autreia Auran doncs merce Tant 0 voil qie nO lo cre. V. Pel bel semblan qelam fai

Vol qem tenga gai E qem bon respeg esteia Mas de sa valor mesmai 5 Ai bella donna sius plai La vostra francheza veia Lo greu mal qieu trai DoD ia senz vos non guerrai.

VL Cbanzos saludar lam vai Per teil mandarai Qeil res es qe plus me greia Car tan luing de mi estai 5 E pos enaissi seschai Sobre tôt cant es lam preia Qe il soneigna lai Dezo. dont ieu consir sai.

VII. Bella dona de vos ai Tal dezir e tal enueia Qe ren del ^ mon mai Al cor a mi nom estai.

173

EN PEIROLS (= B. Gp. 366, 31)

I. Si ben son loing et entre

[gen estraigna Eu mais consir damor ab

[qem conort E pans dun vers consil fasse

pacort Tal qe sia bons e plazens e

[fiz 5 E car hom mais mon chan-

[tar mi grazis

Adoncs dei miels gardar qe

[nom mesprenda

Ni diga ren don sauis me

[reprenda.

t /. : mal * /. : Tenueia * /. : ue * L: parlen re * c. en: neia «/. : qescouta ' /. : de tôt lo.

54

LE CHANSONNIER DE BEUNAUT AMOROS

II. Non es nuils iornz qe mon

[cor non descenda

Una douzors qem ven de

[som pais Lai iong mas mans & lai

[estauc aclis E sapchas ben qeu volgra

[esser fort 5 Près de mi donz sitôt sa vas

[mi tort Cab bel solatz & ab douza

[compagnia Mi dauret gen zo qe ara

mestragnja.

III. (p. 168) Ben ai assatz qe

[suspir e qe plaigna Ca pane lo cor part cant

[mi recort Del bel solatz. del ioi e del

[déport E del plazer qelam fei e qem

[diz 5 Ai con fora garitz. sadonc

[moris

Que can la prec que de mi

merceil prenda

Sol veiaire non fai qella

[mentenda.

IV. Ben es razons qieu suffra e

[atenda Con atendrai pos lieis nO

[abeillis Miels mi fora som cug qe

[men partis

Partir non ges. trop nai

[près lonc acort

5 Bona domna vostrO sui tôt

[a fort E non cudes lamor e mi

[remaigna

Qen vos amar tem qe temps [mesoffraigna.

V, A lieis non fail res qa prô

[dOna taigna

Com la ue qe de lieis

[laus nom port

Colde gai es e pros p^r qieu

[lam fort E doncs amors oui tos temps

[soi aclins 5 Plagues li ia cuna ves men

[auzis Agestal* qeirper don e per

[emenda 0 si non mais guizardon nO

[mi rCda.

VI. Dautre trebail prec dieu

[qellam defenda Mas vn sol iom volgra qella

[sentis Lo mal qeu trac per leis ser

[e maUs

Qen grieu perilh ma laissât

[loi g del port

5 E non voil ges quautra men

[ai estort E sa leis platzqe ia vas me

[safraigna Ane no fes om damor genzor

[gazaigna.

174

EN PEIROLS

(=B. Gr.386,12)

I. Del sieu tort farai emenda Leis quem fes partir de se Anqer ai telan qeil renda Sil plai mas chanzos e me

t /.; Aqestal.

LE CHANSONNIER DE BERNART ÂMOROS

55

5 Ses reipeig dautra merce Sol soffra qen lieis men-

[tenda E qel bel men atenda. H. Ges per negun mal qem

[prenda De samistat nom recre Anz sofraicades mentenda' La pen el dan qe men re 5 Fairem degra qalqe ben Mas non tain qeu lan re-

[prenda Si tôt ses ver qill mes-

[prenda. lU. Mont i consir nueg e dia E no men sai conseillar Pero si sesdeuenia Gran talent ai can baizar 5 Li pogues tolr o emblar E si pois sen iraissia Yoluntiers lo li rendria. IV. (p. Î69) Ben conosc qieu

[non poiria Mon cor de samor ostar Per ira ni per feunia Ni per autra domn amar 5 No mo cal plus essaiar Caissi con li plaira sia Qieu lamarai tota uia.

V. Qel mon nom es hom qe

[teigna Tan apoderat amors

Qe ges non vol quen reteina

Los plazers ni las bon ors

5 Cauia trobat aillors

Anz vol qede sai mestreigna

Per zo qenô vol nim degnia.

VI. Bella dOna en cui reigna Senz e beutatz e valors Pos suffretz caissim des-

[treigna

Lo dezirers e la dolors 5 Si vais dels plazers menons Mi faitz tan don lois mi

[veigna Sol ca uos non descoueigna. Vil. Cbanzoneta vai de cors

Dir a mi donz qel *reteigna Pos mi retener non deigna.

175

EN PEIROLS

(= B. Gr. 366, 14)

I . Dun sonet vau pensan Per solaz e per rire Qeu non chantera ogan Estier per mon consire

5 Dont mi conort chantan Camors mauci desroai Car ma trobat verai Plus de mil ' autr aman. II. Las con muer deziran Sos hom e sos seruire Qieus iria celan Maintas ves men azire

5 E die per maltalan Qe totz men partirai Aquei mezeus trop lai Mon cor on eran tan. m. Ges per autrui nol man La ren qe plus dezire Qeu mezeus tan la blan No len auzi ren dire

5 Anz can li soi denan Mal tas vetz can seschai Die dona que farai Nom respont mas gaban. IV. Sivals* vai daitan

Qe ges nom pot aucire A tan onrat afan

« c. en : men renda « l,: qet, Z. : nul /. : Sivals bem

&6

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

Ni ab tan bel martire 5 Catal donam coman Qes la genzer qeu sai Bo8 mes lo mais qeu trai Mas il na pechat gran. V. Si ' oilh el cors mestan Vas leis caillors nos vire Si cades on qeu man La vei e la remire 5 Tôt p^r aital semblan Con la flors com retrai Qe totas viai yai Contrail soleil viran. VI. Si marnes ni^ tan ni qan Ja for eu totz iauzire Sapchatz nO es dengan Qe souen en sospire 5 DOna per oui eu chan Una ren vos dirai Saquest vostrom dechai AntaP auretz e dan. VIL Chansonetta ab aitan Dreit a mi donz ten vai E digas li sil plai Qe tempr«nga et chan. VIII. (p. 170) Damor ai fin talan Ë fin dezirer nai E ia daqui en lai On plus no men deman.

176

EN PEIROLS (= B. Gr. 366, 20)

I. Mentencion ai tôt en un

[vers messa

Con valgues mais, de chan

[qieu anc fezes

E progresser que miels fora

[apreza Chanzonetta sieu faire la

[volgues 5 Mas chantars tom a leuja-

[ria E bon vers qi far lo sabia Qes ^ semblan qe degues

[mais valer Per qieu i voil demonstrar

[mon saber.

II. Amors mauci tan ses emen

[apreza Greus mes lafanz el trebails

[on ma mes Tôt na perdut deportar e

[gaieza E sanc nai ioi era non sai qe

[ses 5 Per mi donz suspir noit e

[dia Mi donz cai dig con lapel

[mia Dir lo puesc eu caitan nai

[em poder Mas ill nO vol nim degna re-

[tener.

III. La gran beutat de lieis e la

[drecheza

Non es nuls hom que truep

[lauzar pogues

leu qe pro ' silles bell e

[cortesa

Anz mueir yer leis e noil

[en pren merces

5 Ver qel faz ieu ia trobaria

Autra domna qe mamaria

Mas er sai eu qel reprocher ®

[diz ver

> /. : Li « /. : marnes a /, Antai. /. : Q.a * proi ai * eni reproches

LE CHANSONNIER DE BERNABT ÂMOROS

57

Tostemps vol hom zo qe

[nom ' pot auer.

IV. Ja non creirai qea non la-

[gues conqueza Seu ualgaes tan qe amar

[mi degues Las qe farai amar lai sa

[leis peza E sofDrirai dOna non eu

[ges

5 Mas per merces la pmaria

Qe noil pezel ' si noil plai-

[ria Qe nulla ren nom pot dal

[cor mouer Lo désirer qem destrein el

[voler. V. Emperairis volgra fos o

[marcheza O reina cela qe me ten près E tôt lauer del mond e la

[richeza Volgra eu plus qeu non sai

[dir agues 5 Qe pfraitan non mauciria Mas sa beutatzmauciemlia Car es tan granz e tan sap

[far plazer Son bel semblan car le laira ^

[vezer.

177

EN PEIROLS

(= B. Gr. 366, 6)

I . Camjat ai mon consirer Camger * ai faig damia Don ai fin ioi vertadier M ais cauer non solia 5 E es de prelz sobrier

leu per qe mentiria Car so dis el reprocheir Qui nO troba non tria E qi pren nos fadia.

II . Entendrem fazi amor En folla richaudia En la riqessa auzor

Don mal pnon grat suffria 5 Penas e duns e dolor Si qe tôt io** motîa Gardatz sera ben folor Qe con plus i perdia E miels mi entendia.

III. ip. 171) Per qem sui ame-

[suratz E tien g ma dreita via

Qor qe fes ma voluntatz

Plus aut qe non deuria

5 Ben degr esser castiatz

Fer danz qe men venia

Qe zo es dobla foudatz

Dôme qi nos chastia

Pos conois sa folia.

IV. Lai on ai mon bon esper Matrait amorz em lia

Don nom pueis ni auz mouer Mon consir nuit ni dia

5 Ben pot ma dôna saber Quer eu lam ses bauzia Qe ren contrai seu voler M os cors non pensaria Nil bocha nol diiîa. V. Ara sai eu et enten Qes bona côpagnia Candos samon finamen Per leial drudaria

5 E chascuns tôt franchamen Vas son par sumelia Qe amors non vai qeren Null autra segnioria Mais merce tota via.

« /. : non * /. ; pezes ' /. ; se laisa. cen: Gamget

58

LE CHANSONNIER DE BEBNART AMOROS

VI. E zo sai qestora ben E fora cortesia Qe ia hom non âmes ren Mas zo qe lamaria 5 Preiar seschai es coud Qe mesura i metria Mas sapchatz qi trop sen-

[ten Pois me sembla qe sia Enaegz eustania* .

VII. Leu cbanzoneta plazen Vai ten ta dreita via

A Ueis on iois eiooen Renouella qec dia 5 Digas lim ca leis mi ren Vas la cal part qe sia Car eu non ai ^ talen Del autra segnioria Nis tain qeu plus en dia.

VIII. Miels me val mon bon es-

[peP Ten chanzon dreita via A la bella on qe sia E dil qiel faz a saber 5 Cautra no voil qe sia De mon cors garentia. IX. Oils vos ren e boch e cors Ma bella douz amia De totz bos aibs conplia.

178

EN PEIROLS ( == B. Gr. 366, 27 )

I . Pos de mon ioi vertadier Si fan aitan voluntier Deuinador e parlier Enoios elauzeujer.

5 Segon la fazenda

Couen qeu mi atenda Qe gieinzmi a mestier Ab qieu mi defenda Qe neguns... ' aprenda

10 Mon celât consirer.

II. Demi donz aie de premier Lon veia ^ el dezirer & ab grft esfortz sobrer Mi ten qe ren mais noi qier 5 Mas conque menprenda Mos cors me diz qatenda E sofra e sofrier Ver qeu crei qesmenda Men faz amors em renda

10 Qalqe plazer leuger.

III. {p. 172) Tal vetz es nom

[puesc suffHr Cab mi mezeus nO azir E voill men aitan partir Qen altre domnei me vir 5 Per zo si remuda Malautes. qar miels cuida En altra part guérir Mas ren no maiuda Anz fas loita perduda 10 Cades tom sai morir.

