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HISTOIRE

DU

CONSULAT

RT DR

L'EMPIRE

TOME XV

L'auteur déclare réserver ses droits à Tégard de la traduction en Langues étrangères, notamment pour les Tangues Allemande, Anglaise , Espagnole et Italienne.

Ce volume a été déposé au Ministère de Flntérieur (Direction de la Librairie), le 30 mars isri?.

PARI». IMPRIMK PAR HENRI PLON , RrK (aRANCIRRK, K

HISTOIRE

CONSULAT

L'EMPIRE

A I.-HIST0I»F. 1)8 LA RÉVOLUTION KriANÇAISE

PAR M. A. THIRIIS

TOMK UIIIN7.IËME

l'AKIS

l'AULI^. LIBIIAIRË-ÉDITEUII

(887

302719

HISTOIRE

DU CONSULAT

DE L'EMlfilRE.

LIVRE QUARAOTE-SIXIÈME.

WASHINGTON ET SALAMANQLE.

ÏAÉiwiuenU qui «e puuient en Europe pendant l'expréition de BuMi«. Situalion diltclle ilc rAngktene) drlreMe croiuuile du coni- incrceet dea c1*Me« ouvrière»; désir g^aérildelipii\. Aius»ina( di H. rcrcevai , principal membre du rabinet brilanoiqu? . S«Dh la guirre de Buuie, cetle mort, quoique purement accidentelle, au- rait pu devenir Paawïon d'un clianBement poliliitue. ~ A tous les iikM»qni r^mlteat pour l'Angleterre du blocus oontinental s'ajoute le danjKT d'une guerre imminente aiec IXsioD américtirw. Oii l'ii étaient re*t4^ leit questions de droit maritime entra l'Earape et l'Aiiiéi'iiiuc. Itenondation de la part des Américains au sjrv leinc de non inlenoune, en faveur des puissances qui leur resii- liieroitl tes légitimei< droits de la neutralité. Saisissant cette ocm- sion, Napoléon pronwt de révoquer les décrets de Berlin et de Milao, si rAinërique obtient le rappel des orrirfs du eonsrit, ou M ï défaut die Tait respecter toa pavillon. L'Amérique accepte (elle proposition arec empressement. Kégnciation qui dure plus d'une année pour obtenir de l'Angleterre la réTocalion des orârtt <lu cotueil. Entéteoient de l'Angleterre dam son système, et rofuides propositions américaines, fondé sur ce que la révocation des décrets de Berlin et de .Milan n'est pas sincère. Puériles contesta- tions lie la diplumalic britanniqua sur ce si^et. —Napoléon ne sr U>rnaiil plus à une «mple prontesae de réTocalion , rnid le décret du

TON. XV, 1

î tIVRE XLVI.

38 avril 1811 , par lequel Us décrets di' Rerlin el «le Milan sont, |iar rapport à l'Aniérique, i-évoqui's iiurriiicnt el simplement. ^ L'Anftle- terre contenlanl encore un fait deM'nu évident, les Ainéricains sont ^posït k lui déclara lagueire. Demi Are iJiétitalions île leur part Aièsnt procédé» malentendua de Kapolétm^eVauv <ii4|>ositiM« des divers parti! «■ AniMi|ue. f.lal de eëa. pttOs. Féiléralislei et républicaine. Le préaiilent Muddissoil,-^ La guerrr résolue d'abord pour IHII est remise Ix IBIÎ. .Itts violences redoublées de l'An- gleterre, et surtout la ;)r«iif-«x«c^ sur lus matelots américains, déddent enlin le gouvernenical de J'Ùnion. Le président Maddisson propose une suite de niesore* militaires. ^'ive agitation dans le roBRrès, et détiaistisn'^^ guerre à rAnglelerre. Importance ili' l'i'i événeikçBt,<!tr(iBir<|aence.s qu'il aurait pu avoir sans le dë- Kiiilru de Russie-, et sans les événements d'tispagne. Etat de la guerre daoR rB,ri'i<Hisute. Dégoût croissant de Napoléon pour c«tte guerre. = ^ifïtlon dans laquelle il avait laissé les choses en partant pour ta'Jlto^ate, et résolution qu'il avait prise de déférer le cominan- derikrat clief au roi Josepli. Comment ce commandemeiil avait yi^ eb'êpié dans les diverses armées qui occupaient la Péninsule. -^ '~'tlal des armées du nord, de Tortugal, du centre, d'Andalousie '■jet d'Angoa. Résistance i l'anlantéde Josqib dans lotis les ébts- majora, asceplé dans ci'Iui de l'armée de Portugal, qui avait besoin de lui. Projets de lord Wellington, évidemment dirigés contre l'arnice de Portugal. Josepli, éclairé par le maréclial Jourdaii , son major général , discerne parfaitement le danger dont on est me- nacé, et le signale aux deux armées du nord et d'Andalousie, qui sont seules en mesure de secourir cmcacement l'arroée de Por- tugal. — Refus des généraux Dorsenne et CafrarelM, qui sont sue- ce«.4iyement appelés à commander l'armée du nord. Rehu du marérhal Soull, commarnlanl en Andalourie, et ses longues con- testations avec Joseph. Situation grave «I diffietle de ramée de Portugal, placée sous l'autorité du marécltal Mamoat. Opé- rations préliminaires de lord Wellington au j^lntemps de IHiï. Voulant empèctier les armées d'Andalousie et de Portugal de se porter secours l'une à l'autre, il exécute une surprise contre les ouvrages du iMint d'Almarai sur le Tage. Enlèvement et destnic- lion lie ces ouvrages par le général Hlll le» 18 et i9 mai. Apréx ee coup hardi, lord Wellhigton pasie PAguéda dans les premiers Joun de juin. Sa marche vers Salamanque. Retraite du ma- réchal Marmont sur la Tormès. Attaque et |Hise dw fort» de Salamanque. Retraite du maiéclial Marmont derrière le Donro. Situation et force des deux années en présence. Le man''- cba) Marmont , après avoir appelé à lui la dlvition des Aslnrtes , et rénni environ quarante mille hommes, n'attendaat pliu de semuTs ni de l'armée du nord, ni de celle d'Andalousie, ni rotBie de celle du centre , te décide à repasser le Donro , afin de (brcer les Anglais k rétroiçrsder. il espère les éloigner par ses mancrovres, sans *tre e\posé à leur livrer bataille. Passage du Douro, mardie lieanDse anr la Tonnes, et retraite des Anglais sons Sdunanque,