IV. Ai can douzamen dezir. Si pogues esdeuenir Qamors men fezes iauzir Aissi com lam fe cbauzir

5 Trop lai atëduda Mas la flam escOduda ' Es grieus a esmortir Tôt es remazuda Lesp^ranz e vencuda

10 Qem soli esbaudir.

V. Pero ades mi soue Camors deu atrair a se Franc corag a bona fe Miels cab nulla autra re

n. : e uilania * /, : ai ges. /. : non ^^ *c, en: Lenyeia /. : ascenduda

LE CHANSONNIER DE BERNA RT AMOROS

59

5 E cil oDseslanssa' Tota ma desiranza Po8 mon cor sap e re Nom torn e viltanza Caitan col rei de franza 10 Soi eu ries damar ben. VI. E pois autre pron nom te Preiarai lanquar de me Cauzit ai retrair anc se Qe las si ve qis recre

5 E sai ses doptâza Qe ades esp^ranza Qant hom troba merce Dobla lalegi'Aza £1 ioi el benauanza

10 A cel cui esdeue. VII. Dalfi seDZ doptanza Joi e pretz vos euanza Miels camors dO fai me.

179

EN PEIROLS (= B. Gr. 70, 45)

I. Tuit cil qem pregon qieu

[chan Volgran saubesson lo uer Sieu vai* aize ni lezer Chantes qi chantar volria 5 Qeu nO sai ni chan ni via Pos perdei ma beneanza' Per ma mala destinanza.

II. Ailas con muer de talan Qeu nom dorm mati ni ser Anz la nueg can vau iazer Lo rossigniols chant e cria

5 Et ieu qi chantar solia Muer denvei e de pezanza Can aug ioi ni alegranza.

m Amors beus iet^amon dan Cautre pro noi puesc auer Ja mais baizar ni temer Nous qier cadoncs vos per-

[dria

5 Ben es fols qin vos se fia

Cab vostra bella semblanza

Maues tragses desfinanza'.

IV. Damors vos puesc ieu * dir

[aitan Qi ben la pogues auer Res non la pogra valer Certas moût fon bon amia 5 Mas nom duret mas un dia Per qels fols qi ses fer-

[manza Met en amor sesperanza. V. {p, 1 7S) Lemozi a deu coman Leis qi nom vol retener Oimais pot il ben saber Qe vers es so qeil dizia 5 Qen terr estragna niria Pos dieus ni fez ni fianza No mi val ni acordanza.

180

EN PEIROLS (= B. Op. 366, 9)

1 . Cora qem fezes doler Amors nim dones esmai Eiram ten iausent e gai Per qeu chant de mon pla-

[zer 5 Car ai plus rie ioi conquis Cami nous taignia Per qe mos chanz sumelia Cumelitatz menreqis.

^ c. en: seslaussa. » c. e;i ; nai > Z. : benôanza prec » /. : desflanza /. :Jpuesc.

60

LE CHANSONNIER DE BERNA RT AMOROS

II. Mi donz merci e grazis Del benananza qeu ai Ni ia loblidarai

Los plazers qem fes nim dis 5 Qen mi non a mais poder Sill qamar solia Qem plus franca segnioria Voil ses enian remaner.

III. Darenan mer a tener Al reprocher com retrai Nos moua qi ben estai Non farai ia eu per ver

5 Qk^îI flama camors noiris

Mart la nueg el dia

Per qeu remain tota via

Con fai laurs el fuec plus

[fis.

IV. Molt magrad o mabeillis De dos amies cant seschai Qe samon dun cor verai

E luDS laltre non trais 5 E saboD luec e lezer Gardar tota via Que lur bona compaguia Non puesc enoios saber. V. Souen lanera uezer La plus auinen qeu sai Sil deuinamen qou fai Nom avengues a temer 5 Pero mos cors es aclis Vas leis on qe sia Qe fin amors ioing e lia Cor part' loindan pais. VI. Ser outra la cros del ris Don nuls hom non toma sai No crezatz qem pogues lais Re tener nuls paradis 5 Tant ai mo voler assitz 0 ma douza amia Que senes leis nO poiria Nul autre loi retener.

Vil. Chanzos oimais potz rener* Vas mi donz ta uia Quen sai be qii«la volria Te auzir e mi vezer.

VIII. Dalfi sauzesmon voler Dir a ren qe sia Tant am vostra compagnia Qe vos en saupras lo ver.

181

EN PEIROLS (= B. Or. 366, 34)

I. {p. 174) Tuit mei dezir son

[damor e de chan En aqti^tz dos mestiers gais

[e certes Aimonengiene moncoratge

[mes

E pois amors ab douz pla-

[zers menanza

5 deu esser mos chanz fis

[e valenz Qar tant ma faitz ma dona

[ries couenz

Per qa totz iomz viu en

[bona esperanza.

II. Maltraitzdamorno sera' tan

[granz Qautre dos mais noi estec

[cals qe bes Qtiestiers nO crei qom suffrir

[la * pogues E qan seschai com na gran

[benananza 5 Ja tan non er segura ni

[plazens Cades noi trop, angoisses

[pensamenz

« /. : part de * c. en : tener. ' /. : s. mais /. : lo

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

61

Qttestreignion lo ioi e lale-

[gjanza.

III. Qant ieu premier la vi mi

[plat ' aitan Qe de mon cor retener non

[poic ges Totz fo a leis. & enqera

[si 68 Moût i trobet amoroza coin-

[danza 5 E grâ solatz e fin enseigna-

[menz Mas si tôt sni de samistat

[iauzenz Qar mes trop loing nai dolor

[e pezanza.

IV. Pero ben sai can se son doi

[aman Fort adirat e lut* es gran

[mal près Pois los plaideia. franchesa

[e merces Molt lor es douza e bona

[lacordanza 5 Cadoncs lur nais nouels

[esiauzimenz Mas ieu no veil qec iom

[adiramenz Mo ioi segur torn en aital

[balanza. V. Envei-s mi donz ai tos temps

[bon talan E lamarai cni qe plassa nil

[pes Caissonon pot vedar neguna

[res Qe can recortsos digtz e sa

[semblanza 5 Con ilh es bell e coinde aui-

[nenz

Tostemps serai en samor

[atendenz Car ieu nO ai en autre ioi

[fizanza.

182

EN PEIROLS (= B. Or. 366, 33)

I. Tôt mon engien e mon

[saber Ai mes en un ioi qem soste Quan mi remembra nim sone Tam bona domnamfai chan-

[tar 5 Adoncs mi deuri esforsar Con pognes far mon chant

[valer Si ben trac greu martire Damor cui sui seruire.

II. Amors ma si en son poder Qel ma fait comensar. tal

[ren Qieu non puesc a mal ni a

[ben Trair a cap plus cal cei

[mOtar 5 Per la genzer com pot tro-

[bar Gardât? sim deuri eschazer Qieu lam tant e dezire Caillors mO cor nO vire.

III. {p, 175) Ieu lam maiz qe

[non faz parer En parli mais qe nos coue E voil qem aucizatz de se Si iaroais men auzetz parlar 5 Ni a dreig semblan deuinar Tan sai cubertamen tener

> /. : plac.

62

LE CHANSONNIER DE

E celar mon albire Ab solatz e ab rire. IV. La nueg qant ieu mi vauc

[iazer

El iom ma in tas vez esdeue

CoQsir com li clames merce

Qant ieu poiria ab leis parlar

5 AdoDcs rao sai ieu ben pen-

[sar E bos motz chauzir e vezer E ma razoQ assire E lai qO sai qe dire. V Lo repprocheirs non diz ges

[ver Qe cors oblida cueils nO ve Anz a ben faillit endreit me Qeu nom la puesc entrob-

[lidar 5 La bella cui non auz preiar Tan tem faillir al sieu voler Per qieu plaing e sospire Ai araors nom aucire. VI. Ai las qeu cudaua auer Galqe pron en ma bona fe On plus sui desperalz ' cre Qe merces mi puesc aiudar 5 Era nO sai aconseillar Mas atendrai lo sieu plazer Grieu er damor iauzire Si non es francs suffrire. VII . El vers na ten^ a dire Ses qi bel sapcha dire.

183

EN PEIROLS

(=:B. Or. 366,21)

I. Moût mentremis de chantar

[voluntiers

BERNA RT AMOHOS

E dalegranse de ici man-

[tener Domenz qeu fui daraor. en

[ben esper Eras. noi vei nom * pron ni

[noi enten 5 Ni de midons mais socors

[non aten Tais desconortz e tais esmais

[me ve Qe per un pauc de tôt ioi

[nom recre.

II. Gran mal mi fes lacoinda-

[menz prtmers Eil bel semblan qe ies non

[eran ver

Cane pueis non puec mon

[coratge mouer

Tuit mei dezir son en lei

[solamen 5 Ni de ren als granz enueia

[nom pren E pos noil platz. qe nai autra

[merce A suffrir mer. lo trebail qe

[men ve.

III. Ja non partrai de leis mos

[cossirers Permalqem fassa* noil pues

[mal voler Car tan la fai senz e beutatz

[valer

Segon lafan folei sauiamen

5 Va fol cai dig anz folei fola-

[men Cancnerceus'qan rilombra

[de se Si bes mori no fo plus fol

[deman *.

t /. ; desesperatz * c. en : ren. < /. : mon - « î. ; f . eu » /. : nar- cissus * {. : de me

LE CHANSONNIER DE BERNART AMOROS

63

IV. Qatressim muer entre loQCs

[dezirers Qem fan souen sospirar e

[doler Fer leis qe ma gitat a non

[chaler

Loing desperans e de re-

[fraingnemen

5 Qesquiuat ma som priuat

[parlamen & eu am la tant a la mia

[fe

Cant vei mon dan les mi

[mezeis non cre.

V. (p. 176) Ben fai cals ver»

[totz mo8 cosseils derrière

Po8 del partir nO ai gen ni

[saber Senz 808 pensars farai lo

[mieu plazer Amaraî leis midonz per tal

[couen 5 Qel cor aurai lamoros pen-

[samen E la bocha terai ades el fre Qe als per ren no lin dirai

[mais re. VI. £ estarai cornai peneden-

[siers Qe ren non qier de zo qe vol

[auer Ai com tarza qieu nom la

[vau vezer Irai lai doncs morir mon

[escien 5 Hoc caital mort amarai ieu

[souen Qestraignamen a gran plazer

[qi ve Se cama fort ia non ai autra

[be.

VII. Lo uers trametmi donz per

[tal couen Qa tôt lo meinz sautre proz

[no men ve Gant lauzira li membrara

[de me.

184

EN PEIROLS (= B. Gr. 366, 16)

I. Ru non lauzarei ia mon

[chan Mais sius agrada ni bons es Lamors qi ma el seu coman En sapchas grat cami non

[ies 5 Car amors me guida e me-

[nanza Si bem da trebail mi * pezanza Eu viu iauzenz. can mor

[aman.

II. Ja drutz non conosca son

[dan Sesser vol sauisni certes Ni fassa parer ni trtan [Qe ren] contra son dan. li

[pes

5 Car cel enqier sa malananza

Qe per orgueil cuida ven-

[janza Père aqi on hom nol blan.

III. Mi donz per sa francheza

[gran Plas qel receup me nome-

[nes* Em fes em donet em dis

[tant Qieu non cuiei com mi val-

[gues

t cen: sai c. ner. * /. : ni ' i, : mon omenes

G4

LE CHANSONNIER DE BEHNÂRT AMOROS

5 Mais er ai paor e doptanza Qe p^?* noncur o per mu-

[tanza

Nom oblit em torn en soan.

IV. Moltfui aut vas qe vai bais-

[san E puesc dir qenaissi mes

[près Com celui qi vai ioi som-

[gniat* E qan ressida non es res 5 On trouarai iamais fianza Ni neguna bella semblanza

Pos qeu* aqesta trop enian. V. Truep die non puesc als qe

[mort man Atendrê bellas merces Que farai donc deserenan Partirai men hoc sieu po-

[gûes 5 Mas mentre mestaucemba-

[lanza Si men luegna desesperanza Sin ' amors mapropch atre-

[tan.

1 Z. : somgniawf •c. en: qen ' c. en: Fin.

E. Stbngfx.

{A suivre.)

I DODICI CANTI

EPOPEE ROMANESQUE D0 XVI» SIECLE

CANTO UNDECIMO

{SuiU)

[R^ 130v®]98. Deh, yedi, Christo, corne la tua chiesa

E data in preda delli rei Tithani Et corne dalla gente Colloneaa Pria, et poi dalli maligni Lutherani Fu divorata, et malamente offesa Da traditori Ausoni et da marani Celtiberi et crudei Thedeschi insieme, Ch* ognam quanto più puô la stratia et prieme !

99. Da quei, che faUamente del tuo nome, Signor, gioiscon, la Barca di Pietro Si corca di somerger con le some Del loro vitio et lor peccato tetro. Et hanno le sae forze tanto dôme, Che qaaai perso haveva il degno scetro. Ma venne Paalo poi ch* in picciol brando Ne fe vendetta, o fatto memorando !

100. Ma corne potrà Paulo qaella fede, Signor, di Pietro conservar illesa, S'alli nemici di tua santa fede Chi solea diffender la tua chiesa Éssi appoggiato ? et, se si è fatto herede Délia setta de Lutero suspesa, Ghi tenuto è di prender Tarmi in mano Per conservarla da Torco et pagano?

5

I DODICI CANTI

1 . Hai lu, Hignor del ciel, gli ochi al chiusi Che non vogli veder tutti i progressi

Che fftnno queî, che la tua chieaa ha eiclusi Da se per li »oi tanti et gravi eaoe»»!? Deh, chi fia che del non poter ti acusi, Signor, purgare questi error auoceBSÎÎ Purgali, aignor mio, quai l'or ai auole Purgar, tu, che sei di giuatitia il aole !

2, Preata tanto favor al tuo vicario

Et fol da morte al men tanto invindbile

Ch' a ciftBchedun, ch' a tuo nome * contrario,

Sia come Oiosnè forte et terribile ;

Ma non, che '1 sol facraa 11 auo corao vario,

Chieggio, aignor, quai vadi, et aei inviaibile,

Ogui aecreto che nel cor dilatasi,

Perché da l'ocbio tuo ïivace guaUai.

103. Di pîù. Volcaoo accende il fuoco Et, BU l'incudin l'infocato feiro Stendendo, luatra tutto il BCuro luoco. Un dei compagni, chiamato Zifferro, La mazzabatleetcoal apocoapoco FaTarrai tutte, etl'altro, Brugiaferro Nomato, acolpe l'albero et il nome Cba Ouerino a. lagge aperto prome.

4. Fatto l'ushergo et tutta la corazza COD l'albero di Qiove dinajizi et dietro. Fa il fabro zoppo ana heu grave mazza Da far ogui lorica un fragil vetro. Non &tta a ogniun se non di forte raiza, Degno d'impero o almen di régal acetro ; Poi fece il Tabro si minuta maglia Ch' a' riguardanli lo vedere abaglia ;

15. Li braccial, ischineri, il gorzeriuo

Coi apalaccie i coiciai, poi duo'apron d'oro, Uno elno perfecttiaiimo accialino Ch'intorno bavea le ghiande d'oro ; Per tutto é Bcritto il nome di Guerrino. Et per cimier vi è una quercetta d'oro ; Di accia' il ecudo a ghiande lavorato Et d'uOB bella quercia in mezza ornato.

CANTO UNDECIMO 67

106. Un brando fece di chi la lama era Délie più belle ch* ochio humau vedesse, (Et tutte fur temprate in Pacqua nera Di Stige, che fortezza tal le impresse Che ogni altre arme parean di para cera Apresso a queste, che la maga ellease, Anzi far fece per il suo Gaerrino)

Et riccamente ornato di oro fino.

107. Scritto havea nella lama il brando altiero : « Pygra son di Guerin sempre veloce. »»

Et vera [mente] fu si amaro et fero Che fu chiamato poi la Pygra atroce. Pygra amara vuol dir, se punto il vero Mostra il Greco al Latino in piana voce, Et fu si atroce il brando et fu si amaro Ch* a chi Thebbe contra gostô caro.

[P*131 ▼•]108. Non contenta di queato ancor la saga.

Perché non sempre un huon si truova armato, Essendo délia ria sorte presaga Che devea baver Gueriin privo del stato, Vollelo inoffensibil con la maga Arte sua far ; a ciô da nuUo lato Habia a patir da pietra, ferro o fuoco

0 legno, lo ridusse alcavo luoco.

109. Et, denudatol, tutto in Tacqua dove Furno temprate Tarmi lo somerge

Fuora che il piè, ch' in man tiene ella, et, Giove Invocando, il fanciul fuor de T acqua erge, Dicendo : « 0 Dio del ciel, se pietà muove La tua immensa bon ta, poichè si asperge Con Tacqua Stigia ai Dei per sempre sacra, Fa che a Guerin sia dolce e agli altri acra ! »

110. Poi diceva più cose in su la conca Ove era Tacqua Stigia, scongiurando

1 spirti délia Tartarea spelonca, Pregando et aslringendo et comandando Che non havesse con lafalce adonca Morte podestà o per lancia o per brando, Nel suo Gerrino, o per legno o per pietra, Giove con li strai di sua pharetra.

68 I LODIGI GÂNTI

111. Et sette volte nel predetto modo Tuffô il fanciuUo nelle incantate acque. Quai poi divenne cosl dure et sodo Quai alla maga divenisse piacque ;

in legDO mai fu tanto fisao chiodo Quanto Guerino in lei, di lei nacqae Figliuol che tanto amasse ella giamai Quanto lui, che di se Tama più assai.

112. Pur per veder se impenetrabil riede Ella Querin, poiehè Tha bene asciutto, Con un coltello lievemente il fiede

In questo et in quel luogo, et praoval tutto Con pietra et fuoco similmente, et vede Che quai statua di marmo si è ridutto, Di che ringratia il padre di Volcano Che col figliuolo le sia stato humano.

[F^ 132 r<^] 113. Doppoi voile esperir Tarmi incantate Et su la incudin col brando ignudo Quai regge aile gran botte dispietate; Et con la grieve mazza pruova il scudo. Onde ne trahe faville si infiammate Che lustra Tantro oscur col colpo crudo. Da Telmo et da Taltre armi ancor trahe fuoco Tal che fa chiar di lume il scuro luoco.

114. Quando ba de Tarmi vista la bontade, La gentil maga i spiriti licentia,

Con patto pur che con celleritade Ritornin richiamati a sua presentia, Et li ringratia con humanitade Lodando i fabri di loro eccellentia. Si parton quei, lassando Popra vaga Alla pietosa, degna et gentil maga.

115. Dentro a un forzier le serba et tanta cura Nlia quanto baver si debbe a gran thesoro, Et ben le cela nella tomba scura,

Più che se fusser gemme, argento et oro, E il fanciuUin nudrir doppoi procura Con somma diligentia e animo soro ; Ma Naparro et Madar privi del stato Pensano ogni hora far qualche trattato.

CANTO UNDECIMO 69

116. Qualche trattato pensano i gerroani Fer discacciar Milon délia duchea, Et fan certi secreti capitani

Che vadino a far genti in la Morea. Havea Milone fatto far christiani Tutti quelli ch' haver possuto havea ; Chi per Tamor di Dio. chi per paura Presa haveaa del battesmo la figura.

117. Fra gli altri batezzosi un Finnadusto Non per amor[di] Dio, non per timorei Non perché fusse più degU altri giusto, Ma per posser più usar del traditore Che non havea di nostra fede il gusto dal bon spirto confirmato il core. Costui segretamente stimulava Naparro et alla guerra il [eccitava].

[F^ 138 ▼<»] 118. Fa far giostre Milon dentro Durazzo Per Talegrezza del nato fanciullo. Pei balli et suon va sozopre il palazzo, Si prende ciaschedun grato trastullo, Fassi in corte di vino un amplo sguazzo ; Délie confetioni è il numer nuUo, Anzi infinito, et cosl in tutti i laoghi Délia cita si fanno feste et giuoghi.

119. Havea Milon per un mese ordinato Tal feste et giuochi, et ei corte bandita Teneva a ciaschedun guerrier pregiato ; E i terrazzani e i forastieri invita Liberamente di quai voglia stato,

Che la cita le par dar di gioia unita. Dimostra Finadusto esser più lieto D'altrui, tenendo il mal pensier segreto.

120. A costui par ch*[h]or sia congruo il tempo Di dar principio al discacciar Milone.

Perô avisar Napar non perde ei tempo

Et con lettere manda un suo garzone,

A piè, senza armi, a quel ch*aspetta il tempo.

Come faceste voi con quel leone,

Con quel leone a chi lassaste el stato.

Et poi a tornarvi il tempo vi fe lato.

70 I DODÏCÏ CANTI

121 . Quando fa il tempo di toraar, tornaste, Signor, et, se non foste a Fabriano Stato tradito da quoi che menaste Infidi, che v* usor si del marano,

Non bisognava che voi consumas te Più tempo nel paese Marcbiano, Che mai non fora stata in la memoria Humana la più degna et gran vettoria.

122. Non si vanté Léon, non Lorenzino, Sir, al dassezzo poi di loro tempre, possedette la duchea d*Urbino Corne in Tanimo suo posséder sempre Si crese, che *1 valor vostro divino Arditamente dimostraste, e, mentre Stesti in campagna, deste da pen8ar[e] Ai popul tutti da l'un Taltro mare.

[F« 133 r»] 123. Hor Finadusto avisa in la cittade Posser entrar ben venti cavallieri, Di quai si voglia lontane contrade 0 di propinque, a dimostrar gli altieri Animi invitti et lor alta boutade Ne Tarmiggiar, el cor gagliardi et feri, Et che egli venghi et che egli meni aeco Qualche guerrier perfetto o Turco o Greco.

124. Naparro il Turco sta gioioso et lieto Dentro Dolcigno che U fratel possiede, Cui dimostra la lettra e âpre il segreto, E loda Finadusto di sua fede ; Rimanda il messo coi bei duon quieto, Et scrive a Finadusto et lo richiede Che non H manchi mai, che verra presto 0 a rihaver la patria o a far del reste.

125. Poi se ne va a truovar Astiladoro Subito in poste, e il tutto aprendo scuopre, Et senza far colegio o coneistoro

I^dalo ad eseguir tutte queste opre, Offerendole genti, argento et oro, Per mandar i christiani indi sozopre ; Et detteli un figliol per capitano Et per compagno chiamato Ottomane.

CANTO UNDECIMO 71

126. Era valente cavallier costui

In arme et in consiglio et molto altiero. Aconipagnato che si fu con lui, Naparro diventô più forte et fero, Et erano valenti anco amendai, Che disprezzano ogni altro cavalliero. Pur tolgono diciotto in compagnia Ch* havean gran nome in la cavalleria.

127. Et quai dui servitor, quai tre ne piglia, Homin perô ne Tarmi signalati '

Corne se fusser tutti una famiglia. I cavallier sopra gli arcioni armati Ne van verso Durazzo a lenta briglia, Et son settanta tutti anoverati ; Ma, signor mio, di lor tutto il soccesso Ne Taltro cantar mio vi sarà espresso.

Ferdinand Castbts. (J. suivre.)

IV DOCUMENTS SUR LES RELATIONS

L'BMPBREUR MAXIMILIEN £T DE LUDOVIC SFOBZjL

[BuUé)

11

Marcheaino Stanga an dno de Milan

(Insprach, 3 mai 1499)

lll»*etex"'Hignoremio ob»er"*, heri arrivai in questolocoscontrato fora de la terra dal R. do prepusito de BrixiDaet M. GualteroStradion, quale de ordioe de qiiesti signori repenti e coneilieri me venerouo in- contra e[ accorapagoorao fia allô allogiameoto mio. Queata matlina ho visitato IL predicti Regenti in nome de la E. V. e declaratoli quanto haveva io commiaiione. De la quale visitatione ciim parole molto ac- commodate et amorevole hano rjngratialo la E, V., dirooDatrando reco- gnoacere bene non aolo la obaervantia aua verso la Maeatà Cesarea, ma le opère et effecti quale reusciacono da epsa ad beaallcio de la predicla Maeatà.