WASHINGTON ET SALAMANQUB. i

à 11 pMilion dM Arapik». Le Diaréchal mnoat «le»ie de ma- BKUvrer ennift But4Mir île la poutiou des Anpilw , kfiu ti'ubltgcr krd Wellington à mtrcf en Portugal. An nifan de cm nen- TenMsU baurdét, les deux uatia s'HtxirdMl, el ea Tiennent aux muas. Bitiille de SalamaDqae , livr^ el perdue le » Inillel.

Le maréchal Ihmant, graTunieiit bloué, ut remplace par le général Clause!.— FunestM oonnéqnencn de cette bataille. Pen- dant qu'on la lirrait, le roi Joseph, qui n'avait pu décider les diverses années t secourir celle de Porlupl, avait pris le parti de h Mcoarir Ini-mtme, mais sans l'en sfenlr i temps. ~ Inutile mardie de Juaeph sur Salatnanquc à la t^te d'une force di; treiw à qmtone mille homme». il passe quelque* Jours au delk dn Gua- dansma, afin de nlentlr les pni^rts de lord Wellington, et de dégager l'arma de Portugal vlTement ponrioiTle. Grlee fc ta présence et à la vigueur du général Clausel , on lanve les débria de l'usée de Porlu^ qu'on recueille aux enviroaa de Vallaibiild. ~ttai Meral cl matériel de cette armée, toujours mallieareuse malgi^ sa nillance.— Profond chagrin de Joseph menacé d'avoir bJeaUt lia Anghls dans sa capitale. N'ajant plus d'aatn resioarce, 11 ordonne, d'iqn^

. la conseil dn maréchal Jourdan, l'évacuation de l'Aiddon^. ScR ordres in)pératir>> au marédial Soull. Après avoir pmvsnjvl qae\- ques jours l'armée dr Portugal , \arà Welliiiglun , ne réaistsnl pa-i au désir de tatn à Madrid une entrée tnompliale, abandonne ta pour- suite de cette armée, el pénèlre dana Madrid k l2aaM. JoGcpli, obligé d'éiacuer sa rapitale, le retire vers la .Manche, el, dése.-'iié- Tant d'être r^oint à temps par l'année d'Andalousie, se réHigie à Valence. Horribles soufTrancee de l'armée dn oeiilre et des ramilles fugitives qu'elle Iratne à sa suite. Elle trouve heureusement bon accueil el abondance de loutes choses auprès du maréchal Suchet. Le maréchal Soult, averti par Joseph de sa retraite sur Valence, se décide enfin i évacuer rAndalouste, et prend la route de Murcie |>iiur te tcadn k Valmce. Dépédies qu'il adresse k Kapoléon alin d'e^- pli^ier ta tmidalta. Hasard qui fait tomber ces dépêches dans les mdns de Joa^b. Irritation de Joseph. Son entrevoeavec le n^a- rérhal Soull k fMaladeHiguem le S octobre. Conférence avec lea trois maréchaux Jourdan , Sooll et Sucl>el sur le plan de campagne à suivre pouf reconquérir Madrid, et rejeter les Anglais en Porliipnt.

Avis des trois marédwui. Sagesse du plan proposé par le ma- réchal Jourdan , et adoption de ce plan. Les deu\ armées d'Anda- loasi» el dn eenlK réunies marchent sur Madrid vers la Un d'oclohrr.

Teai|M farfc pa^ 'nrd Wellington k Madrid; sa tardive appa- riUOK danat Bivgos. Belle résistance de la garnison de Buigos. 'VÊOét da Postngal renforcée oblige lord Wellington k lever le sMga da BniVO*. Alarmé de la conoenlralion de forces dunl il c«t nienacé, lord- Wellington se retire de nouveau sous les iiiurs de Salammpit, et j prend poslllon. Pendant ce temps Joseph, ar- rivé sur le Taga avec les arméet du centre el d'Andalousie niuniet, chasse devant lui le général Hill , l'expulse de Madrid , rentre dans cette capitale te 2 novembre , et en part immédiatement pour se mcltr*

< LIVRE XLVI.

fc la poursuite det Angliis. Son arriTée le G novembre bu delà du Gnidarrami. L'armée de Portugal , qui s'élait airCtée sur les bords du Douro, se Joint I lui. Réunioa de plus de qualre-fingt tnilli- Filn(ais, Ira ineilleun loldils de l'Europe, devant lord Wellington i SaUmanqiie. Heureuse occasion de venger nos niallienTS. Plan d'attaque proposé par le mai-édial Jourdaa , approuvé par fous les généraux, et rcOisé par le maréchal Soult. Joseph, craifinani qu'un plan «lésapprouvé par le général de la principale armée ni' aoi( mal evécuté , renonce au plan du maréchal Jourdan , et laisse au marérlial Soult le choix et la responsabilité de la conduite à tenir.