El vescovo de flrixina non si tiova qiia, ma e ad Briïinooo ; per il quale loco egaendo io paasaCo nel venire mio qua, et havendo inleao chel ae ritrovava li aîquanto icdiaposto, andai ad vieitarlo in nome de la E. V. ; e li uaai tiitte quelle amorevole parole che judicai ad propo- ■ito per certificarlo bene de la diapoailiooe BÎncera de la Ex. Vra veraola Maeatà Ceaarea e dell' affoctioueche particularmente epaa ha alla peraona de aua Sigiioria. Non poteria eiplicare oum quanta tene- reia el me ricolae, e quanto ae dimonatri servitore alla Ex, Vra. Le nnmlB >,.a f.irono ultimamente che la Ceaarea Maeati unicamente

TA., e aipeva cbe poche persone eranoamate piùda S.

ilo che epaa ern.

irivere qualcha coanala E. V., de quello che in quealo

eso de la Ceaarea Mae^ta e de le occurentie de qaeata

MAXIMILIBN ET LUDOVIC SFORZÂ 73

gaerra, ma essendo arrivato uno cavallaro expedito da Augustino qnale vene a la E. V., et havendo aperto le lettere et inteso più chiara- mente li avisi di quelle cose, me ne remetto ad quello che lai scrive ; sapendo che ritrovandosî lui in facto, el scrivere suo è più fundato sopra el vero che non poteriano esser li avisi miei, quali non sono itMt de audiiu, Questo non omettero già che non è toccato da Augus- tino, como, etc '

12

Ludovic Sforza à Giovanni Colla ambassadear milanais en Allemagne'

(MUan, 5 mai 1491)

Zoanne, dal cavallaro quale arrivô heri matina, havemo recevute le tue de* 24 e 26, et inteso quanto ne scrivi, restamo molto satisfato

del officie per te usato Con medesmo studio continuarai per havere

tona e vera noticia de quanto occorrera alla giornata et tenercene avisati partie ularmen te. E perche volendone tu avvisare di cessa alcuna secretamente el possi fare, te mandamo uno scontro de zifra cotno hai domandato, del recevuto del quale ne darai aviso; accio sel ne occorrera ancoranoi volerti scrivere cessa coperta,el possiamo fare; le poste non ce pare di mettere perche non vorriamo dare suspec- tione a questi Alamani de qua et mettere a periculo che le lettere pas- saado per Monhraia fossero intercepte.

A quelli rev'^ emag<^ regenti, perla risposta quale te hano facto, dirai

che non se punto de la observantia et amore quai se per-

Buadeno portamo allô Ser. mo Re nostro, quale è tanto che non porria essere maiore ne più cordiale, e che intese le due peticione ne fano, alla prima dicemo che havendo noi mandate nostrinuncii a Coyra et a* Suiceri. con la commissione che hano inteso, con significatione del desi- derionostro che le cosse se agenisseno, et ofierirli, se li parevausare, Topera nostra, non sapessimo che consilio dare aile loro Signoriesenon che, essendo epse prudentissime et havendo avisato dil tutto laMaestà Cesarea da la quale rasonevolmente deveno hora havere resposta se

* Milan A.d.S. Poterne Entere. Get^mania. Copie. «Exemplum littera- rum D. Marchesini Stange ad illustrissimum. D. ducem Mediolani. La suite de cette lettre est imprimée par Motta, Battaglia di Calven e Mais, doc. IX.

s Blilan/6<(i. Minute originale. Peut-être inachevée: le texte remplit exactement quatre pages et finit au bout de la quatrième.

"rt MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFOBZA

reaiettemo a loro, « la malio sapeasimo che dirli al fariuao como lel

foBBB DOBtro iatereasa parCiculara.

Quinto alli SOm. fiorini de Reno.quali ne domandano ia praaiito, dirai cha voluntara Tomamo trovarce in tentiini de posaarli in tutto aatiafare e che ae ban aismo in le guerrs e spese graviiBime cha «ai, co- mo De scrive havarli declaralo al le dirai de nova, nondimeno é laie la obaervantia noatra varao la CeaareaMaestà,(conlafartuQa da laquale è lempre atato et è in noi propoaito firmiaaicao de haverli accompa- giiBlaIanostra),die ae ben Don poBBemo havere tutto quello vorriamo a aa aforzamo fare più cha posaiamo e aiamo contenli prasCarli per adeBBo 12 m. fiorini de ReDO, a termino fin a Nntala, qaando le coase non aiino assetate et ae continui la guerra : ma li pregarai voglino (anere in se la cosaa sacretiaaima, et essere contenti per aatiafactione DOBlra giurara di non laBBarla ioteDdera ad alcnno altro aa non alla Maeatà Ceaarea aola, per evitaro el periculo e maie quale se ne porria hora aeguire, quando Orieaaî e Suiceri lo intendessino ; U-ovandoDe doï haverli coufinaoti al atato noatro in tanti loci quanti tu sai, con faci- lita de voltarae a noatri damni; a per queatQ, acio elle in lo dara qnaati dinar! non ae BcoprisBe la coaaa, voglino vedere ael fuaae qaaado a Milano qualche nercadante o altro per meso del quale ae li poaaÎDO fare havere secretamenU que b ti deoari, quai i ooili daremo, o che altro modo li pare aervare acio ood ae posai intendere. Advertendo le SigDorie sue che per la reatituliona ne ailuo mandate obligaUona in Dome da la Ceaarea Maeatà e di quello conailio de Hispruc, como ce bai acripto eaaerte da loro offerte, al ce na li ricercarai a fare ; dican- doli appreaao che vorriamo al coasi pregamo le Signoria loro ad ponerquaDdooccorreeaechequeatiAlamani inlendasaiuo l'aiuto noatro coDtra loro e per queato na rooveaaeno guerra, epae aarano in noatro aiato: subjungendoli tu che quando N. S. Dio ce facia gratia che la coaae da qua se acquetino e aucceda lo accordo de le coaae de Piaa, par lo quala lo ill.mo a"* duca de Ferrare va de preaente a Venetia et înaieme oratori âorentini et uno noatro, anche noi uaaremo ogni studio âdo reoac.— aequelli movimenti contra la Uaeslà Ceaarea.

13

L'ImpAratrioe Blanoft Harla ft. I>adOTlc Sfarsa *

(Pribourg, 4 mai 1499) Bianca Maria, ele. III. me priDcepa patrue, etc. Per baver nui uaato para del honorcvolcpratc Zoanne de Tonsia, prepo-

Sriginal.

MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFOBZÂ 75

sito de Gallerate, in sollicitare a Roma expeditione nostre spéciale et anche denostri familiari, equellatrovatapromptaefidele, meritamente loamiamo e siamo inclinatead favorirloia ogni suo honesto desiderio. Per tanto, intendendo como lui desidera haver licentia de la Sig. di posser aaar in Milano de le expectative per esso impetrate,ce parao ricomandarlo a quella ; e cosai la exhortiamo et pregamo che, a com- placentia noatra, gli ne voglia compiacere; persuadendoaiche, pet* easer dicto preposito peraona ben mérita de nui, concedendoli la Y. qoesta spécial gratia, ne fara coaa molto grata.

Ex Fribnrgo, iv maii 1499. 6e. Oadius.

14 Le doo de Milan à Mazimilien '

(6 mai 1499)

Questus est graviter apud me Eneas de Gerenzano, filius Nicholai, civis et mercator noster mediolanensis, ablatam fuisse superioribus roensibus ex locis Francie per Nicholaum Stand, nuncupatum Felicem de Nerimbergo, subditum sacri imperii, certam pecuniarum quantitatem ipsius mercatoris mei, et ab eo nunquam pecunias ipsas consequi po- tuisse; et prseterea supplicavit mihi ut eum Cesaree M.ti V.re pro ea- rum aasecutione comendem ; itaque cnm mihi obscurum non ait quod displicent M.ti V.re quse indebite fiunt, hune mercatorem meum et quantum enixius possim comendamus, rogamusque eam ut ei, jusiicie causa et mee intercessionis respectu, imperare dignetur ut comperta veritate crediti hujus mercatoris mei contra ipsum Nicholaum de No- rimbergo, ipse cogatur ad eam restitutionem sen satisfactionem quaa justaet conveniens fuerit, una eum legitimis impensis, sicuti Majesta. tem Vestram facturam plane confidamns.

15 Ludovic Sforsa à sa nièce Bianca Maria *

(Milan, 9 mai 1499)

Sono avisato che la M. V. hascripto al R.mo et ill.mo s.revicecan- cellaro mio fratello et ad altri, in favore de uno per la coadiutoria in

1 Milan. Ibid. Minute originale « Ser"'** régi Romanorum ». ' Milan. Ibid. ; minutes originales, c Régine Romanorum. »

76 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

lo vescovato de Gurza, la qaale è stata promissa al exe. M. Petro da Triesta, adinstaiitiadelser.mo signore Renostro,86 bendopoi el cardi- nale Gurcense, quale sponte haveva domandato coadiutore, se sii mu- tato ; delche la Cesarea Maestà nonè mancato de opéra alcunaper fare fare la expeditione in M. Petro, e non volendosi incHnare el cardinale, epso ha facto tore in se li fructi del dicto vescovato et li fadarea M. Pe- tro. Credo se la M. V. havessehavuto noticia di questoinche è firmata la volunta de la Cesarea Maestà, non haveria scripto contra M. Petro, si per conformarse ad epsa, si per esser M. Petro bon servitore et affec- tionato a V.Maestà, et anche per respecto mio, sapendo quanto Tamo e quanto li sono debitore. Et pero, ultra quelle chel ser.mo signer sac consorte ha più vol te scripto a Roma per M. Petro, corne ho facto ancora io et opéra de continue per fare reuscire questo effecto, prego la Maestà Vestra che vogli scrivere al p.to signer vicecancelaro et alli altrî a chi havesse scripto per alcuno circa dicta coadjutoria,chel ha facto non intendendo quelle chel ser.mo sue consorte ha scripto per M. Petro, e che non volendo lei se non quelle piacea sua Cesarea Maestà anzi desiderando con epsa che M. Petro la habia per lamor li porta, pregi se vogli fare omne opéra acio non se differischi più la expeditione di epsa coadjutoria, et in questo la Maestà Y. fara etiam a me singulare piacere.

(Milan, 12 mai 1499)

Non ô stato fora de la expectatione nostrache la Maestà Vra se sia recordatade nui,giuncta che lafu al ser.mo signer sue consorte e mio signore, e che Ihabia facto quelle bono officie quale me scrive, per- che Tamore quale sempre li ho portato me fa certo de dovere expec- tare da lei bona correspondentia e pero resto consolato de tuto quello che la mi ha scripto, certificandomi del bon anime de la Cesarea Maestà verso mi, alla quale io ancora sono per esser sempre obse- quentissimo. Ringratio la Maestà Vra del bono officie sue e pregola quandoli accade la opportunita ad continuarlo, perche la sene trovera sempre ben contenta [e se di qua li e cosa che la desidera non mi po fare magiore piacere come di ricercarme, perche me sera sempre grato fare cosa che li piacia, e cosi expecto per la proxima caval- cata la mi ricerca de qualche cosa] ^

« La partie entre [ ] est d'une autre main que lo reste de la minute, et d'une écriture beaucoup moins lisible.

MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA 77

16

Ladovie Sforsa à Marchealno Stanga i

(MUan, 14 mai 1499)

M. Marchesino, havendo noi mandato el nostro in Ast per quella differeDtia de Astesani cum Genoesi, quale, como seti informato, cercamo de assettare per via de compositione, epso ne ha mandato li iaclusi exempli de lettere scripte da Tedeachi a M. J. Jacomo, e ne ha scripto oQo discorao factoli de epso con significatione de avvisi havuti de Franza^como ai contene in la copia similmente qua inclusa. Del tutto fareti participatione alla Cesarea M. ta, secundo havemo facto noi qui al R. M. Petro, e li direti che, quanto al discorso de M. Jo. Jacomo, non gli facemo gia significare, perche la veda li stimulî havemo de accordarsi col Re, col quale non porriamo fare tanto bene che non lo chinassimo inante, essendo lo immutabile proposito nostro de seguiresolo la volunta de sua Cesarea Maesta, ma perche da la persua* sione quale voria fare M. Jo. Jacomo ad dicto accordo vedesi Tanimo suo, echeseben cognoscemoel periculo inloqualese mettemocumFranza, essendo el Re di la mala dispositione e proposito che se sa di famé contra, et havendo dal altro canto Suiceri e Grisani indignati verso noi, como da ogni canto siamo certificat! e voi vedereti per li avisi vi mandamo per questo cavalaro et in scripto per li predicti exempli, in liquali se cognoscera le minatie quale fin adesso ne fano per la prohibitione li havemo facta de le victualie e per le altre cosse facemo per la Maes ta Cesarea corne non diremoessendolinoi deTaffec- tionee servitù che siamo et havendo havuto questo stato da lei, siamo anche per exponerlo ad omne periculo, non havendo rispecto alcuno ne a minacie de Francesi ne de Todeschi ne de altii ; e lo facemo e per lobligo e per amore, confidandone che non manco amorevolmente la M. ta Sua non habia in qualuncha travaglio ne occorresse abbando- name, ma conservare galiardamente quelle ne ha date. Ce pareria ben e molto a proposito e ce saria gratissimo che epsa in questa dieta se ha fare a Uberling facesse in nome de S. Mtà e de tutti electori ne fosse scripto, demonstrando che, sapendo quanto siamo afiectio- nato e bono et obsequente principe del imperio, ne amano, et che facendo noi quello che facemo in questi movimenti como siamo stati ricercati li e gratissimo e ne certificano e prometteno che, da qua- luncha travaglio ne sequesse per questo, ne in altro chi ne volesse

1 Milan. Ibid. Minute originale cD. Marchesino Stange.n

78 MAXIMILIEN ET LUDOVIC 8F0RZA

offendere adesso o in altri tempi, ne haverano sempre in singolare protectione e galiardamente fara al aiuto e defenaione noatra, et pero ce confortano stiamo de bono animo : laquai lettera dirai alla Cesarea Maeslà che a noi giovara aasai e credemo^intendendosi questadisposi- tione e proposito del imperio verso noi, chi ce ha mal anime dovera andare più retenu to et anche in Italia ne dara reputatione; laquale quanto sara maior, sara tanto più a buo proposito*.

La Cesarea Maestà ultimamente ha scripto ad M. Pietro e factone scrivere da Augustino, como haveti veduto ; a, seben estimamo poco necessario replicare piùquesto, non dimeno, la importantia de la cossa ne strengapur a dirlo che di novo pregamo Sua Maestà ad farne intrare in la lega de Suevia et fare che, in qualuncha appimccamento se facesse con Suiceri e Giisani e cum Francesi, noi siamo inclusi e restiamo con sicureza de non havere sentire travaglio c recto de intrare in la liga di Suevia ; el dicemo tanto più che, quando Suiceri facesseno pensiere \di fare ?\ questi moviraenti verso di noi per vin- dicarsi, sapiano che haveriano contra et Suevi et Imperio, e pero fossero necessitati abstenersene.

K perche in dicti avisi e li altri havuti de Savoia,ô significato quello vederetide lo illustrissimo archiduca, noi estimamo esserestato pruden- tissima consideratione de la Cesarea Maestà laverli lassato di la al fine che in dicti avisi de Savoia è giudicato, non di meno ne sara grato ne chiariati bene de la cossa como è, e sel archiduca bavera mandato a far qualche ambassata in Franza como è scripto, o pur solamente parole générale, e si nondimeno sii et habii essere col padre quello che deve, e tutti li di passât! è stato afEermato chel sara celui.

17 Marchesino Stanga à Ladovlc Sforsa '

(Undau, 17, 21, 23, 28 mai 1499)

Ill.mo et ex. mo signer mio obser. mo, la causa per laquale la Cesa- rea Maestà me ha ricerchato è stata, secundo che epsa me ha dicto, per volere declarare et aprire alla E. V. lo intrinseco suo e demonstrar- li che de la conservatione sua e del stato ne la quella memoria e cura che hadeTanimade Sua Maestate e de le cose proprie, e cossi me ha

* Il y a ici cinq lignes effacées par Thumidité.

Milan, A. d. S. Pot, Est. Germania, Dépèches originales. La première (la plus longue) est brièvement résumée par Motta, Battaglia di Calven e MalZy 16, p. xviii.

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significato che, havendo di continao portato amore singolare alla E. V.ra e continuando in questo più che roay, sapendo di certo e vedendo chel Redi Franza è deliberato di occupare el stato délia E. Vra, ha bene coDsiderato ed in se examinato tutti li mezi et modi cum liquali epsa posta redimere questa vexatione, cum assicurarsiper sempre ; et perho, vedendo la Maestà sua che ley ô extenuata per le pressure de le gnerre passate, e per qneste ohe de présente ha con Suiceri, non po per via alcuna dare aiuto alla E. V., como séria el desiderio suo, et sa- pendo che ne per via del duca di Burgogna suo fiolo po dare contrapeso alcnno al Re di Franza, ne dal imperio se po expectare soccorso alcuno, (perche, se bene la Maestà sua è imperatore, non di mancho ha solum lo titulo et la dignitàet non la obedientia), dice non vedere altro remedio quale sia apto ad poterla salvare, cha a fare lega e confederatione cum la liga de Svevia : la quale essendo de la potencia che è, et havendo de présente con questa guerra che ha con Suiceri, tutta volta che la E. V.siacoUigata seco,oltra che la ruina de Suiceri se possa tenere certa, quando accordio havesse mai ad seguire, sera cum conditione tanto ferme et stabile che el Re di Franza non potera mai valersi de Suiceri ; et quando Suiceri non attendessero le conventione, sera talmente capi- tulato euro la lega de Svevia che mettendosi Suiceri alla offensione del stato de la E. Y., la Lega li movera sempre guerra ad loro ; extendendosi la Maestà sua sopra questo molto longamente, cum dire che non saperia se non confortare et amorevolmente ricordare alla B. Vra ad fare questo effecto, senza el quale si como epsa posseva tenere certa la ruina del stato suo, essendo el Re di Franza de la potencia che è, cossi facendolo posseva assicurarsi de havere remedio al caso suo et estimare de liberarse del Re di Franza e de' Suiceri in nno tracto, perche Francesi senza Suiceri non erano homini da fare impresa, et havendo Suiceri contrapeso de la qualita che è la lega de Svevia, havevano de gratia ad remanere in casa et cultivare li paesi loro, senza cerchare stipendie ne movimenti de guerra, e cossi sopra questo la Maestà sua volse che io scrivesse quelle li pareva se havesse ad fare per venire a lo effecto de questa liga. La quai scriptura io feci secundo lo ditato de S. M. e sera qui alligata ; e finito che io la ebbi, epsa me disse li volesse declarare quelle me ne pareva e quelle me persuadeva che la E. Y. dovesse fare. Al che io respose : che esaendo questa una propositione de la quale non havendone la Ex. Vra noticia alchuna, non me ne posseva etiam havere parlato ; non sapeva ne posseva fare judicio de Tanimo etintencione sua, per quello mo che ad me occorreva improvisamente, diceria che la E. V. inten- dendo la cura e studio quale metteva la Maestà sua alla conserva* tione del stato suo, questo séria collocato appresso al cumule de le altre infinité et immortale obligatione che la E. V. si senteva havere

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alla Maestà sua, non dovendo easerede minore conaideradone appreaao ley che la cerchaaae conservarli el atato che el rispecto de havergelo conceaso. SabjuDgendoli che, se bene la MaeaU sua diceva de non potere dare aiuto alla B. Y. alchuno, non dimeno epsa aperava, ed io me persuadeva che tutto quello la potesse fare e cum la forze e cum la auctorità, lo faria; et descendendo poi al particulare de le conditione di queata legs, io disse che, se ben sapeva che la E. V. vederia volunteri et coDsideraria le propositione di sua Maestà, nondimancho quanto ad me le giudicava impossibile e periculose ; impossibile perche, havendo la E. V. Francesi aile spalle, la nécessita la stringeva ad prepararsi senza dilatione et ad dovere provedere aile gentedarroe sue ; e prove- dere alli denari che la Maestà sua tocha in le propositione, sapeva certonon esserli modo ne via periculosa; perche, essendo Suiceri de la natura che sono e tanto viciai alla E. V., quando epsa facesse démon, stracione de arme contra de loro, poteriano munire li loci quali sono verso Sua Maestà per stame sicun, e de Taltro canto mettersi alla offensione de la Ex. V. ; laquale séria de tanto magiore momento quanto che da una banda se trovasse havere Francesi in casa e de Taltra Suiceri; concludendoli che, per intrare in la lega de Svevia, sapeva che la E. V. ne séria contentissima quando la potesse intrarli cum le condicione e qualità che li sono ioclusi li altri principi ; e più oltra li affirmava che, quando la S. M. parti cularmente volesse cosa alchuna de la E. Y», se senza essere ricerchata epsa haveva subvenuto li soi in questi bisogni, moito mazoremente et più voluntera lo faria, intendendo la volunta de Sua Maestà. Ad questa mia resposta, epsa repiicô che ley per lo peso de questa guerra de Suiceri, non poria aiutare la E. Y., ne de Burgogna ne dai Imperio bisognava che epsa expec- tasse succurso alchuno ; che, quello la poteria fare cum la auctorita lo faria, si corne faria cura le forze quando potesse, ne per el particulare suo voleva cosa alchuui ; perche se la E. Y. li desse denari a ley tutta- volta che li occorresse bisogno di essere aiutata, non possendolo fare la Maestà sua se reputaria a grandissime caricho havere tolto li soi dinari e non aiutarla, e perho che ad questa lega confoi*tava la E. Y. per bene suo e non per altro rispetto, dicendo che se Francesi li movevano guerra, bisognava che la spendesse e stesse in periculo de ruinare ; e se adesso spenderia bene unopocho foradel bisogno suo, ne posseva expectare securita, et farelo quale sentiria omne di crescere ad magiore beneficio suo. Et havendoroi la Maestate suarichiesto chel parère mio quale li haveva dicto ad bocha lo volesse mettere in scrïpto, perche lo potesse examinare, io lo feceetseraqui incluse. Et havendolo la M. S. tenuto uno di,me mando poi a dire per el Langh che per omne modo persisteva nel proposito suo, che la E. Y. facesse quello che epsa li ricordava e proponeva.