Le maréchal Soult passe la Tonnés k un autre poio( que celui qu'indiquait le marérlul Jourdan , et voit s'écliappcr l'armée anKlaJKc.

Lord Wellington n'ajrant que quarante mille Anglais et tout au plus Tingt mille Tortuf^is et EspaKOols , enveloppé par pins de quatre-vingl mille Français, réussit à se retirer sain et sauf en Portugal. Juste mécontentementdatroisarméea française* contre leurs diefs, et leur entrée efl canloaiiemeats. Retour de Joseph k Madrid. FAeheiise> caniiéqneDC** de cette campagne, qui, s'ajoutanl au désastre de Mos- cou , aggraTeat 1* situation de la Fmnce. ^ Joie en Europe , surtout en Allemagne, et soulèvement inouï des esprits à rasi>ect des mal- lieurs imprévus de Napoléon.

Pondant que s'accomplissait au nonl lie l'Europe la catastrophe sans exemple que nous venons de ' retracer, les rivages lointains de l'Atlanlique , los ' plages bnMantes de l'Kspagne étaient le tliéAtrc dVvénemenl.s moins extraordinaires sans doute, mais extrêmement graves, comme tous ceux qui (lôcoulaienl de la politique exorhitanic de Napo- l(k>n , et prouvant tout aussi t^videmmcnt la rulie de cette politique. On y pouvait voir démontn'e clai- rement celte vt^rité que nous avons déjà énonci'C, que si, au lieu d'aller chercher à vaincre l'Europf au fond de la Russie, NapoU'>on a\"ail persévéré à Ui combattre sur le théâtre difficile, mais choisi par lui. de la Péninsule et de l'Atlantique, en conduisant à terme la guerre d'Espagne et le blocus contiuental , il eût prolablemeni contraint rAnglelerie à céiler. désarmi' do même coup l'Europe entière , sinon

WASHINGTON ET SALÀUÂNQUE. »

|)oiir toujours, du moiDs pour hwn des années, et se serait ainsi ménagé le temps (la raison venant l'éclairer), de faire du faite même de sa grandeur tel sacrifices qui auraient rendu sa domiaatiOD durable on la rendant supportable. Il faut donc avant de re- prendre les suites do la fatale expédition do Russie, retracer les événements do l'Espagne et de l'Amé- rique pendant l'année iSI'i, les uns funestes, les autres inutilement heureux, tous eifets de la mémo cause, la volonté mobile et désonlonnée d'un génie immense mais sans frein.

lorsque Napoléon dégoilté de la guerre d'Espa- jçne, au moment même la persévérance aurait pu on corriger le vice, avait songé à porter ses forces au nord, la Grandc-Bretagnd était, comme on l'a \u, dans une situation des plus dilTiciles. Les suc- cès obtenus par lord Wellington grâce à nos fautes avaient sans doute rendu en Angleterre quelque sé- rénité aux esprits, mais on y sentait tous les jours davantage les cruelles gènes imposées au commerce, on entrevoyait avec effroi le terme d'une puissance financière trop peu ménagée, et on pensait sans cesse at) danger qui menacerait l'armée britannique, si jamais Napoléon dirigeait contre elle un effort déci- sif. La situation commerciale ne s'était point amé- liorée. D'énormes quantités de denrées coloniales en sucres, cafés, cotons, accumulées ou dans des docks, ou sur des vaisseaux qui obstruaient la Ta- mise ; des quantités non moins considérables d'objets manufacturés. ne sortant pas de chez les fabricants qui les avaient produits, ou de chez les spéculateurs qui les avaient achetés ; les unes et tes autres scr\'ant

« LIVBB XLVI.

de molif à imc vasie émission de papier de com- merce , que la banque escomptait, et dont elle foiir- BÏssait la valeur en papiepHnonnaie qui perdait 20 à 25 pour cent; une baisse continue du change résul- tant de cet état de choses, laquelle ne pouvait être airêtée qu'au moyen d'une exportation illégale el continu*) de numéraire , à ce point qu'à Gravelines et Dunkerquc seulement les smogleurs apportaient par mois plusieurs millions de guinées en w : telle était, avons-nous dît, la situation commerciale de l'Angleterre depuis quelques années. Des dépenses publiques qui commençaient à être de cent millions sterling par an (2 milliards 500 millions de francs) contre 90 millions sterling de ressources, dans les- quelles figurait un emprunt annuel de 20 millions sterling, constituaient la situation financière. La di- sette qui nous avait tourmentés cette année, n'avait pas moins sévi en Angleterre, et des bandes d'ou- vriers brisant les métiers, égorgeant quelquefois les numufacliiriers, demandant du pain avec des cris qui auraient fait trembler un gouvememeuf moins habitué aux clameurs d'un peuple libre, mais qui de- vaient émouvoir tout gouvernement sage et humain, ajoutaient le dernier trait à celle détresse , causée par une loi^e guerre au sein de la plus prodigieuse ri- chesse qui eiH encore paru sur noire globe.

Il est vrai que cent vaisseaux de guerre, doux cents frégates, portant sur loulos les mers un pa- villon viclorieux , qu'une armée de terre peu nom- breuse, mais vaillante et sagement conduite, et en- fin un cabinet qui seul en Europe n'avait pas subi les volontés despotiques do Napoléon, dédommageaient

WASHINGTON ET SALAMANQUE. 7

la glorieuse Angleterre de ses souffrances. Mais tous \

les gens sages reconnaissaient que cette situation ca- chait de grands périls, que si le génie redoutable D*»ir g-'n*™» auquel on avait affaire mollail quelque prudence el quelque suite dans ses desseins, ii pouvait en conti- nuant son blocus continental un an ou deux encore, réduire le commerce et les fmancos de l'Angleterre aux dernières extrémités, et terminer même l'inter- minable guerre d'Espagne, en jetant à la mer lord Wellington et sa brave armée. Ont mille des six cent mille hommes perdus eo Russie, et la personne de Napoléon, auraient dans la Péninsule rendu ce résultat infaillible. Voilà ce que tout le ntoMte sen- tait confusément, el ce que chacun exprimai! avec le langage qui lui était propre. Les opposants du pai^ Icmont britannique le disaient langage de parti; le peuple le vociférait dans les rues de Londres à la façon de la populace; des ministres éclairés le di- saient eux-mêmes dans le sein du cabinet anglais, et le marquis de Wellesley, frère du célèbre lord Wellington , personnage aussi clainoyant qu'élo- quent, partageant cet avis , était sorti du ministère par antipathie pour le caractère de M. Perceval et pour sa politique inflexible. Mais il y a une ornière de la guerre, oiTiièrc aussi profontle que celle de la paix quand on s'y est traîné longtemps, et dont alors on ne savait pas plus sortir en Angleterre qu'en Franco. On y était , on y reslail , bien qu'on eût songé plus d'une fois à s'en tirer. Le résultat, il est vrai, devait donner raison à ceux qui s'olistinaient à rester dans cette oraîère, mais avec un peu do sagesse de la part de Napoléon, il en eAt été tout autrement.

J

s LIVRE XLVI.

Un sentiment hoDorablo, mêlé à un sentimrnl in- téressé, y retenait, il faut le reconnaître, le gros de la nation, c'était la sympathie qu'on avait con- çue pour les insurgés espagnols, et le dét;ir aus^i d' empêcher Napoléon d'établir son influence dans la Péninsule. Si Napoléon avait fait un sacrifice à cet égard, ou bien si par une \icloire décisive il eiV lit-- gagé l'honneur de l'Angleterre envers les Espagnols, la paix ei'kt été immédiatement acceptée, avec de prodigieux agrandissements pour la France. Deux hommes seulement manifestaient en Angleterre un<' résolution inébranlable, c'étaient M. Perceval etioni Wellington. Le premier, avocat habile, cœur hon- nête, mais esprit étroit et indomptable, désagréable même à ses collègues par son entêtement, et de- venu par ce défaut, ou cette qualité, le véiilable chef du cabinet, ne voulait pas céder, uniquement par opiniâtreté de camctère. Lord Wellington, par l'intérêt de sa gloire qui grandissait tous les jours dans la Péninsule, et par une sagacité profonde qui lui faisait démêler dans la conduite des affaires d'Espagne un commencement de (léraison , signe or- dinaire de la fm dos dominations exorbitantes, lord Wellington voulait persévérer, et disait que sans être assuré de se maintenir toujours dans la Péninsule , il croyait entrevoir cependant que le vaste empire de Napoléon approchait de sa ruine. Le prince ré- gent, arrivé depuis une année au gouvernement de l'Ëlat, hésitait entre les chefs de rop|)osilion , ses anciens amis, et les ministres, anciens dépositaires de la confiance de son père. Peu à peu il s'était ha- bitué à ceux-ci , et s'était refroidi pour ceux-là ;

WASHINGTON ET SALAMANQUE. 9

mars il sentait le dancor de s'obsliner dans le svs-

, , - . Mai 181».

Icmc dune giiorro sans lorme, et le danger aussi de remettre soudainement le pouvoir aux mains d'hommes qtti n'avaient jamais dirigé cette guerre, qui la condamnaient même, dans un momoit pour la bien finir il fallait peut-être savoif.y persé- vérer quelque temps encore. Au milieu de ces per- plexités, il avait essayé au commencement de 1812, comme nous l'avons dit aiUeun^ de ménager entre les ministres et les lords Grey et Grenville un rap- prochement qu'il désirait beaucoup, et qu'il n'était '^ point panenu à opérer. Tout à coup un événement Mort imprévu, qui dans toute autre situation auraiteer- m. perccvsi. tainement amené un changement de pouvoir en An- gleterre, avait fait disparaître de la scène le prin- cipal ministre, par un crime étrange, auquel on ne put découvrir d'autre cause que la folie d'un in- dividu. Le nommé Bellinghami espèce de maniaque qui croyait avoir rendu en Russie des sen ices à son pays, qui ne cessait d'en réclamer le prix tanl6t auprès de l'ambassadeur, lord Gower, tanlàl auprès (les membres du cabinet , et qui tous les jours assié- geait les avenues du parlement pour intéresser à sa cause des protecteurs puissants, nîsolut de tuer l'un , ; des personnages qu'il avait sollicités en vain. Celui -^' (|u'il aurait voulu immolera sa vengeance était lord Gower. Il rencontra M. Perceval , et le tua d'un coup lie pistolet. Il se constitua lui-même prisonnier, s'a- voua coupable, et mourut avec la tranquillité d'un insensé. On avait cru d'abord à un crime politique; on se convainquit bientôt du contraire; néanmoins quehpie chose de politique apparut dans ce crime,