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Inqoeito rasonamento havendomi la Maestà soa resposto che quello poteria fare ad benefitio de la Ex. V.ra. cum la auctorita lo faria, m parse ad proposito tocharli due cose ; Tuna sopra el particulare de lo Papa, e Taltra Bopra la venuta de quattro ambasatori firancesi qaali aspettaS. M. Ë quanto a le cose del Papa, li disse che epsa do Tevahavere inteso le praticbe quale erano state fin qui corn Sua San- tiU per tirario al benefitio de le cose de Italla e fare lega cum Sua San- titàjRe Federico, la B. V.et Piorentini, e che havendo di continuo dato bone parole e da Taltro canto soUicitato el Re di Franza alla impresa de Italia, e continuando in questo più che mai, se bene se era fia qui expectato de intendere la finale dispositione sua, non di maucho s'ô era anche pensato como poterli levare el modo e la via de fare maie, qaando se vedesse che oltra chel sia instrumento de la ruina de Italia, Tolesse mettersi alla executione del suo malo animo e perho che ha- vendo la E. V. consultato insieme col Re Federico la provisione neces* saria per assicurarsi de Sua Santità in caso che Francesi passasseno in ItaUa, giudicavano et havevano rasonato sehavessino ad temptare le arme spirituale e temporale per levarli Tadito di far maie ; e quando al spirituale, havendo lo Re di Spagna facto quelle che la Maestà sua doveva havere inteso, se la Maestà sua cum lo imperio facesse lo mede- Bimo, pareva potesse cedere ad grandissime proposito per moderare li desordinati appetiti del Papa. Quanto al temporale, eravano in pen- siero, como se mettesseno Francesi adpassare, de assecurarse de sua Santità cum la forza, e deliberando la Maestà sua mandare homo ad Roma, se epsa mandasse homo de auctorita et armigero» quando havesse facto la opéra spirituale e non giovasse, poteria ad nome de S. M. e de lo imperio mettersi alla execntione del temporale cum le gente del Re Federico e de la E. V., che séria senza spesa de Sua Maestà, e tntta la reputatione séria la sua e del imperio ; cercha la venuta de li ambasatori francesi, li disse che, essendo per li avvisi venuti ben chiara la mala dispositione loro contra la E. V. et quasi in facto le preparatione sue, la Maestà sua posseva declararli che intendendo e vedendo quello se voleva temptare contra Milano, li certificava che cum la persona propria e cum la forze sue e del sacro imperio, era per pigliare la protectione de la E. V., lassando tutte le altre imprese da canto, e che non seriano tanto presto alla offensione sua, che cossi pres- to la Maestà Sua non fusse e cum le forze e cum la persona in aiuto del stato de la E. V. Et in questo li rechay el rasonamento facto in Brerà col Rdo M. Petro da Trieste, ricordandoli che adesso séria lo tempo e la occasione, magiore che maj in alcuno tempo se potesse expectare, de moderare la ambitione de Venetiani et ampUare la dignità e stato de Sua Maestà cum farU intendere che la B. Y. non havendo ad guardarsi indreto fana cognoscere alla Maestà sua quanto

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82 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA

la desideri la exaltacione sua, e cum qaale forze et vigore aiutaria questa impresa, disiinguendoli la facilita d'epsa impresa cosi per la nécessita ne laquale se trova la Signoria de Yenecia, anichilata de denari, de gente darme e cum lo timoré del Turco, como per la via quale haveria la E. V. de mandare le gente d'arme sue fin sopra le porte di Verona, e perho che in questa venuta depsi ambasatori fran- cesi doveva vedere se la posseva introdure qualche tregua per doi o tre anni col Re de Franza la quai fusse de qualita che la Ex. V. potesse stame secura ; e poi la M. S. se mettesse in questa impresa perche gli ne reusciria tal fructo che quando poy la volesse fare contra el Re de Franza, haveria tanti aiuti e modo da per se che quelle poteria essere difficile adesso séria facile ad allro tempo.

LaMaestà sua, sopra le cosedelPapame respose che le opère diSua Santità erano veramente aliène da quello chel debito del officio suo recerchava, ma che, trovandosi adesso epsa in questi frangenti de guerra, non li pareva de irritarsi el Papa, ma expectare de temptare lo spirituale in altro tempo ; la quale cosa confessava spectare al officio suo e volevafarlo; equantoa temptare el temporale, disse che, facen- dosi movimento de arme contra el Papa, judicava fusse bene consi- derare che questo non movesse più el Re di Franza alla perturbatione de Italia, quali potevano pigliare colore de fare contra la Ex. V. per aiutare el Papa ; cercha la venuta de li ambasatoii francesi, la Maestà sua molto largamente rispose che la faria lo efifecto per me ricordato, in farli intendere che la era per mettere la persona e le forze per aiutare e defendere la E. V. E quanto al procurare de fare tregua per faretquello altro efiecto, me rispose che Francesi cento volte le bave- vano ofi'erti partiti grandissimi e volevano lassarli Venetiani in preda, lassando la Maestà sua la E. V. e che may li haveva voluto consentire ; cum dire che, quando de novo volesse attendere aile propositione sue, lo fariano più che mai, ma che la intencione sua è sempre stata et è de non lassare V. Ë. ad discretione ; et se bene sapeva che parlando de questa tregua non ne cavaria el fructo che la E. V. desidera et lej voria, non dimeno lo voleva temptare de novo, dicendo che e questo e tutte le altre cose quale potesse fare per dimonstrare la grandeza del amore suo alla Ex. Y., lo faria promptamente et de bon core, tochando in fine che questo che haveva proposto de la liga era la salute sua, e ch*io dovesse da parte de S. M. significarlo alla E. Y. ; in bona gratia de laquale continue me ricomando.

Ex Lindo, 17 mai 1499. Exc.me 111. me Dominationis vestre minimus servitor

Marchesinus Stanga.

MAXIMILIKN ET LUDOVIC SFORZA 83

Poêtêcripta: Sopraqueste propositione de la Cesarea Mae8ta,io ho resposto qoello che la B. V. vedera, e me è parao depingerle impos- tibile e periculose ; perche, oltra che cossi sia el débile judicio e vedere mio, lo haTere da me împroTvisamente risposta in questa forma, dara mancho carico alla B. V. in non acceptarle quando non 11 piaciano, como credo non farano e perche nel scrivere non si po cossi extesa- mente dittinguere tutti li rasonamenti, ho anche parlato in modo che la Maesta sua non resta se non bene edificata de la Bx.tia V.ra; 6 qaando epsa non acceptasse gia quelle che ha proposto, credo non habia ad restame con mala opinione, excusando la cosa cum quelH modi e termini che la B. V. per la prudentia sua sapera fare. lo uon sono volute intrare in meriti de pratichare questa cosa per abazarla, axio la Maestà sua non si fusse persuasa chio havesse el parère de U E. V. in pecto et havesse voluto merchantarla, benche più prin- cipalmente lo habia facto per non parlare ne pratichare quelle de che non ho commissione, e perche nel parlare mio propose alla Maestà sua, se particularmente voleva cosa alchuna,lo déclarasse che U Ex. V.ra lo faria. lo ini mossi ad questo per le varia fora di questa propositione, e tractare cum lei quella offerta che me haveva commisse la Bx.tia V.ra li dovesae fare, ma havendo la Maestà Sua dimonstrato essere in tutto aliéna da questo, se ley vora mo con- vertire quelle ch* io doveva offerire in questa propositione e fare o piu 0 meno questo stare allô arbitrio e deliberatione sua, havendo ad essere le parte mie, sforzaromi cum quelle pocho ingénie che Dio et la Dttara me hanno date de satisfare allaB. V., laquale, sein quelle che fia qui è stato tractato, restasse pocho satisfacta, ascrivera el tutto ad ignorantia et non alla dispositione mia ; laquale in le cose de la E. V. è quella che deve havere une chi lo essere sue ricognosca da chi lo ha ha va te dopo Dio.

Questo posso certificare alla Bx. V. che sel acordio se fara mai corn Snjceri, epsa li sera inclusa per havere serra te le vie tuai ie secundo Tordinatione e volunta del imperio ; et appresso, sel se havera per alcuno ad fare praticha di questo accordio, la Bx. V. lo fara o in- tenrenerano segni soi al tutto, perche cossi me ha certificato la Cesa- rea Maestà; laquale, per quanto posso comprendere e conjecturare de Fanimo e dispositione sua, non ë per fare ne cerchare accordio alchuno se prima non prova in qualche bona bataglia quello possa sperare di questa impresa, et benche el Langh dicesse ad Augustino Somenzio che la Maesta sua era contenta che la Bx. V. ra ne disse qoello la possevafare in la praticha de questo accordio; nondimeno iotrovo la Maestà sua alienissima da questo, salvo se extrinseca- meate non dimonstrasse una cosa, nel pecto ne havesse an altra ; che non credo.

84 MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZÂ

El discorso de la lettera longa la E. V. lo potera liberamente communicare ad M. Petro da Trieste, perche cossi mi ha dicto el Langh da parte de la Cesarea Maestà ; et alla 111. S. Y. me ricomando

Data ut in litteris. Idem aervalus.

(lindau, 17 mai 1499}

In Lindo die 17 maii 1499.

Serenissime et invictissime Csesar,

Visie et bene consideratis articulis propositis per sacratissimam Majestatem Vestram in negocio Lige Suevie, quoniam de his quse tan- gunt ill. mum D. Ducam meum sententiam meam in médium afferre Majestaa Vestra Jussit, et si illustrissimi Duels iste partes sint nec ego deliberationem Excellenti» Suœ in rébus novis neque intellectis nec sciam nec recte judicare possim ; ac tamen Cesare» Majestatis V. mandatis parère volens, qu» mihi occurrunt explicabo: hoc unum pro certo habens illmam Dominum ducem propos! ta per serenissimam Majestatem Vestram reverenter auditurum et intellecturum. Duo sont in Liga Suevie per Ser. mam M. tem V.ram proposita : obligationem ill. D. ducis concernentia, scilicet quod Elvetiis claudat victualia et contra Elvettos ponat sex milia bellatores, quattuor Italicos et reliques Alemanos, et quod donec isti sex milia bellatores sint in ordine, det quinquaginta milia ducatos modo Lige Sua\ie.

Super commeatibus Helvetiis impediendis, Ser. ma M. tas Vestra proxime intellexit ill. d. ducem, audita Majestatis Vestr» etSacri im- perii deliberatione et voluntate, se ejusdem sacri imperii principem obedientissimum ostendisse ; sperans quod, cum ejus sacri imperii membrum sit, si cum Helvetiis aliquo tempore res componerentur et concordia fieret, Ser. mam Mi^estatem V.ram ac sacrum imperium in omni compositione sui rationem habituram, et in conditionibus et ca- pitulis ârmandis securitatem Ex. tie sue inclusuram.

Super capitulo sex milium bellatorum et quinquaginta milium duca- torum, cum ill. mus dominus dux meus bellum régis Francie ante oculos habeat, judicio meo impossibilia sunt quse proponuntur et in novo pe- riculo res suœ constituerentur ; posset enim eodem tempore et régis Francie et Helvetiorum belium expectare, qui» cum in limitibus Domini ducis sint, cum parva manu dominium suum invadere possent, et in uno die incendere.

Et quoad L. milia ducatos, cum Dominus Dux ad bellum contra Oallos sustinendum se preparet,non bene video quomodo ista simul

MAXIMILIEN ET LUDOVIC SFORZA 85

stare et convenire possint. Hoc tamen scio quod Dominus dux si in Liga Saevie poterit inclu<H eo modo quo alii imperii principes inclusi luntt excellentiam suam portionem sibi spectantem quam honestam esse pataverit libenter satisfacturam.

(Lindau, 21 mai 1490)

111"* et ex"»® sig. mio obser"®,

lo credo che la Cesarea Maestà havesse dcsiderio de parlarmi de la fiola; laquale cosa non ha facto, perche M. Matheo Langh in dicorso di parlare, queata ultima volta che è stato a lo alogiamentomio, me ha dicte chel bisognava che uno di'lui et io dessimo moliere a V. Extia: laqaale parole indubitatamente me ha u^ate per attaccanni, e per fédère como mi moveva ad questa propositione : quello ch'io li ho resposto è stato che son certo la E. V.trovarsi in dispositione de non accompagnarsi mai più, e persuadermi che lo habia facto per voto ; et lihosubjuncto como non pensando altro laE. V. che fare cognoscere alla Cesarea Maestà quale sta la observantia sua verso epsa e quanto la desideriy che è per li tempi presenti e per li futiiri, si cognoscaessere una cosa medesima el stato de la Ex. V.ra cum quelle che hano ad venire dreto ad Sua Maestà, me ha commisse li debia parlare per fare pareotato cum lo archiduca di Burgogna per mezo de la fiola nel ill sig. conte de Pavia ; quando alla Maestà sua paresse questo havera ad fare ad satisfactione sua. Al che me ha risposto che ne debia per omne modo parlare alla Cesarea Maestà. Laquai cosa io faro como mi accada la opportunita, e me è parso dire questo al predicto M. Ma- theo, perche, cognoscendo me haveva usare quelle parole per vedere como roi moveva, possa referire quello li ho dicto et excusare la prima propositione.

Alla m. S. V. continue me raccomando.

Ex Lindo, 21 mai, 1499. E. IUn« D. V. minimus servitor Marchisinus Stanoha. *

* Soscription : 111""» principi et ex"» d"© D"» meo unico D"" Duci Me diolani. In manibus propriis.

(A suivre,)

L.-6. Pklissibr.

VARIETES

La Société des « Langoes Romanes » à, Bonn

Mon chbr Directeur,

La Société des Langues Romanes m*avait chargé de la repré- senter au jubilé universitaire de notre confrère, M. W. Fœrs- TER. Ce n^est pas le lieu de dire ici pour les austères lecteurs delà Revue les menus incidents du long voyage de Montpellier à Bonn. Tout au plus me permettral-je de dire que le soleil du Midi m*a accompagné jusqu*au bout et que les vallées de la Sambre et de la Meuse étaient bien belles, par une après-midi d*octobre, avec leurs frondaisons multicolores. Un mot encore au sujet de la diffusion du français : à Herbesthal, au moment du départ, le conducteur allemand nous invita à monter dans e train par cette formule : Und jetzt, Meine Herren, en avant deux/ Cette expression de troupier et de maître de danse, transportée au-delà de la frontière, m*amusa beaucoup, et comme je le félicitais sur sa connaissance du français, il ajouta après le herttg sacramentel : on parti Nouvelle surprise; mais je n*en eus pai d*autre de o genre jusqu'à Cologne: c'était tout son baga^^e do français et nous ne conversâmes plus que par gestes ou en allemand.

La fête uuiversitairo, qui eut lieu le 26 octobre, fut des plus simples; c*est à Tinsu du jubilaire qu'on Pavait préparée. M. Fœrstbr fut très sensible à Tattention qu'avait eue la Société des Langues Romanes. Il avait reçu à Toccasion de son jubilé de nombreux télégrammes et de nombreuses adresses: parmi ceux de ses collègues étrangers il fut tout heureux de me montrer ceux de M. Gaston Paris et de M. A. Thomas. Le Félibrige Latin avait envoyé une longue poésie du poète Charles Gros, si je ne me trompe ; notre confrère y était anobli et s'y appelait Wendelin de Fœrster et des strophes harmo- nieuses, en pure langue du Clapas, lui rappelaient son séjour à

VARIETES 87

Montpellier et ses excursions à Saint- Guilhem et dans les environs.

Les anciens élèves de M. Fobrstbr lui offrirent une très belle adresse sur parchemin: la première feuille contenait d'admirables reproductions des miniatures des manuscrits de Chrestien de Trojes : parmi les signataires on remarquait les professeurs Mohrsbach (Gôttingue), Biiiibring (Bonn), docteur Steffen8(Bonn), Lenz (Santiago du Chili), docteur Zacher, cor- respondant de la Gazette de Francfort à Rome, présent à la fête ; parmi les signataires français le docteur Gaufinez, professeur de littérature française à Bonn, le docteur Friedel (Paris) et moi-même. Le Sénat Académique vint en corps présenter au professeur Fœrster les félicitations de ses collègues de TUni- versité et le Hector M agni ficus Vd^^^e\d>, dans un langage élevé, ses nombreuses contributions à la science. Enfin, une délégation du Neuphilologenverein en costume de gala - bottes vernies, dolman et rapière vint aussi présenter ses hommages à son président d'honneur.

Un grand banquet réunit le soir dans la Leslhalle autour de M. Fœrstbr ses collègues^ ses élèves et ses amis. Le profes- seur Schaarschmidt, conseiller secret, ancien bibliothécaire en chef de TUniversité, rappela en quelques paroles émues les services rendus à la philologie romane par son collègue. Invité à parler, je prononçai les paroles suivantes :

Cher Monsieur Fœrstbr,

La Société des langues romanes a bien voulu me déléguer pour vous apporter ses hommages et ses félicitations. Il n'aurait pas été difficile à la Société de choisir dans son sein des membres plus dignes que moi de cette mission : je ne sais si elle en aurait trouvé dont l'estime fût plus profonde et la sjmpathie plus sincère.

J'ai appris à vous connaître dans notre Midi ensoleillé^ dans cette bonne ville de Montpellier vous comptez tant d'amis. Vons n'étiez nullement dépaysé dans ce miliieu de méridio- naux. Votre galté et votre belle humeur étaient égales à la nôtre. Aussi ma première visite en Allemagne fut pour vous. Ce n'est pas le lieu de rappeler ici Taccueil sympathique que j'ai trouvé auprès de vous et de vos collègues de l'Université

88 VARIETES

de Bonn : qu'il me suffise de dire que ces souvenirs suffiraient à expliquer ma présence ici.

Des liens plus profonds nous rattachent à la Société des langues romanes. Vous avez été un de ses amis de la pre- mière heure. Vous avez connu en pleine activité quelques- uns de ses membres les plus éminents. Vous avez assisté aux efforts qu*elle a dA faire pour faire naître si loin de ce grand foyer intellectuel qu'est Paris « le goût de la philologie romane. Vous savez qu'elle y a brillamment réussi, grâce à l'activité de tous ses membres, grâce, surtout, aux travaux de deux hommes dont l'un, Bouchbrib, fut trop tôt enlevé à la science, et dont Tautre, M. Chabaneau, est resté un do vos meilleurs amis. Vous avez vous-même contribué au succès de la Revue des langues romanes en l'honorant, à l'occasion, de votre collaboration : inutile de vous dire combien nous regret- tons vivement que d'autres occupations ne vous permettent pas de nous continuer cette précieuse collaboration.

Nous le regrettons moins pourtant depuis que nous avons de vous ce travail magistral qui s'appelle l'édition des œuvres de Chrestien de Troyes. Nous savons les efforts qu'il vous a coûtés et que, même au prix de votre santé, vous n'avez pas reculé devant ToBuvre ei^treprise.

Grâce à vous nous pourrons lire, dans un texte correct, l'œuvre longue et dfûcile, mais si charmante et parfois si une, de notre poète champenois. Nous verrons les transformations de eette poésie courtoise qui , née dans notre Midi, s'est répandue dans notre littérature grâce à la renommée de Chrestien de Troyes et de ses imitateurs.

Elle s'est répandue aussi dans la vôtre ; vos M innesinger ont connu nos trouvères ; le Chevalier au Lion a trouvé de bril- lants interprètes dans votre littérature. Heureux temps que celui deux grands peuples ne rivalisaient que pour les lettres et les arts !

De si longs travaux vous donneraient le droit de vous repo- ser ; mais vous nous paraissez aujourd'hui vous ressentir si peu des dures souffrances des dernières années, que nous espérons encore beaucoup de votre infatigable activité.

Vous nous avez dit ce matin que votre foi dans la science est restée la même qu'au début de vos travaux : nous vous

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souhaitons de retrouver une partie de cette ardeur qui vous animait il j a plus de trente ans, lorsque, modeste profes- seur dans un Ijcée de Vienne, vous commenciez à vous ini- tier, seul, aux secrets de la philologie romane.

Encore une fols, au nom de la Société des Langues Romanes^ et en mon nom personnel, je vous adresse mes meilleurs vœux et mes plus sincères félicitations.

Dans une chaleureuse improvisation, M. Fœrster répondit aux discours qui avaient été prononcés. « Ci matin, dit-il, le ciel était pâle et brumeux ; quand j*ai vu arriver un méri- dional, j*ai cru voir un rayon de soleil dans les plis de ses vêtements ; puis à mesure que mes amis sont venus, le jour m*a paru plus clair et plus gai. » Il se sentait rajeuni par cette fête, et si jamais il avait eu quelques doutes, il étaitsûr maintenant que son enseignement n'avait pas été stérile. Puis s*adressant dans un français très correct au délégué de la Société des Langues Romanes, il me pria d'être son inter- prète auprès de ses amis de Montpellier et de leur dire com- bien il avait été touché de leur attention. Il me rappela la soirée thé&trale à laquelle 11 avait assisté dans la loge muni- cipale avec son ami, M. Castets; il rappela qu'il avait a frotté la Salamandre ' » sur les bords de la Méditerranée, et qu'il avait gardé de notre Midi un souvenir inoubliable. Il nous le prouverait d'ailleurs en revenant le plus tôt possible voir le Clapas.

Nous souhaitons de tout cœur que cette promesse se réalise ; M. Fœrster sait plus que tout autre avec quelle sympathie 11 sera accueilli ; elle ne peut avoir d'égale que celle avec laquelle j*ai été reçu à Bonn '.

J. Anoladb.

1 Qae les lecteurs de la Revue ne se mettent pas martel en tête pour celte expression ; il s*agit d*une manière plutôt bruyante de boire de la bière : Salamander reiben,

' Le NeuphUologenverein en particulier dont j*étais membre il y a deux ans a fait au délégué de la Société un accueil cordial et cha - leareux, et il me faudrait de longues pages pour décrire les exercices ▼ariés que les Fûchsê exécutèrent en son honneur.

BIBLIOGRAPHIE

Meyer-Ldbke (W.)* Einfuhrung in das studium der romanischen sprachwissenschaft. Heidelberg^ C. Winter, 1901 [X, 224 p.], 5 m.

S*il est des livres que le critique expédie en quelques lignes parce quHls ne méritent pas un compte rendu plus long, il en est d*autres sur lesquels il n*est guère moins bref parce qu'il ne trouve pas moyen d'en commenter les divers chapitres autrement que par ces simples mots : « Bien, très bien ». Tel est Touvrage que nous offre aujour- dui M. Meyer-Lûbke et qui introduit d'une façon si alléchante dans le domaine des langues romanes une série de grammaires, d'istoires de la littérature et de dictionnaires.

Après avoir déterminé les limites du domaine roman et donné une classification des langues romanes, l'auteur étudie dans une première partie les éléments constitutifs de ces langues, élément latin, élément celtique, élément germanique. Puis il consacre la seconde partie à l'examen des modifications de toute sorte qu'a subies le roman depuis ses origines jusqu'à nos Jours.

Tous les problèmes du romanisrae,et ils sont nombreux, sont indi qués avec des exemples nets et caractéristiques ; toutes les questions sont résumées d'une manière généralement excellente. Voyez par exemple les g§31 et 32 sur les mots empruntés, les 42-48 sur les mots d'origine germanique, leur date et leur dialecte originaire, et tant d'autres chapitres que l'on citerait si Ton n'en était empêché par l'embarras de choisir.

Ce n'est pas à dire que tout doive être aveuglément accepté et que tout soit définitif et indiscutable. Ainsi le chapitre intitulé « Dauer und klang», p. 100-112 est surtout une suite d^ipotèses. L'auteur le donne du reste comme tel, et la question est tellement difficile et tellement complexe qu'elle ne comporte guère autre chose que des constructions problématiques. On doit ajouter d'ailleurs que les ipo- tèses de M. Meyer-Liibke sur ce sujet en valent d'autres et qu'elles valent même mieux que beaucoup d^autres.