10 LIVBEXLVi.

ce furent les cris féroces d'une popnlace exaspérée

par la souffrance, et donnant des témoignages d'in- UJrét au iiiiséraltle qui avait Trappe un Jionime illus- tre, justiciable de l'histoire, mais non du poignard dus aesastiinK. 4in<iaiiuiM-ro Si UH pareil événement avait eu lieu avant qu'on ^ fleuré pûl i>révoir la guerre de Russie, probablement il eût '''■^"w™ ' *™*''"' "" cliangemMit de système. Mais M. Perce- ii mon ' val avait été frappé le 1 1 mai , au moment même H. piTTsvni Napoléon marcliait vers le Niémen, et cette guerre "flfcnX*""" 1"* "l'vrait des penspectives toutes nouvelles à la dp piiiticiun. vieille poliliquo de M. Pitt, ne permettait pas qu'on changeât do direction. Eu confiant les affaires ex- térieures ù lord Casllereagh, le prince régent avait manifiislé »a résolution de |>crsévérer dans la politi- que do MM. Pitt et Perccval.

<Vélai( une première chance heureuse que l'expé- dition do Russie enl«wait à Napoléon. Il allait voir n'en évanouir une autre non moins regrettable, c'é- tait colle qui aurait pu naUre do la guerre immioente entre l'Anglolcrre et rAmériquo. imminonfi- Cette guerre, toujours possible, toujours probable onfl^iwcrrp j^pj^j^, ^^^^ ^j-^jj g^^^ venait enfin d'être déclarée. i'An((|««rro j^j Napoléou pour soumettre aux rieurs du blo- rAmMque. cuB Continental les puissances du continent, était condamné à les froisser cruellement, l'Angleterre pour exercer son despotisme sur les mers, était condamnée aussi à' froisser non moins cruellement les puissances maritimes. Pour obliger en effet toutes les nations commerçantes à venir toucher à Londres ou à Malte, y recevoir permission de naviguer, y payer tribut, s'y chaîner de marchandises anglaises;

WASHINGTON ET SALAMANQUE. 4t

pour les obliger à reconnaître comme bloqués des ports qui ne l'avaient jamais été, même par des for- ces illusoires, il fallait exercer uue tyrannie insup- portable sur mer, et tout aussi odieuse que celle de Napoléon sur terre. Si Napoléon sous prétexte de fermer au commerce lirilannique une portion de rivage, s'en emparait, témoin la Hollande, Olden- bourg, les villes anséatiqiies, l'Angleterre ne pou- vant prt^ndre posses^on de l'Océan, s'y arrogeait des droits qui valaient bien les usurpations lerrito- riales de Napoléon, et qui devaieni tôt ou tard ré- volter les nations int«>ressécs à la liberté des mers.

C'était une des crrcoostances dont Napoléon aurait pu profiter, et qui lui aurait procuré des alliés, comme il en donnait à l'Angleterre par les rigueurs du blocus continental, s'il avait su, en quoi que ce soit, attendre ies bienfaits du temps.

La plupart des puissances maritimes de l'ancien monde, altsorliées dans son irameose empire, avaient disparu. Mais au delà de l'Atlantique il en restait ime inaccessible aux armées européennes, grandis- sant en silence , acquérant chaque jour des forces qu'on soupçonnait, sans leseofloaltre, c'était l'Amé- rique , véritable Hercule an berceau , qui devait éton- ner l'univers dès qu'il ferait un premier essai de sa vigueur naturelle. On se rappelle l'allitude qu'avaient priscàson t^rdrAngleterreetlaFraoce, à propos du droit maritime, soutenu par l'une, contesté par l'autre , et il semblait que toutes deux fissent assaut de fautes sur ce théâtre elles auraient eu tant d'intérêt à so bien conduire. Mais le cabinet luitan- nique ayant même surpi^sé les fautes de Napoléon ,

ïenitilablos que Napoléon

12 LIVRE XLVI.

la ItalaiH'c allait enfin verser on faveur de ce der- nier, et la guerre s'était détournée de la France pour assaillir l'Angleterre, conjoncture bien heureuse, si quelque chose avait pu être heureux encore, lors- que toutes nos ressources venaient de s'engloutir dans l'abîme du Nord.