Il i a forcément aussi dans le détail quelques erreurs, quelques oublis, quelques faiblesses. Ainsi on ne voit pas comment, p. 16, l'auteur parcourant le domaine roman de l'est à l'ouest rencontre le portugais avant le sarde. On ne comprend pas pourquoi dans l'énu- mération des dialectes français, p. 22, ne figure pas celui de l'Ile -de-

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France oo francien, ni parai les dialectes espagnols le castillan et Taragonais. On lit p. 36 que arepennU n'eut représenté qu'en français; que faire alors de v. esp. arapende ? Des différentes explications rap- portées au § 83 pour Faccentuation de tmihrae^ colûbra, inUgm^ eaûiédra^ alécru et mots analogues aucune n'est satisfaisante. Il ne 8*agitpas d*un déplacement roman de Taccent; ces mots ont con- servé l'ancienne accentuation latine fixée pendant la période italique, à one époque Ton disait encore *pat'reê (plus tard pa-tris)^ comme Homère disait noiX'péç (plus tard ira-rp^ç) et comme disait d^une ma- nière générale l'indo-européen. Cette accentuation une fois établie a subsisté durant toute la latinité et se retrouve encore dans les re- préseulants modernes des mots latins qui la possédaient. L'accen- tuation pàlptbra, IntegrUy etc., n*est apparue qu'à la période du latin classique, surgissant par une analogie presque obligatoire, mais à aucune époque elle n'a pu éliminer l'accentuation ancienne et n'a jamais eu à côté d'elle qu'un caractère exceptionnel et plus ou moins savant. Vojez sur ce point il. Meillei, Revue bourguignonne de Ven- mgnement Bupérieur^ t. V, p. 232 (article très important).

Nous terminerons en émettant le vœu que les autres volumes de la collection soient dignes de celui qui ouvre si brillamment la série.

Maurice Grammont.

]larehot(P.).— Petite phonétique du français prélittéraire (vi«-x* siècle). Première partie : Les voyelles, Fribourg (Suisse), B. Veith, 1901 [39 p.].

La brochure de M. Marchot a la malchance de paraître en même temps que VE'tnfuhrung de M. Meyer-Liibke. Ce dernier étudie tout le domaine roman, tandis que le premier se borne à la fonétique du roman de la Oaule du nord et aux débuts du français. Presque toutes les questions abordées par M. Marchot sont traitées par M. Mejer- Lûbke, mais avec une autre sûreté et une autre largeur de vues.

La M Petite phonétique » comprend deux Chapitres : Remarque» tvr le vocalisme du latin vulgaire de la Gaule du Nord, ^ Les voyelles dans le français prUitUraire. On sait quelle obscurité règne encore sur un grand nombre de fénomènes fonétiques qui se sont accomplis dorant la période qu'étudie l'auteur ; mais on doit reconnaître pourtant qu'il abuse un peu des ipotèses, et que si certaines méritent d'être prises en considération, comme celle qui prétend expliquer révolution de l'a tonique libre (p. 29 et suivantes), il i en a beaucoup qui sont trop contestables.

Le § l traite de l'accent. Llpotèse relative aux mots intégru^ tonitru, palpitra et analogues se détruit d'elle-même. Voyez les renseigne-

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mente que nous donnons sur ce point dans notre compte rendu de VEinfuhrung (ci-dessus, p. 91). » La question deparéU est des plus ténébreuses ; mais ^explication de M. Marchot n^est pas recevable ; d*après lui pariete serait devenu 'paréète à l'époque ï est devenu é (e fermé) en roman, ce qui suppose que le changement roman de f en é est antérieur à celui de ï en jod devant une autre voyelle ; c*est contraire aux faite. Puis ce * paréète serait devenu * parèèU « par attraction de la voyelle accentuée sur Patone » ; mais si était de- venu é il n*avait plus de raison pour perdre Taccent. Enfin * parèète serait devenu parité « par contraction » ; mais la contraction de deux voyelles ouvertes ne donne pas une voyelle fermée. Le cas de cohorte devenant côrte n'est nullement comparable ; en latin deux voyelles brèves en se contractant donnent une voyelle longue, dont le corres- pondant roman est forcément une voyelle fermée. Mais le roman ne connaît plus de voyelles longues ni de voyelles brèves ; il n*a que des voyelles ouvertes et des voyelles fermées. Pour l'accentuation des formes qui ont donné naissance au mot /oie et à ses frères romans, voyez l'article de M. G. Paris dont il a été rendu compte ici même, p. 186. Pour êéccUef voyez Meyer-LÛblce, Einfuhrung, p. 98. Pour * pûlicella 4), voyez Revue des langues romanes, 1898, p. 287. Cum à c^té de quum 7) n'a rien de comparable avec le cas de nil à côté de nihiL Moriu, cocu (non eoqu), anticu (non anUqu)^ etc., sont dus à une évolution latine, et non pas romane. De même tus, sus, etc. Une étape ' laquju n'a aucune espèce de vraisemblance. ^ Fr. dès ne peut pas sortir de * de-ex car l'a; -^ es et n'entrave pas, et d'autre part certaines formes dialectales comme Dampricbard dd prouvent que IV était fermé ; v. fr. ades qui a un e ouvert ne peut pas non plus remonter à * ad'de-ex ; nous reviendrons sur cette dernière forme en temps opportun*

Nous bornerons ici nos observations ; elles suffisent à montrer avec quelles précautions on pourra utiliser l'ouvrage de M. Marchot. La seconde partie, Les consonnes, est annoncée pour 1902.

Maurice Oràmmont.

Bartoli (M.). Ueber eine studienreise zur erforschung des altroma- nischen Dalmatiens. (N*» V des Vorlàufige berichte der Balkan-com- mitsion, en vente chez Gerold filsy Vienne, C'est le tirage à part d'un article paru dans VAnzeiger der philosophisch-historischen classe du 29 novembre 1899. [Académie impériale des Sciences de Vienne]).

M. Bartoli, chargé par l'Académie des Sciences de Vienne d'aller étudier sur place l'ancien dialecte roman de Dalmatie, est revenu avec les matériaux d'un ouvrage considérable qui ne pourra paraître que

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dans quelque temps. En attendant il nous donne un résumé des ira vaux qu'il a accomplis dans sa mission et des faits qu'il se propose de mettre en lumière.

Le Dalmate est un dialecte jusqu'à présent très mal connu et dont les sources sont maleureusement limitées; on ne voit pas trop ce qu'on pourrait ajouter plus tard à celles dont a disposé M. Bartoli, car la dernière personne qui parlait le végliote est morte en 1898, et les archives des notaires de la ville de Véglia ont été presque entiè- rement détruites par un incendie. Pourtant nous en possédons assez pour nous rendre compte du caractère très particulier de cette langue et du aut intérêt qu'elle présente à différents égards.

Dans \e consonctntisme on remarquera surtout le traitement des m gut- turales »: c devient é devant i, ë, ûf mais il reste c (k) devant ê, { comme devant a, o, û; qui devient de même ci tandis que qiie est représenté par ke;cifC8 deviennent pt, ps (en gaulois c'est le contraire: pi, pi deviennent et, es) ; la sonore ^ a un traitement parallèle.

Dans le vocalisme on notera que les produits de û supposent une fase û, que a tonique devient e dans certains cas, qu'en végliote les vojelles toniques libres se diftonguent toutes, et les voyelles toniques entravées seulement lorsqu'elles sont ouvertes.

Au point de vue etnographique et istorique il sera fort instructif d'é- tudier d'une façon précise et approfondie les rapports du Dalmate avec *e roumain et l'albanais, avec l'italien, avec le rétique, avec le slave et avec le germanique (la plupart des idées qui sont rendues dans la majeure parde des langues romanes par des mots germaniques le sont ici par des vocables latins : kaiptare « garder n,juàlb « blanc»). Ces recherches ne contribueront pas )ieu à éclaircir la « question illi- rienne ».

On voit par ces indications quelle sera l'importance de l'ouvrage âDnoncé par M. Bartoli.

Maurice Grammont.

CHRONIQUE

M. Haguenin, professeur agrégé de l'Université, a été nommé pro- fesseur extraordinaire de français moderne à l'Université de Berlin. Les journaux allemands, en annonçant cette nomination, font remar- quer que tout à fait exceptionnellement le nouveau professeur n'.a pas eu à perdre sa qualité de français.

Nos lecteurs connaissent sans doute les deux notes publiées par la ^mania et les Annales du Midi dans leur dernier cahier et relatives

91 CHRONIQUE

à la découverte du manuacrit contenant la vie de Sainte Foj d'Agen. Ce teste sera publié dan» un tien ^jIus procbaioi aumëros de la Roma- nia |iar l'heureux auteur de cette découverte, M. Lkltb db Vascon- CEi.LOB. Pouaaê par un sentiment des plus honorables, M. de VaacoD- cellos publiera le texte avec des notei et une introduction en poi^ tugaig.

Noue croyons savoir il n'y aura sans doute plus d'indiscrétion à le dire quand ces lignes paraîtront , que c'est i, la bibliothèque de l^jde, dans un manuscrit classé comme contenant des textes catalans (il en contenait en effet), que M. de Vasconcellos a découvert sod poème.

M. KoscHWiTZ, professeur de philologie rom.tne à l'Université Marbourg, a permuté avec son collègue de l'Université de Kûnigsberg,

M. Gaston PARrstmblie dans le /ourna/rfeiSaonnti (octobre 1901] un compte rendu de l'Histoire de la littéralure française, publiée par MM. H. Suchier et Birch-Hirachreld. Il annonce en note (p. 616) un Tableau de la littérature française au moyen âge qui contiendra le tableau de la littérature provençale. « Une esquisse fuite sur un plan différent [de celui de 1888-1890], embrassant l'époque intermédiaire ( 1327-1500) et la littérature provençale, paraîtra prachaluement : en anglais d'abord, puia en français, u

Du Litleralurblall fur germanische und romattiicke Philologie ; M. Freymond, professeur de philologie romane & l'Université de Berne, a accepté une nomination à l'Université de Prague.

Le docteur Jeanjsquet a été nommé professeur de grammaire com- parée des langues romanes à l'Académie de Neufchâtel.

An mois de juillet 1901 s'est fondée à Rome une Soeiili philolo- gique romaine. Elle publie un bulletin et des documents sous la direc- tion du professeur È. Monaci. Parmi les documents qui seront publiés dans les premiers voluuies, on annonce les suivants :

Il Cantoniere Vaticaito 3793, reproduction diplomatique.

I documenti d'Amort, avec le commentaire, de Francesco da Rar- berino, édition complète d'après les deux manuscrits originaux de la Bibliothèque Barberinîenne.

II Godiet Valic-ino 3196, contenant l'original du chansonnier de Pétrarque.

l.ea secrétaires de la Société sont le docteur F. Kermanin et le

professeur A. Silvagni. L'administrateur est le docteur E. Modigliani,

ignemente, s'adresser à ce dernier: Home, Coroo Vitt.

CHRONIQUE 95

Doas fait assister aux luttes héroïques de Maguelone contre.

Les Pirates d'Alger, montrant leurs faces blêmes.

Puis Maguelone est devenue

Une femme hautaine en son voile de deuil.

Un étranger, dont la cuirasse étincelle, viendra un jour la consoler:

0 douce Maguelone, il presse ton corps vierge Celui que tu cherchais par les vagues effrois De rhiver, quand ses pieds heurtaient les galets froids Que TécuDie insensée a vomis sur la berge.

Le poème, qui est d*inspiration panthéiste, renferme, et là, de jolies strophes.

Ce ne sont pas^ d*ailleurs, les premiers vers de M. E. Renaud II a publié, cette année également, chez Lemerre, un volume de poésie intitulé : Amours Barbares. Comme sous-titre : Impressions cévenoles ; et allemandes pourrait-il aiouter, car plusieurs des poèmes qui for- ment ledit volume ont été composés pendant un séjour de l'auteur en Allemagne.

Le poème de Maguelone est dédié à Tauteur des Flammes Mortes, C'est le titre d'un volume de vers, publié également chez Lemerre, en 1901, et dont Tauteur, M. Martin Paoli, est professeur d^italien au Lycée de Montpellier. La muse universitaire ne chôme pas à Montpel* lier, car le nom de Fauteur de Maguelone la Morte n*est que le pseu- donyme aux trois quarts transparent d'un des plus distingués profes- seurs de langues vivantes du Lycée.

» *

Notre collaborateur M. A. Gasté, professeur de littérature fran- çaise à rUniversité de Caen, vient de prendre sa retraite. 11 a pour sQccesseur M. Maurice Souriau, précédemment professeur de litté- rature et d'art normands à Caen.

M. W. Fœrster a été nommé membre correspondant de l'Académie des sciences de Gôttingoe. Il