On a vu plus haut comment l'Ainérique révoltée par les orc/res du conseil, qui exigeaient qu'on lou- chât à l^ndres ou à Malte pour obtenir la permis- sion de naviguer, et qui frappaient d'interdit de vas- tes étendues de rivages sans l'excuse du blocus réel , avait été presque aussitôt fmissée par les décrets de Berlin et de Milan, qui déclaraient dénationalisé tout bâtiment ayant déféré aux prescriptions du conseil britannique , et comment indignée également de ces deux tyrannies, dont l'une pourtant était la suite inévitable de l'autre, elle avait répondu d'une ma- nière égale à toutes deux , en leur opposant l'acte de Ron-inlercoune. On se souvient que cet acte défendait aux navigateurs américains de fréquenter les mers d'Europe, mais que beaucoup de ces navigateurs, enfreignant les règlements de leur pays, avaient, Kiitioni par l'appât d'un gros bénéfice, subi les lois, le pavil Ion, la souveraineté de l'Angleterre, et fourni cett« pui^^ra ^^^ ^^ ^^^^ neutres, dont Napoléon avait fait de si b«iug«ruiiei larges captures , et dont il avait voulu obliger tous

qui renoncera a

ittet les Etats, même la Russie, à faire leur butin. On

>irtritrair^^ se souvient encore qu'après moins de deux années

**"""■ de ce régime, l'Amérique dégoûtée de se punir

elle-même pour punir les autres, avait enfin changé

de système, et déclaré qu'elle était prête à rentrer

en relations commerciales avec celle des deux puis-

et déclara réublira

le<u* droitH

WASHINGTON ET SALAMANQCE. (3

sances belligérantes mii reuoncerail à (ouïe préten-

.. . r / ^ Mai 181!.

tion tyranniquo siir les mers.

Napoléon avait liabilemcnt saisi cette circonstance, Napo^n el déclaré qu'à partir du 1 " novembre 1810, les dé- *"'"' f^^

^ f , -j^ occasion ,

crets de Berlin et do Milan seraient levés pour l'Ame- «• rsvoqup

., - . . . M . . •" <**<^f«'s

rique , si ccl le-ci oiilenait par rapport a elle-même la de Berlin

révocation des ordres du conseil, ou si ne le pouvant » i^^U" pas, elle faisait respecter ses droits. C'élail une dé- .''.''*. claralion conditionnelle, incomplète dans sa forme, * condition' car Napoléon n'avait pas encore émis de décret, complète dans ses effets , car il ne restituait pas im- médiatement aux Américains (eus les droits de la i'*"**"»"*- neutralité, mais très-sincère, et qu'il était résolu à faire suivre d'effets sérieux, à condition que les Amé- ricains se conduiraient convenablement envers nous et envers eux-mêmes, c'est-à-dire qu'ils exigeraient la révocation des ordres du conseil, ou déclareraient la guerre à l'Angleterre. Napoléon-, avec des ména- gements qu'il n'avait pas toujours pour la dignité d'autrui, s'était a)>slenu de prononcer le mot de guerre à l'Angleterre, pour ne pas dicter trop ou- vertement à l'Amérique la conduite qu'elle avait à tenir, et il s'était renfermé dans la formule plus gé- nérale, mais suflisammcnt significative, que nous ve- nons de rapporter, formule qui n'imposait à l'Amé- rique d'autre obligation que celle de faire respecter Bc» droits.

L'Amérique s' empressant d'accueillir cette ouver- LimérinoL- liire, avait déclaré, par un acte du 2 mars 4 8M , tous la dé^hmio» les rapports maritimes rétablis a\ec la France, et *** ÎJîïblfi"" Vaete de non- ttdercourse maintenu envers l'Angle- '"'•'■'îons lerro, jusqu'à ce que celle-ci révoquât ses ordres du «ver

li LIVBB XLVI.

conseil. A cotto nouvellp lecabiuet brilanDiqiie, s'oIk»- linant par amour-propre bien plus que par intérêt, dans SCS o}-dres du conseil, \os avait niodifi<^ dans quelques-nnes de leurs dispositions, sans tes abro-

""iwcf.'^'^ ger en principe. Ainsi il avait cesst^ d'imposer aux bàlimenls do commerce la relâche à Londres ou à Malte; il avait restreint aussi son système de Wo- cus, et s'était borné à déclarer bloquées les côtes ■de J'Empire français, depuis l'Ëlbe jusqu'à Saint- Sébastien dans l'Océan, depuis Port -Vendre Jus- qu'à Catlaro dans la Méditerranée et l'Adriatique, et quant à la prétention de confisquer la propriété ennemie sur les bâtiments neutres , il l'avait mainte-

ModifiMiions nue sans restriction. C'était retenir à peu près tout

npporiées pir cutiére la tyrannie maritime que l' Angleterre s'était .ilî^s^m WTOgée, car si l'obligation d'aller à Londres cessait, iuconuu. gj leblocHssur le |>apierélait nnpeu moins étendu, en réalité la prétention de visiter les neutres au- trement que pour constater la sincérité du pavillon , et de recliercher à leur bon) la propriété enntanie, la prétention de leur interdire tel ou tel port qui n'était pas bloqué ciïectivement, constituaient juste- ment toutes les usurpations dont ds s'étaient plaints, et qui avaient amené en représaille les décrets do l'réiiiiiions Berlin et de Milan. Si en droit les violati<ms de icMtueiiM principes étaient tout aussi flagrantes, en fait elles

rAÏlgkl^ro. *^''a''''d 'o"t 3"*^si incommodes, car la visite exer- cée cmitre le pavillon neutre servait non^eulement à saisir chez les Américains les soieries, les vins, tout ce qui faisait l'objet de leur commerce avec la France, sous prétexte que c'était propriété en- nemie, mais donnait occaHoa à une vexation in-

WASHINGTON ET SALAMANQUE. «

supportable, la prmae des matelots. Los Anglais - on effet prétenilaient avoir le droit de pour- suivre les matelots anglais déserteurs de leur pa- trie, en quelque lieu qu'ils les trouvassent. En conséquence, après* avoir rechcrcbé sur les bàti- meals américains tout ce qui pouvait paraître mar- chandise Française, ils enlevaient encore les mate- lot* américains, sous prétexte que parlant anglais ils étaient Anglais. Cette dernière vexation était de- venue intolérable. Tout bâtiment portant une nor- ' . chandise française en était dépouillé; tout matelot parlent anglais était arrêté comme d(iscrteur, et plu- sieurs frégates anglaises exerçaient ce droit sur les rivages mêmes d'Amérique, à la vue des populations indignées. Sans doute il pouvait y avoir en Amérique quelques matelots anglais déserteurs, car dans tons les pays qui sont en état de guerre , il arrive qu'oa certain nombre de matelots émigrent pav* ne pas être arrachés an commerce, toujours plus Incratîf pour eux que la guerre. Mais lieurcnsement pour l'honneur des nations , c'est le moindre nombre qui agit de la sorte. Or, on évaluait à pins de six mille les matelots dont la capture était légalement consta- tée, ce qui donnait lieu de croire qu'on en avait en- levé le double au moins sur les bâtiments américains, .en «apposant qu'ils étaient Anglais. Si donc au droit d^ visite ainsi exercé, on ajoute le blocus de l'Empire français, qui comprenait alors la meilleure partir de l'Europe civilisée, on conviendra que le conuDerce de l'Europe restait impossible aux Américains, et que:Jes dispenser de venir prendre à Londres ou à Malte la permission de naviguer, que restreindre

16 LIVRE XLVI.

quelque pou eu leur faveur le blocus général , c'étail

laisser subsister la tyrannie des mers tout entière. Aillant valait pour un Américain subir une relâche i) Londres, car au moyen de cette relâche il obte- nait une licence avec laquclfc il avait ensuite la faculté d'aller il voulait, cl de faire au nuMns le commerce britannique à défaut d'autre».^- Lanjjuc Lcs Améfjcains connaissaient trop le dreîhBUtzâ-

™"«.'ire''^ lime et leurs propres intérêts pour ne pas relever à r Ai^itterre l'jnsiaut CCS intolérables prétentions, et montrer tout lAmiiique. cc qu'avaientd'illusoîre Ics préteoducs modifications apportées aux ordres du conseil. La preste de leurs matcloLs surtout, ol>stinément continuée à l'embou- chure de la Chesapeak et de la Delaware, par des frégates anglaises dont on entendait le canon, était, chaque fois qu'elle s'exerçait, l'occasion d'Un cri unamme, et le sujet des plus véhémentes réclama- tions. Toute l'année 18H, employée par Napoléon à laire une guerre négligée dans la Péninsule, et à préparer une guerre fatale en Russie, avait été pour les Anglais et les Américains remplie de cette contestation , parvenue bientât au dernier degré de violence. Lord Castlercagh soutenait avec ime ar- mgaoce incroyalile, et une obstination sophisUqtio peu digne de l'Angleterre, que les modifications appoiiéos aux ordres du conseil étaient considéra- bles, plus considérables que celles que Napoléon avait apportées aux décrets de Berlin et de Milan ; qu'en réalité ces décrets n'avaient pas été révoqués, que l'Amérique ne pouvait pas fournir la preuve de code révocation , que tous les jours on avait Iftddé- mouslration du contraire dans l'arrestation de nom-

WASHINGTON ET SALAMANQUE. 17

breiix bàUments américaios par la marine française ; - qu'enfin on flemanijant pour le pavillon neutre la liberté de transporter ce qu'il voudrait, sauf la con- trebande de guerre, on demandait tout simplement la libre circulation des produits français dans le monde entier, vins, soieneK^etc. , et qu'en retour les j&mérici^ifis n'avaiotat pis <d>tenii la libre circu- .UtiaR'ées produits anglais. Quant à la presse des malelots, lord Castlereagh se montrait inflexible, et ttc voulaiLà aucun prix renoncer à l'exercer, disant ((u'en fait d'hommes de mer, lesquels coustituaienl la plus précieuse des propriétés britanniques, l'An- gleterre prenait son bien partout elle le trou- vait.

Les Américains répondaient avec raison que les modifications apportées aux ordres du conseil étaiellt nulles, lorsqu'on se réscnait la faculté de recher- cher la propriété ennemie sous le pavillon o9mre,4t lorsqu'on maintenait en outre le blocus fictif; que la révocation des décrets de Berlin et de Milan était un acte qui les concernait exclusivement, de la sincé- rité duquel ils étaient seuls juges, puisqu'il s'appli- (|uait à leur commerce et non à celui d'aitlrui; que rfiblteurB ils avaient dans les mains la déetanitimi oQieidle du ministère français, prête à étro. con- vertie en décret dés que la condition exigée par la Francs serait remplie par l'Amérique; qu'à la vérité quelques procédés arbitraires, résultant d'une situa* (ion indéterminée, résultant surtout des violences britanniques, étaient encore à déplorer de la part de la RMbce, que c'était à FAmérique à les faire cesser, ot qu'elle y pourvoirait; qu'en tout cas la révoca-

TOl. XT. S

18 LIVRE XLVl.

tion des Hécrets de NapoléoD la regardait, qu'elle y croyait, que cola suffisait pour qu'elle piU demander UDacto semblable à l'Angleterre; que relativemenl au reproche de n'avoir pas oblcnu do la France la libre circulation des marchandises anglaises, ce re- proclie était puéril , et indigne de toute CMitroTefse sérieuse; qu'en effet, l'Amérique en i^amafit k liberté pour le neutre de charger à son bord ce qu'il voulait, ne demandait pa» à introduire en Angle- terre par exemple des vins ou des soieries de France, ce qui eût été une prétention Impertinekte, mais à porter par toutes les mers des soieries et des vins aux peuples auxquels il conviendrait de recevoir ces objets; que c'était le droit incontestable de toute nation neutre, car elle ne devait pas souRrir de la guerre, n'y prenant aucune part; que ce.t[roil elle le réclamait, et allait l'obtenir de la France par la révocation des décrets de Berlin et de Milan; qu'elle pourrait dès lOrs à la face du pavillon fran- çais porter sur ses bâtiments, et sur toutes les mers, des cotonnades anglaises par exemple, les offrir ù tous les pays qui on désiraient, maïs qu'elle ne pou- vait exiger de ces pays , et de la France notamment , qu'ils les reçussent , car la liberté du pavillon n'était pas la liberté du commerce; elle était la faculté de porter, ce qu'on voulait à qui voulait le recevoir, mais non la faculté d'introduire chez autrui ce qu'il ne lui convenait pas d'admettre sur son territoire; que se plaindre de ce que la diplc«natie américaine n'avait pas obtenu davantage, de ce qu'elle n'avait pas exigé de la France la rd^introduction deafm- duils anglais^ était déraisonnable jusqu'à la puéri-

WASHINGTON ET SALAMANQUE. (9

lilé, et que ce n'était pas traiter sérieusement que ;

(le prétendre en faire «n grief.

Quant à la presse des matelots, les Américains ajoutaient que si la désertion était nn délit que les Anglais avaient incontestablement le droit de poar- suivre et de punir sur leur territoire, ils ne pou- vaient pas le poursuivre sur le territoire d'autrui; que sar les mers, qui sont à tous et à personne, un bâtiment couvert de son pavillon national était territoire national , que c'était un principe reconnu par tous les peuples; que, d^s lors, rechercher an Biatelot, Anglais ou non , sur un bâtiment américain était un fait aussi révoltant que le serait celui d'un constable anglais voulant saisir à Wabhinglon même un conpable anglais, et lui faire subir ou une loi anglaisé ou un jugement anglais; que c'était pu- rement et simplement une Violatiwi de territoire; qu'enfin tous les droits d'un gouvernement poursui- vant un coupable de sa nation sur le sol étranger, se réduisaient à réclamer l'extradition, ce qui ne pouvait s'obtenir qu'en vertu de stipulations spécia- les et réciproques, appelées traités d'extradition.

Ces principes étaient tellement clairs que lord Lexwpéra- Castlereagh et ses légistes furent réduits au silence, rl^iarointr» et que dès l'année 1814 la guerre eût été déclarée ''B^^r à l'Angleterre par les Etats-Unis , circonstance alors '«• "|™' des plus heureuses pour nous, si des rigueurs moins * lui àM»Kt graves sans doute, mais fâcheuses encore, exercées mem \ar la France, n'avaient fourni aux partisans de ^tmt^ir l'influence britannique en Amérique et aux amis °", ^."''* exagérés de la paix ^kjÉ ai^ments spécieux contre fiit subie la guerre.

des rigueur! ïntempes-

Napol(?on n'avait pas voulu révoquer imiuédiate- ment ses décrets, et s'était borné à une simple pro- messe formeUe de les révoquer, dès que l'Amérique aurait fait quelque chose de significatif contre l'An- gleterre. L'act« américain du 2 mars 1 8H , qui ré- tablissait les rapports commerciaux avec la France, et les laissait suspendus avec l'Angleterre, ayant été connu en Europe , Napoléon y répondit par un acte du 28 avril 1811, qui révoquait les décrète de Berlin et de Milan par rapport à l'Amérique. Cet . acte officiel causa une vive sensation aux États-Unis, et fit tomber la principale des assertions anglaises, au point de ne pas permettre de la reproduire. Mal- heureusement Napoléon détruisit en partie ce bon effet, en maintenant encore certaines exceptions au droit pur des neutres, et en imposant au commerce américain certaines gènes singulièrement ibcmo* modes.

D'abord il ne voulut pas restituer les fameosee cargaisons américaines capturées en Hollande, parce. qu'elles avaient une grande valeur, et qu'elles ap- lescargaisoni parteuaicnt d'ailleurs à cette classe d'Américains qui s'étaient faits les complaisants du commerce britan- nique, et pour lesquels il avait plus d'aversion que pour les Anglais eux-mfimcs. 11 donnait à l'appui de cette rigueur deux bonnes raisons, premièrement que les propriétaires de ces cargaisons se trouvanl en Europe contrairement à l'acte de non-interamrse,